Connaissez vous le nombre de nouveaux cas de cancers déclarés chaque année en France ?
Peut être pensez vous à un ordre de grandeur de 10 000 cas, peut être 20 000...
Vous êtes très loin du compte car rien qu'en 2005, 320 000 Français ont été diagnostiqués atteints par un cancer et plus de 150 000 en sont décédés !

De plus, la maladie progresse chaque année à un taux proche de 3% et cette progression est également vérifiée chez les jeunes ce qui prouve qu’elle n’est pas due au vieillissement.

Et enfin depuis 25 ans, le taux de guérison piétine au voisinage de 45% faisant estimer à de nombreux spécialistes [1] que malgré les énormes moyens de recherches mis en œuvre, nous sommes en situation d'échec thérapeutique.
Sauf dans de rares cas et pour certains cancers très particuliers, la médecine ne fait pratiquement aucun progrès significatif dans le traitement de la maladie.
Et les fréquentes annonces médiatiques porteuses de faux espoirs faites prématurément n’y changent rien.

Au sujet de la prévention, mis à part les campagnes anti-tabac par ailleurs justifiées, l’état reste passif car les lourdes mesures nécessaires rentreraient en conflit avec de puissants intérêts commerciaux.

Ce premier article propose de faire le point de la situation.

La progression de la maladie depuis 60 ans

cancers_f
Nombre de nouveaux cas en France
1980 : 172 000
2000 : 280 000
2005 : 320 000

MAJ 16 juillet 2011 :
Données INVS 2011, 365 000 nouveaux cas de cancer, on a atteint la barre symbolique des 1000 nouveaux cas par jour !

Les chiffres officiels montrent donc que la maladie a progressé en volume de 86% entre 1980 et 2005 alors que la croissance de la population n’a été que de 13%.
Si on calcule le taux d'incidence des cancers, c'est à dire le nombre de nouveaux cas annuels ramenés à une population constante de 100 000 personnes, on constate que chaque année la maladie progresse de 3% environ.

Et pour ceux qui croiraient encore que le nombre de cas augmente à cause du vieillissement de la population, voici la preuve du contraire :

Incidence-rates_child

Taux d'incidence des cancers de l'enfant (0-14 ans) aux États-Unis
Source : National Cancer Institute 1997
http://www.ehponline.org/docs/1998/106-1/focus.html

En observant la courbe ci-dessus représentant le nombre de cancers déclarés pour 100 000 personnes entre 1973 et 1993 aux Etats Unis, on constate en traçant la droite la plus proche des points de mesure (tendance) que l’incidence des cancers chez les moins de 14 ans est en croissance continue.

Il est à noter que pour la France, les données épidémiologiques concernant le décompte des nouveaux cas de cancer et les décès associés ne sont collectées que tous les 5 ans, ce qui semble pour le moins surprenant concernant un fléaux qui est devenu la première cause de mortalité dans le pays.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_mortalit%C3%A9#Dans_le_monde

Au vu de la progression de cette maladie, il est justifié d’affirmer que le monde occidental est en présence d’une véritable épidémie dont on peut dater l’origine à la seconde guerre mondiale.
A titre d’exemple, une étude publiée dans la revue « Science » montre que la probabilité d’être atteint de certains cancer du sein a triplé pour les femmes nées après 1940.
[3] p. 380 (#9) : Science 2003

Le cancer dans la passé et son évolution
Dans le passé, le cancer était une maladie rare même si le terrain était occupé par les maladies naturelles (bactéries et virus).
[1] p. 224

Une maladie chasse l’autre
Les progrès de la médecine occidentale au 19ième siècle ont permit de juguler ces dernières grâce à la découverte de la vaccination et de la pénicilline, les maladies cardio-vasculaires sont alors devenues prépondérantes dans la population jusqu’aux progrès dans leur traitement qui les a fait reculer au profit du cancer.
Cependant, dans leur grande majorité, les cancers ne sont pas d’origine naturelle, la faible proportion de cancers diagnostiqués dans le passé étaient dus aux virus et bactéries puisqu’il n’existait ni radioactivité induite par l’homme ni pollution chimique de l’environnement.
De nos jours, la proportion de cancers d’origine naturelle est estimée au maximum à 15% de l’ensemble des cas.
[1] p. 224

Une maladie des personnes âgées ?
Le discours convenu destiné à rassurer le « vulgum pecus » consiste à tenter de faire croire que l’augmentation de l’incidence du cancer est due au vieillissement de la population.
C’est un argument spécieux, en fait si les personnes âgées sont très touchées par la maladie, c’est pour la simple raison qu’elles ont été plus longtemps en contact avec les agents cancérogènes (notion de DTC : Dose Totale Cumulée).
[1] p. 33

Incidence du cancer chez les jeunes
On a vu que l’incidence du cancer augmente chez les jeunes, en voici les raisons :
- les enfants sont plus sensibles à la pollution chimique car leur système immunitaire n’est pas complètement formé
- lorsque la mère est « chargée » en produits chimiques (pesticides, etc…), ces derniers se purgent dans le placenta. Le nouveau né est alors déjà pollué dès sa naissance avec une DTC non nulle, il continue à absorber des produits chimiques dans le lait maternel ou le lait industriel puis dans sa nourriture solide et à travers l’air respiré.
[1] p. 84

Mortalité par cancer
La mortalité augmente sans cesse
La mortalité par cancer augmente régulièrement depuis la guerre, à cela les causes sont multiples :
- augmentation incessante du nombre de nouveaux cas
- modicité des progrès thérapeutiques
- absence de réelle politique de prévention

Date critique : 1988
Le cancer est devenu la première cause de mortalité en France en 1988, et personne ne s’en était aperçu avant…1994 !
Cela peut paraître inconcevable, mais l’INSERM qui est l’organisme en charge de la collecte des informations épidémiologiques n’en fait rien car il n’est pas mandaté pour traiter ces dernières.
C’est le Pr Dominique Belpomme président de l’ARTAC qui après avoir acheté (!) les données de l’INSERM a découvert que les maladies cardio-vasculaires qui étaient précédemment la première cause de mortalité dans notre pays sont passées en seconde place en 1988 derrière le cancer (croisement des courbes).
[1] p. 261

Même si la mortalité ramenée à 100 000 cas déclarés a tendance à baisser légèrement grâce à une détection plus précoce de la maladie dans un pourcentage réduit de cas, l’augmentation de la mortalité en valeur absolue est telle que la probabilité individuelle de mort par cancer ne cesse d’augmenter.
http://www.invs.sante.fr/surveillance/cancers/default.htm

En synthèse
Vous venez de prendre connaissance peut être avec surprise de l'état chiffré de la situation et de son évolution : pratiquement 1 million de nouveaux cas de cancers détectés tous les 3 ans pour près de 500 000 morts et une augmentation annuelle inexorable de 3% environ à population constante.

Ce qui précède appelle 2 commentaires :
- à partir de combien de centaines de milliers de cas annuels doit on commencer à parler officiellement d’épidémie ?
- nous sommes en train de perdre la bataille contre le cancer et personne ne le dit

Ce bilan montre donc sans ambiguïté que notre société est en situation de catastrophe sanitaire.
L'article suivant va s'intéresser aux pesticides qui est l'une des principales causes de cette maladie qui touche principalement le monde occidental.

Cancer, la catastrophe - Partie 2 : Pesticides sur l’occident

Références
[1] « Ces maladies créées par l'homme » Pr Dominique Belpomme "
http://www.artac.info/
[2] « Pesticides, révélations sur un scandale Français » Nicolino/Veillerette
http://www.pesticides-lelivre.com/
[3] « Anticancer » D. Servan Schreiber
http://www.guerir.fr/
[4] « Le cancer, hier, aujourd’hui, demain » M. Tubiana