• LISTE DES ARTICLES

    07-11-2013 - L'objet de mon propos

    SCIENCE
    11-02-2014 : Le vide quantique : un nouveau continent à explorer
    16-01-2014 : Histoire de l'univers - Partie 4 : Le Modèle standard de la physique
    13-06-2013 : Histoire de l'univers - Partie 3 : QED... Vous avez dit QED ?
    18-02-2013 : Histoire de l'univers - Partie 2 : Introduction à la physique fondamentale (pour les nuls !)
    05-12-2012 : Histoire de l'univers - Partie 1 : Naissance et Topologie
    14-05-2012 : Mille milliards de soleils
    13-04-2012 : NDE/EMI : Introduction à la Suneidologie
    02-02-2012 : Science, chapitre 0
    28-11-2011 : NDE/EMI - Partie 4 : La synthèse
    02-11-2011 : NDE/EMI - Partie 3 : La phase transcendante, une première modélisation
    07-09-2011 : NDE/EMI - Partie 2 : Une percée scientifique majeure
    26-06-2011 : NDE/EMI – Partie 1 : Etat des lieux
    05-05-2011 : Galilée et le coup de force pythagoricien
    21-01-2011 : Le mur de la quantique
    09-05-2008 : Le théorème de Gödel
    15-03-2008 : L'épistémologie pour les nuls
    20-01-2008 : La théorie du puzzle

    ENVIRONNEMENT ET SANTÉ
    05-01-2012 : Cancer : la catastrophe silencieuse
    27-10-2011 : ITER - Fukushima, même combat ?
    03-08-2011 : David Servan-Schreiber, 1961 - 2011
    06-07-2011 : Découverte d'un traitement anticancer simple...
    17-03-2011 : Fukushima
    28-06-2010 : Cancer, la catastrophe - Partie 5 : Se protéger
    28-06-2010 : Cancer, la catastrophe - Partie 4 : Que fait l'état ?
    27-12-2009 : Cancer, la catastrophe - Partie 3 : Les causes
    23-10-2009 : Cancer, la catastrophe - Partie 2 : Pesticides sur l’occident
    10-09-2009 : Cancer, la catastrophe - Partie 1 : Etat des lieux
    15-11-2008 : Amiante, Tchernobyl, sang contaminé et...amalgames dentaires !
    24-05-2008 : Loi OGM : empoisonnement général légalisé
    17-04-2008 : Le scandale étouffé de l'uranium appauvri
    14-10-2007 : Grenelle de l'environnement et moteur Pantone

    FINANCE ET ÉCONOMIE
    Nouveau => 25-02-2015 : Le capitalisme dérégulé expliqué aux sans dents
    01-12-2014 : Jean-Claude Junker et les (CAC) 40 voleurs
    24-02-2014 : Débat Le Pen - Moscovici sur France 2, la haine a changé de camp !
    11-09-2013 : Qui sont les véritables bénéficiaires des plans de sauvetages bancaires imposés par l'UE ?
    14-05-2013 : La dette de l'état dans tous ses états
    21-12-2012 : La guerre contre la finance, il faut scinder les banques !
    21-08-2012 : Où sont passés les 1000 Milliards injectés par la BCE ?
    25-07-2012 : Le mystère de la création monétaire
    22-10-2010 : L'esprit de Munich
    02-05-2010 : Traité de Lisbonne, article 123 : le coup d’état de la finance
    20-03-2010 : Le pouvoir exorbitant des agences de notation
    11-02-2010 : La spéculation attaque notre (R)UE
    08-06-2009 : Paul Jorion
    20-05-2009 : Bilderberg 2009
    14-04-2009 : G20 - G Vain ?
    01-01-2009 : Crisis ? What crisis ?
    30-09-2008 : Bretton Woods, une association de criminels
    16-09-2008 : Maastricht - Article 104
    24-07-2008 : Chronique d'une catastrophe annoncée
    31-01-2008 : Le NAIRU ou pourquoi le chômage ne baissera jamais

    MYSTÈRES
    06-08-2014 : Enlèvements "extraterrestres", une partie du mystère dévoilée
    27-02-2011 : Orbes, que la lumière soit !
    21-07-2010 : Fatima 1917, un siècle après...
    04-12-2008 : Lumières dans la nuit
    10-02-2008 : Une étrange structure sous les glaces du Groenland (MAJ 01-2011)

    HISTOIRE, POLITIQUE ET GÉOPOLITIQUE
    Nouveau => 28-05-2015 : Les 4 cas de haute trahison commis par l'ex président Sarkozy
    23-01-2015 : Les racines du mal
    21-07-2014 : Crash du Boeing en Ukraine, l'inspecteur Colombo mène l’enquête !
    11-05-2014 : Synthèse sur l'Ukraine, une contre-propagande médiatique
    02-03-2012 : 1794 : Le génocide Vendéen
    11-08-2011 : Afghanistan : pourquoi nous nous battons
    04-08-2009 : 11 septembre, Bigart persiste et signe
    01-01-2009 : Le pogrom du ghetto de Gaza
    02-03-2008 : 11 septembre 2001 - Partie 3 : la vérité est ici
    27-02-2008 : 11 septembre 2001 - Partie 2 : Twin Towers
    18-02-2008 : 11 septembre 2001 - Partie 1 : Pentagone
    29-01-2008 : La théorie du pic pétrolier est fausse
    01-01-2008 : Le 4ième pouvoir a été racheté !
    11-09-2007 : Le lobby militaire US a pris le pouvoir !

    RUBRIQUE METAL & HARD ROCK
    Liste des posts ici.

  • Je suis la Grèce

    Le niveau inouï de violence démontré par la troïka envers le gouvernement grec atteint aujourd'hui des sommets exceptionnels.

    En effet, l'Eurogroupe, une espèce d'institution informelle qui a encore moins de légitimité démocratique que ladite troïka a exclu manu militari les négociateurs grecs des négociations samedi dernier, la date du 27 juin 2015 sera une autre date à marquer du sceau de l'ignominie pour l'oligarchie au pouvoir.

    La raison pour laquelle ils furent exclus est liée à la stratégie de Tsipras de demander au peuple grec de décider si oui ou non il accepte l'ultimatum de la troïka.

    Rappelons la phrase maintenant célèbre de Junker The Drunker :
    « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

    Tout est dit, il faut absolument aujourd'hui soutenir le peuple grec brillamment défendu par son gouvernement pour qui la démocratie n'est pas un mot vide de sens, lorsque d'autres l'utilisent pour justifier des frappes aériennes !

    Comme le résume très bien Jacques Sapir, Tsipras se bat avec :
    "Le courage d’Achille et la ruse d’Ulysse"

    JE SUIS LA GRECE

    Mise à jour du 07/07/2015
    La victoire écrasante du non au référendum grec du 05 juillet renforce d'une manière drastique la position de Mr Tsipras.
    Par une ironie du sort, ce référendum en Grèce a lieu lors du 10e anniversaire d'un autre référendum de triste mémoire ayant eu lien en France.
    En effet, après que les français se furent prononcés négativement sur la ratification du traité de Lisbonne, Sarkozy dans un élan totalitaire était passé outre la démocratie française et avait ratifié ce traité 2 ans après.

    Personne ne l'a oublié.

    Aujourd'hui, la troïka pilotée par l'intransigeance des allemands durcit encore sa positions vis à vis de la Grèce. En effet, la BCE poursuit -d'une manière parfaitement illégale- sa politique de quasi coupure des liquidités d'urgence (ELA) à la banque centrale grecque.
    Les traités indiquent que l'un des mandats de la BCE consiste à assurer la stabilité monétaire de la zone Euro, or cette dernière organise sciemment l'asphyxie de l'un de ses membres.

    Cette situation est inacceptable, et il est proprement scandaleux que Mr Hollande qui se prétend président de la seconde économie de la zone Euro reste sans réagir, d'autant que ce sont ses prédécesseurs qui ont créé cette situation....

    Le pire est très probablement à venir.

    Mise à jour du 08/07/2015
    La question des véritables motivations des acteurs d'une négociation est toujours fondamentale. En effet, ces dernières sont en général inavouables et on fournit toujours des explications politiquement correctes pour la galerie.
    L'excellent Romaric Godin de la Tribune semble avoir percé celles d'Angela Merkel pour expliquer son intransigeance dans les négociations avec Tsipras.
    Depuis 2010, cette dernière a vendu aux allemands la garantie que le dossier grec ne leur coutera pas un euro.

    Rappelons que la dette privée des créanciers de la Grèce a très "habilement" été transférée en 2012 aux états de la zone euro afin de sauver les banques allemandes et françaises à l'époque gavées de cette dette pourrie.
    Tout le monde savait déjà à l'époque que la Grèce ne pourrait jamais la rembourser, c'est bien pour cette raison qu'elle fut transférée aux con-tribuables.
    Depuis lors, on impose des mesures de plus en plus dures à la Grèce sans autre résultat qu'une baisse de 25% de son PIB, et notons le tout de même, un excédent primaire.
    Le volume de la dette devient donc le problème principal de la Grèce, ce qui explique l'insistance de Tsipras à négocier sur ce point.

    Cependant, si Merkel rentre dans cette logique, alors les allemands verront qu'elle a menti en 2012, risquant alors son éjection du pouvoir !

    C'est donc bien une raison de pure politique qui induit toutes ces souffrances sur le peuple grec, situation qui est en fait une véritable crise humanitaire au sein de l'UE.

    Mise à jour du 10/07/2015
    La stratégie de la BCE d'asphyxier la Grèce en lui coupant le robinet à liquidités semble porter ses fruits, en effet Tsipras vient de faire de nouvelles propositions très proches de celles qui avaient conduit au référendum de dimanche dernier.

    Il semble donc que le chantage parfaitement illégal de la BCE piloté en réalité par Merkel soit efficace.
    Il y a cependant un gros bémol au succès apparent de stratégie allemande.
    En effet, le consensus européen s'effrite, même le pusillanime Hollande avec ses subalternes n'est plus tout à fait sur la même ligne que la chancelière. L'Allemagne semble donc de plus en plus isolée.

    Tsipras aura donc dans une certaine mesure réussi à diviser l'UE grâce à son courage.

    Prochaines étapes, le débat au parlement Grec pour valider ou non les propositions de Tsipras, puis la réunion de l'Eurogroupe.

    Rien n'est fait...

    Mise à jour du 13/07/2015
    C'est terminé, Tsiprras a perdu la bataille.

    L'abomination qu'est la Troïka a vaincu la Grèce, David s'est fait battre par Goliath.

    Un nième (le numéro 3) plan de sauvetage de la Grèce a été adopté par l'Eurogroupe en échange d'encore plus d'austérité.
    Dit autrement, on pressure encore plus les citoyens grecs, et on crée de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes.
    Quels génies ces eurocrates !

    Einstein avait dit que seuls des fous pourraient croire que des mesures toujours identiques seraient capables de donner un jour un résultat différent, les talibans de l'Eurogroupe sont ces fous.

    Ces 6 mois de négociations menées par les Grecs avec un courage remarquable appellent quelques commentaires à chaud :
    1. Il est possible de résister avec succès à la troïka dans un conflit asymétrique.
    2. On ose à peine imaginer les menaces faites à Tripras pour qu'il se couche, bel exemple de courage à 18 contre 1 !
    3. La résistance acharnée de la Grèce était liée à la présence de Varoufakis, dès que celui-ci mis hors circuit, Tsipras s'est écroulé en moins de 10 jours.
    4. Tsipras a raté une belle occasion de sortir de l'Eurozone et de son carcan mortifère
    5. Les allemands n'ont pas changé en 200 ans d'histoire, après avoir détruit 2 fois l'Europe, ils recommencent
    6. Les français vaincus par les Prussiens en 1870 par la trahison de Thiers sont, malgré le sursaut Gaullien, depuis 150 ans sous une domination psychologique Allemande bien établie.
    En 2015, Hollande est le nouveau Daladier.
    7. Les américains même déclinants continuent à cornaquer l'Europe, ils ont réussit à empêcher le Grexit qui aurait pu jeter ce pays dans les bras de "l'ennemi" (fabriqué de toutes pièces) Russe.
    8. On a une nouvelle preuve que l'UE est 100% incompatible avec toute forme de démocratie.
    9. On est cependant étonné qu'à l'issue d'un référendum ayant renforcé drastiquement sa position, Tsipras aie accepté des conditions encore plus dures que celles qui conduisirent à organiser ce dernier. Il y a là un mystère...

    Une bataille vient d'être perdue, mais la guerre continue, elle est loin d'être terminé...

    Mise à jour du 06/08/2015
    Quelques semaines ont passé depuis la défaite de Tsipras. Ce délai fut mis à profit pour la publication de plusieurs analyses pertinentes en partie étayées par des révélations faites par la partie grecque.
    Il était bien entendu inutile d'espérer la moindre information de valeur de la part des imposteurs de l'Eurogoupe et de leurs complices européistes, à savoir les chefs d'états et leurs séides.

    La défaite de Tsipras était en fait inscrite dès le départ dans sa stratégie, il ne s'agit donc pas d'une défaite simplement tactique.
    En effet, en se positionnant dès à l'origine pour un maintien à tout prix dans la zone euro, l'UE ET l'Otan, ce dernier s'est privé de tout moyen de pression dans l'épreuve de force avec la troïka.
    L'argument démocratique a bien entendu été balayé d'un revers de main par les 18 adversaires de la petite Grèce que l'on voulait tabasser assez fort pour dissuader toute nouvelle tentative de résistance dans d'autres pays.
    La résistance à l'occupation financière durant 6 mois fut cependant un exploit à mettre au crédit de Tsipras et surtout de Varoufakis.

    Imaginons donc que la Grèce aie menacé de quitter l'Otan, nous pouvons avoir la certitude que l'Allemagne de Schäuble aurait instantanément plié sous la pression américaine.
    C'est bien le couple américano-allemand qui compte, comme le prouve un accord que personne ne connait signé en 2004 entre W. Bush et le chancelier Schröder [3].

    Le couple franco-allemand que l'on continue de tenter de vendre aux gogos que nous sommes n'est qu'une façade à laquelle ne font semblant de croire que quelques figurants sans envergure comme Hollande ou Moscovici.

    Du coup, l'homme véritablement dangereux pour l'Euro-reich est bien Varoufakis et la partie de Syriza qui est prête à une sécession de l'UE et surtout de l'Otan.

    C'est pourquoi la troïka a lancé les chiens de guerre de sa 5ième colonne établie en Grèce pour tenter de le faire chuter.

    Liens
    [1] L’οχι grec, par Jacques Sapir (Sur le blog les-crises.fr)
    [2] Stathis Kouvélakis : « Le non n’est pas vaincu, nous continuons »
    [3] "L’alliance Allemagne - USA" - Pierre Hillard

  • HELLFEST 2015

    Hellfest 2015 - Rock City

    Déjà la 10ième édition du festival métal français qui depuis quelques années fait un tabac en terme d'affluence. Le pari n'était pas gagné d'avance dans l'un des pays les moins rock de la planète avec l'Afghanistan.
    Fantastique réussite donc pour Ben Barbeau d'avoir réalisé l'impossible, c'est manifestement lorsque personne n'y croit que les miracles se produisent...même si une petite minorité d'intégristes cathos n'est pas de cet avis !

    Clisson est donc devenu la seule ville en France à mériter sans ambiguïté le qualificatif de "Rock City".

    Une fois encore, le beau temps fut au rendez-vous avec une chaleur très supportable qui permit sans doute d'écouler quelques hectolitres supplémentaires de bière.

    En arrivant sur le site, on note plusieurs améliorations par rapport à l'année précédente.
    La zone du merchandising toujours à l'entrée permet aux autochtones n'ayant pas de billet de faire leur "metal shopping".

    Hellfest 2015- Entrée

    L'accès avec pass se fait à travers la fameuse cathédrale, cette dernière fut cette année relookée avec un effet très réussi. L'utilisation d'une puce RFID fixée au bracelet du pass avait pour but de fluidifier l'accès. Cependant, une fouille systématique, certes relativement sommaire, crée un bouchon à certains moments critiques comme on le verra plus loin.

    Coté scènes, les mainstage 1 et 2 ont vu leur ornementation refaite entièrement avec un superbe décor en 3D. Une pelouse toute neuve devant ces dernières élimine l'effet "terrain vague" des éditions précédentes.

    Enfin, des chemins gravillonnés avec bordures donnent un aspect presque luxueux au site. Il reçoit également de nombreux bancs au look d'enfer et autres tables protégés du soleil qui offrent une multitude de véritables places assises dans l'enceinte du festival.

    Hellfest 2015- Mainstages

    Bravo pour tous ces aménagements très réussis aussi bien esthétiquement que fonctionnellement. Il semble donc que l'argent gagné à la suite du succès des éditions précédentes fut réinjecté dans l'infrastructure du site, ce qui est tout à l'honneur des organisateurs, bien loin de la mentalité ploutocratique habituelle qui nous entoure.

    Coté sécurité, un personnel nombreux patrouille inlassablement pour pallier tout problème potentiel. Si l'on y ajoute la légendaire courtoisie et la mentalité conviviale des "métalleux", on se sent plus en sécurité ici que dans le métro parisien !

    Après ces bonnes surprises qui mettent dans d'excellentes dispositions, rappelons que l'on vient d'abord pour la musique, donc sans plus attendre, laissons parler les décibels.

    Avec plus de 150 groupes proposés, il n'y a probablement pas 2 participants qui ont le même planning de concerts.

    En voici donc un au hasard : le mien !

    Day 1 : Vendredi 18 juin

    Devant le mainstage 1 pour la prestation du groupe de Hard Rock "The Quireboys".

    The Quireboys
    Dans les années 80, ce groupe british avait été un peu comparé aux américains de Poison. Personnellement, je ne les trouve pas spécialement proches du glam-rock, ils seraient plutôt à ranger dans une catégorie Hard-Rock à légère tendance pop même si les étiquettes sont toujours sujettes à dialectique.

    Hellfest 2015- Quireboys

    En tous cas, c'est très bon sur scène, le son est excellent et donne une meilleure impression que le souvenir des albums, même si ces derniers étaient sympathiques.

    Bon début pour ce premier concert de la short list !

    A la fin du set, en attendant Billy Idol, il restait un peu de temps pour visiter les boutiques de merchandising. Donc retour à l'entrée du festival pour un tour d'horizon.

    Cool ! Rencontre sur son stand avec un pote qui tient la boutique rock de Montbéliard "Gazoline" (*).

    Hellfest 2015- Gazoline

    (*) Publicité non rémunérée !

    A 16h30, retour vers les scènes mais ça bouchonne à l'entrée de la cathédrale. Aïe, j'arrive en retard pour le set de Billy Idol, très dommage car c'était ma première occasion de le voir.

    Billy Idol
    Bonne nouvelle, l'Idol est accompagné de son fabuleux complice le guitariste Steve Stevens. Ce dernier n'a rien perdu de son talent même s'il a pris quelques kilos !

    Hellfest 2015 - Billy Idol

    Le moins que l'on puisse dire est que Mr Idol a du coffre, une voix puissante probablement audible jusqu'à la gare de Clisson.
    Ceci étant dit, le concert fut bon mais un peu en dessous du niveau de professionnalisme que l'on est en droit d'attendre d'un groupe avec une telle expérience.

    C'est la dure loi des festivals, on fait des comparaisons !

    Le groupe suivant est plus que mythique, voici les immortels anglais de Motorhead.

    Motorhead

    Le chanteur-bassiste Lemmy revient après plusieurs mois de convalescence liés à des problèmes de santé. Point de surmenage ici, appelons un chat un chat, le gaillard était notoirement un peu trop porté sur la boisson.

    A ce sujet, on remarque une bouteille de Jack Daniels San pellegrino, scotchée au pied de micro, bravo Lemmy tu deviens raisonnable !

    Hellfest 2015 - Motorhead

    Début du set... Mon Dieu Lemmy s'approche du micro, que va t'il déclarer ?
    "We are Motorhead, we play Rock N'Roll" !

    Bien reçu, tout est dit !
    S'ensuit une heure de pur Motorhead sans aucun temps mort, très bon set pour l'ex bassiste de "Hawkwind" (qui se souvient d'ailleurs de cet excellent groupe de space rock ?).

    Après ce concert réussi, voyons ce que va nous proposer le grand Alice Cooper.

    Alice Cooper
    And the winner is....Alice Cooper !

    Hellfest 2015 - Alice Cooper 01

    Alice Cooper et son band nous ont offert LE concert de la journée.

    Aucun temps mort, changement de costumes et jeu de scène différent à chaque morceau, participation de figurants, sans oublier la fameuse guillotine très "républicaine". (Hum, est ce bien du gout de tout le monde en Vendée ?)
    Sans conteste le meilleur moment du festival, Alice Cooper, entouré de musiciens qui s'éclatent nous délivre un spectacle fabuleux avec son, lumière et théâtre.

    Hellfest 2015 - Alice Cooper 02

    Bref, ce concert restera dans les annales comme un pur moment de Rock'N'Roll.

    Après une pause, passons à un autre groupe mythique, j'ai nommé Judas Priest.

    Judas Priest
    Les ex retraités de Judas Priest étaient donc le groupe vedette de la journée du vendredi.
    En tant que fondateurs du heavy métal, leur musique reste beaucoup plus civilisée que celle d'une majorité de groupes dans ce style.
    Ils nous ont livré ici de nombreux hits des années 70/80 avec leur son basé sur une rythmique particulièrement carrée. Le guitariste Glenn Tipton forme un nouveau binôme très efficace avec Richie Faulkner qui a remplacé K.K. Downing parti en retraite en 2011.

    Hellfest 2015- Judas Priest

    Excellent concert avec un Rob Halford qui même s'il accuse un peu le poids des ans, reste dans une très bonne forme vocale.

    Le Hellfest est également une occasion pour certains de venir déguisé, car sachez qu'ici on s'habille comme on veut.
    Lors de ses déambulations sur le site, les occasions de rire sont nombreuses lorsque l'on croise les tenues les plus folles !

    Hellfest 2015 - Deguisements

    Day 2 : Samedi 19 juin

    Début de journée avec l'ancien guitariste de Kiss, Ace Frehley.

    Ace Frehley
    Comme souvent, lorsqu'un membre d'un groupe mainstream monte son projet solo, les compositions souffrent de la comparaison avec l'original.
    Le cas Ace Frehley ne fait pas exception à cette règle, le concert ne décolle que lors des reprises de Kiss comme sur l'excellent "love gun".

    Hellfest 2015- Ace Frehley

    Concert sympathique donc en attendant l'arrivée très attendue des Backyards Babies.

    Backyards Babies
    Après une pause dans la carrière du groupe et 2 albums solos, un pour le chanteur Nicke Borg et un pour le guitariste Dregen, les Backyards Babies sont de retour.
    Ce groupe a toujours été excellent sur album et encore plus en concert où pendant un temps ils furent sans aucun doute le meilleur groupe de scène.
    Mais - précisons le - ils dégagent une énergie parfaitement canalisée, le son et les capacités musicales des musiciens ayant toujours été irréprochables.

    Et c'est parti pour un concert devant une foule française à laquelle le groupe n'a jamais été habitué, il remplissait en général des petites salles comme le Trabendo ou le Nouveau Casino.

    Hellfest 2015 - Backyard babies

    Réussite totale pour ce concert, l'occupation du mainstage 2 fut parfaite aussi bien en termes de professionnalisme musical qu'en énergie et jeu de scène.
    Pas une seconde d'arrêt, le talent des Backyards est intact !

    Ceux qui ne les avaient jamais vus ne doivent pas regretter de les avoir découverts à cette occasion.

    Airbourne
    C'est au tour des australiens d'Airbourne, l'un des rares groupes récents à obtenir un succès planétaire similaire à leurs ainés.
    On tient enfin avec Avenged Sevenfold un début de relève !

    Hellfest 2015- Airbourne

    Sur scène, les australiens dégagent une énergie exceptionnelle. Comme prévu, un public très nombreux se presse devant la scène pour une prestation où le slam est de mise pour une bonne part des premiers rangs.

    Superbe prestation donc pour ces dignes fils spirituels d'AC/DC.

    L7
    Passons maintenant au groupe grunge des années 90 "L7" qui avait sorti quelques excellents albums.
    Le style grunge n'a jamais été très festif, une musique assez triste en fait, en témoigne par ailleurs le décès tragique par suicide du leader incontesté de ce mouvement Kurt Cobain de Nirvana.

    Le concert ?

    Héla, ce fut décevant, manque d'énergie flagrant et en résumé très "mou du genou". Difficile aussi pour ce groupe de passer après Airbourne, on note cependant qu'un gros noyau de fans s'était massé devant la scène. Ces derniers semblent avoir apprécié !

    Le concert suivant concerne un poids lourd des années 1990, l'ex guitariste de Guns N'Roses : Slash.

    Slash
    Depuis son départ de Guns N'Roses, Slash a monté plusieurs projets solo dont le plus réussi fut sans conteste Velvet Revolver.
    Plusieurs formations se sont donc succédées avant d'aboutir à l'association de notre guitariste avec Myles Kennedy le chanteur d'un groupe obscur nommé Alter Bridge.

    Hellfest 2015 - Slash

    Nous avons donc à faire à un groupe de musiciens d'exception, contrairement à celui d'Ace Frehley, les compositions de Slash en solo sont de très bonne facture.
    Cependant, à l'écoute des reprises de Guns N'Roses, il apparait que le groupe monté par Slash est un bien meilleur artefact de ce dernier que celui, éponyme, reconstruit de toutes pièces par Axel Rose.

    Myles Kennedy est véritablement un très bon chanteur, et bien entendu, Slash nous offre un déluge de guitares.

    IMG_0623

    On note en passant qu'il a "volé" la Gibson double manche de Jimmy Page !

    A l'issue de cet excellent concert, il est l'heure de rentrer avec un petit regret de n'avoir pu assister au set de Scorpions, le concert sera donc visionné en vidéo.

    Conclusion en guise de lettre ouverte

    A l'issue cette 10e édition du Hellfest parfaitement réussie, je m'adresse à Mr Barbeau qui je n'en doute pas est un lecteur assidu de ce blog !

    En effet, il est clair qu'avec 150 groupes par an sur 10 ans et en comptant 100 groupes inédits par an, cela fait 1000 groupes différents invités depuis le début.
    Il devient donc de plus en plus difficile de faire du neuf. Comme je suis un fan consciencieux et parfaitement désintéressé, je vais donc apporter mon aide. (La bonne nouvelle est que cette dernière est totalement gratuite !).

    Benjamin, voici une liste extraite de celle de mes groupes favoris, et je n'ai aucun doute sur le fait que tu vas t'en inspirer pour la prochaine édition :

    . Great White (US)
    . Poison (US)
    . Dokken (US)
    . Cinderella (US)
    . Lita Ford (US)
    . Blue Oyster Cult (US)
    . Heaven & Earth (US)
    . Asia (GB)
    . Uriah Heep (GB)
    . Ten (GB)
    . Thunder (GB)
    . Krokus (CH)
    . Crystal Ball (CH)
    . Black Rain (FRA)
    . Pleasure Addiction (FRA)
    . Bon Fire (D)
    . Axel Rudy Pell (D)
    . Wig Wam (NOR)
    . Bullet (SWE)
    . Reckless Love (FIN)
    . Lordi (FIN)

    Rendez vous donc l'an prochain pour 3 jours de bonne musique, ce qui nous changera pour un temps des 362 jours de bouillasse radiophonique et autres horreurs diffusées dans les médias mainstream !

    Family 146

  • C'était comment la Grèce avant l'UE?

    En 6 mn, tout est dit :

  • Les 4 cas de haute trahison commis par l'ex président Sarkozy

    Article en PDF :
    4 cas de trahison Sarkozy

    sarkozy_de_dos

    Le lundi 7 mai 2012, le président Sarkozy perd l'élection présidentielle au profit de François Hollande.
    Le jour même, il annonce son retrait définitif de la politique.
    En novembre 2014, c'est sans surprise que ce dernier revient sur sa parole et reprend la tête de l'UMP après un vote, certes majoritaire, mais très loin de faire l'unanimité.

    Le personnage, comme son successeur, avait été élu en 2007 sur des promesses mensongères, mais il a surtout été l'auteur de décisions allant gravement à l'encontre des intérêts de la France.

    A l'heure où ce dernier est annoncé comme le très probable (*) futur candidat de l'UMP (les républicains ?) en 2017, il est un devoir de salubrité publique de rappeler les plus grandes trahisons du président Sarkozy envers le pays.

    (*) Dans la mesure où il arrivera à se sortir des multiples affaires où il est impliqué.

    TRAHISON #1. SOUMISSION MILITAIRE :
    RETOUR DE LA FRANCE DANS LE COMMANDEMENT INTÉGRÉ DE L'OTAN

    L'Otan est une instance militaire occidentale créée en 1949 dans un monde bipolaire pour garantir aux pays d'Europe de l'Ouest leur sécurité face à l'Union soviétique. Le pacte de Varsovie, réponse du bloc soviétique à l'Otan, fut créé en 1955 par Khrouchtchev.
    A la suite de la dislocation endogène de l'URSS en 1989, le pacte de Varsovie fut officiellement dissous en 1991.
    A ce stade, l'Otan aurait du subir le même sort, n'ayant plus aucune raison d'être, mais ce ne fut pas le cas. En effet, les américains avaient d'autres projets.

    En 1990, James Baker, le secrétaire d'état (*) de Ronald Reagan, prend l'engagement verbal vis à vis de Gorbatchev de ne jamais étendre l'Otan vers l'est. Dans la grande et perfide tradition anglo-saxonne, cet engagement n'a pas été respecté comme l'ont montré les adhésions ultérieures de 12 pays de l'est.
    C'est là un point fondamental qui a brisé la confiance naissante de la Russie post soviétique envers l'occident.

    (*) Équivalent de notre ministre des affaires étrangères.

    1966 : la France quitte le commandement de l'Otan
    En 1966, le général De Gaulle avait quitté le commandement intégré de l'Otan afin de garder le contrôle de l'armée française.
    Il s'agissait en particulier d'éviter le risque pour l'arme nucléaire nationale de se retrouver sous commandement américain, pays le plus puissant de l'organisation. Il semblait en effet très risqué d'être dépendant de la politique militaire irresponsable des américains. De plus, en tant que puissance moyenne, la France cesse d'exister diplomatiquement si elle s'aligne sur celle qui domine [1].

    Charles De Gaulle, le dernier grand chef d'état français, avait pratiqué les anglo-saxons durant la seconde guerre mondiale [2].
    A la fin de la guerre, le président américain, Franklin Delano Roosevelt, voulait vassaliser la France vaincue par les allemands sur son sol. Avec son allié de toujours Churchill, il était prêt à imposer des marionnettes dociles à la tête de la France telles que Laval ou Giraud, anciens collaborateurs du régime de Vichy [2].
    Même avec une France à l'époque très affaiblie, le général De Gaulle avait réussi à faire échouer ce plan. Furent ainsi conservées la souveraineté et l'indépendance nationale du pays.

    Durant 40 ans, la France est restée militairement, et donc politiquement indépendante dans un monde bipolaire.

    2009 : Sarkozy détruit l'un des derniers fondements de l'indépendance nationale
    La décision prise en mars 2009 par Sarkozy de réintégrer le commandement intégré de l'Otan signifie en clair que le pays devient un vassal des américains et s'aligne sur la politique étrangère des États Unis, même si cette dernière est contraire aux intérêts de la France [3].
    Le moment est particulièrement mal choisi, car après une courte décennie d'hégémonie américaine totale, le monde entre dans un nouveau contexte multipolaire (BAO, BRICS).
    Il était donc particulièrement important que la France et l'Europe puissent défendre leurs propres intérêts au lieu de s'aligner sur une puissance déclinante et belliqueuse située sur un continent éloigné.

    L'Otan et l'UE collaborent avec des néo-nazis
    La crise actuelle en Ukraine est révélatrice de ce contexte, elle fut créée de toute pièce par le bloc BAO, où les américains à travers la CIA et l'Otan n'hésitèrent pas à s'allier avec des néo-nazis [4]. L'UE n'est pas en reste avec le financement du gouvernement putschiste de Kiev associé à ses milices du Pravi Sektor, inspirées par le célèbre néo nazi ukrainien Stepan Bandera et responsables entre autres du massacre d'Odessa dans l'est du pays.

    Même si cette crise est gérée avec une certaine confusion, l'objectif réel est de tenter de déstabiliser la Russie, en plein redressement grâce à la politique du président Poutine. Ce pays n'a pas montré la moindre velléité d'expansion territoriale depuis une trentaine d'années, il a au contraire tout tenté pour se rapprocher de l'Europe occidentale avec pour seule réponse une fin de non recevoir.

    L'histoire réécrite !
    On tente également de réécrire l'histoire en "oubliant" que c'est la Russie qui a vaincu la Wehrmacht à partir de la victoire décisive de Joukov à Stalingrad en 1941. Volant de victoires en victoires durement acquises sur le front de l'est, elle mobilisa plus de 50% des capacités militaires allemandes jusqu'à 1945. Sans ces succès dus aux sacrifices de tout le peuple Russe, le débarquement anglo-américain de juin 44 en Normandie n'aurait jamais été possible [5].

    -> Nous sommes aujourd'hui très proches du contexte de Vichy qui collaborait avec les Nazis allemands, cette fois, sous l'influence de l'empire américain, nous collaborons avec la peste brune d'Ukraine.

    Un peu de géopolitique
    En termes de géopolitique, il suffit de regarder une carte pour comprendre quels sont les véritables intérêts de l'Europe et en particulier de la France :
    "Une Europe de l'Atlantique à l'Oural" - Charles De Gaulle, 1963.

    Cette vision est inacceptable pour les États Unis qui auraient alors en face d'eux un bloc rival potentiellement plus puissant avec l'alliance de l'Allemagne et de la Russie.

    La Russie n'a plus aujourd'hui d'autre choix que de se tourner vers la Chine devenue en moins de 20 ans la seconde puissance mondiale, cette dernière ne rêve que de prendre sa revanche après des siècles d'humiliation occidentale.

    La politique visionnaire du Général De Gaulle est donc en phase finale de destruction.
    La faute en revient en grande partie à des dirigeants français qui au moins depuis 2 mandats présidentiels sont plus proches d'un "esprit de Munich" avec une politique de reddition sans conditions aux américains (*).
    La pauvreté intellectuelle, culturelle et la lâcheté des élites post soixante-huitardes au pouvoir depuis 2007 est d'ailleurs un sujet d'étude majeur pour les intellectuels [1].

    En réintégrant le commandement intégré de l'Otan, la France devient un simple rouage d'un ensemble militaire sous commandement américain.

    Symbole fort de cette mise sous tutelle de la défense nationale, le porte-avion "Charles de Gaulle", navire amiral de la flotte française, est passé sous commandement américain (**) au large de l'Afrique, triste symbole par rapport à celui qui donna son nom à ce bâtiment !

    (*) le traité TAFTA en cours de négociations "discrètes" va planter l'estocade en nous transformant définitivement en vassaux économiques des américains.
    (**) Curieusement, les médias mainstream sont restés très discrets sur cette information.

    Trahison de la constitution ?
    La compatibilité du choix de la rentrée dans le commandement de l'Otan avec l'article 5 de la constitution [6] est pour le moins discutable :
    -> "Le président de la République...est le garant de l'indépendance nationale..."

    TRAHISON #2. SOUMISSION A LA FINANCE :
    GESTION BUDGÉTAIRE IRRESPONSABLE AYANT CONDUIT AU SURENDETTEMENT DU PAYS

    Avec un endettement égal à environ 65% du PIB, la France de 2007 était certes très endettée, mais la situation était encore soutenable à condition de prendre des mesures pour équilibrer rapidement les budgets.

    En 5 ans "on" a fait autant de dette que durant les 22 années précédentes.
    Suite à la politique budgétaire catastrophique de Sarkozy, baisses d'impôts sur les entreprises et autres cadeaux fiscaux aux très riches, le pays est sorti exsangue de sa gestion irresponsable. 5 ans après, la France est passée au statut "surendettée" avec une dette publique qui a explosé de plus de 50% durant cette courte période.
    Cette dernière ayant atteint le montant faramineux de 90% du PIB.

    En valeur, la dette est passée de 1200 Milliards en 2007 à 1800 Milliards en 2012, soit une augmentation de 600 Milliards. L'excuse de la crise de 2007/2008 n'explique pas tout.

    Aujourd'hui, la sinistre troïka (BCE, FMI, UE) fait de fortes pressions sur la France afin qu'elle réforme le pays dans une direction ultra-libérale.
    Le carcan de l'Euro nous interdit toute politique monétaire indépendante dans un marché mondialisé. Dans l'esprit des élites, il ne reste plus que la dévaluation salariale "à l'allemande" pour tenter de retrouver une hypothétique croissance salvatrice.

    Bruxelles nous traite pour l'instant à peine mieux que la Grèce dévastée par 5 ans de politique ultralibérale.
    Cette politique associée à la doctrine panglossienne du libre échange [1], a induit une chute de 25% du PIB grec ainsi qu'une explosion du chômage et de la paupérisation, le pays vit actuellement une véritable crise humanitaire.
    Ce brillant résultat obtenu par la troïka est comparable à celui d'un contexte de guerre.

    Lorsque le pays qui a inventé la démocratie est entré en résistance
    Le gouvernement grec d'Alexis Tsipras est accusé de tous les maux par les chiens de garde médiatiques et politiques de la doxa ultralibérale. On oublie simplement de noter que ce dernier en résistant héroïquement et sans aucun soutien des partis de "gauche" européens à la troïka (avec l'Allemagne de Merkel/Schäuble en arrière plan) ne fait qu'appliquer ses engagements électoraux.
    Un gouvernement élu qui applique son programme semble aujourd'hui iconoclaste, c'est pourquoi on tente de l'ostraciser.
    Pour la troïka, il est un exemple très dangereux qui ne doit en aucun cas faire tache d'huile.

    La plus grande peur des européistes est que la Grèce arrive à se sortir avec succès du piège mortel de l'UE et du monstre destructeur qu'est la monnaie unique en tournant le dos à la politique mortifère Bruxelloise.

    Les racines de la faillite française
    Pour ce qui nous concerne, le niveau insoutenable de la dette met le pays en position de soumission aux marchés financiers associé à une grande probabilité de futur défaut sur cette dernière.

    Lorsque tous les moyens pour retarder cette échéance auront été utilisés, la population comprendra sa douleur et pourra remercier l'irresponsable qui, durant 5 ans, a mis un coup d'accélérateur à notre ruine.

    Trahison de la constitution ?
    L'article 34 de la constitution [6] est clair sur le sujet de l'équilibre des budgets :
    -> "[Les orientations pluriannuelles des finances publiques] s'inscrivent dans l'objectif d'équilibre des comptes des administrations publiques".

    TRAHISON #3. GUERRE ILLÉGITIME :
    DESTRUCTION DE L’ÉTAT LIBYEN ET CRÉATION D'UN NOUVEAU FOYER ISLAMISTE

    Après avoir accueilli son nouvel "ami" le colonel Kadhafi en grandes pompes en 2007, Sarkozy retourne sa veste en 2011 et décrète soudainement ce dernier "l'homme à abattre".

    Pourquoi ce soudain revirement ?

    Les vraies raisons de la guerre en Libye
    Les analystes se sont interrogés sans fin sur les raisons qui ont poussé Sarkozy à s'en prendre à Kadhafi. Pour comprendre, il suffit de revenir en février 2011 où le président français est au plus bas dans les sondages avec 24% d'opinions favorables.
    L'expérience montre qu'une guerre menée par le chef de l'état peut ressouder la population autour de ce dernier.

    A peu près au même moment éclate opportunément un début de guerre civile en Libye qui ressemble à s'y méprendre à un nouveau printemps arabe, du moins c'est ce que supposèrent les grands stratèges de l’Élysée.
    L'homme au comportement émotionnel d'un adolescent de 17 ans, décide alors de se transformer en chef de guerre en choisissant une cible suffisamment faible pour assurer une victoire militaire facile.

    Il fallait donc commencer par jeter l'opprobre sur le dirigeant Libyen.

    C'est ici qu'intervient l'abominable BHL transformé pour l'occasion en ministre des affaires étrangères de la France, Juppé n'étant manifestement à l'époque que "sous ministre".
    Cet individu au pouvoir de nuisance sans limites part donc en Libye pour rencontrer les "résistants" au régime de Kadhafi.

    Que ce dernier ait agit sur ordre de Sarkozy ou pas importe peu, il s'acoquina avec une brochette de généraux rebelles autoproclamés dont certains ont aujourd'hui rejoint les islamistes !
    Ce dernier pu alors donner libre cours à son égotisme démesuré et démontrer une fois de plus que le mode de fonctionnement standard de son cerveau est basé sur le paralogisme.

    La protection des populations en danger à Bengazi est bien entendu le storytelling donné en pâture aux médias pour se justifier vis à vis de l'opinion publique.

    Juppé, s'étant fait doubler par BHL, avait obtenu la résolution 1973 de l'ONU pour stopper l'avancée des troupes Kadhafistes vers Benghazi.
    Cette résolution a été largement outrepassée par Sarkozy allié à Cameron, l'autre va t'en guerre européen. Les américains plus que tièdes à s'associer à l'aventure, se sont contentés de tirer quelques missiles de croisière (à l'uranium appauvri) à partir de l'US Navy, histoire de faire travailler leurs fabricants de munitions.

    Le résultat fut la destruction du régime libyen avec au passage l'assassinat de Kadhafi ce qui eut pour résultat final de laisser le champ libre aux islamistes qui prirent le pouvoir en Libye quelques mois plus tard.
    Il s'agissait donc bien à l'origine d'un soulèvement islamiste qui n'avait rien à voir avec le peuple libyen.

    Financement de campagne sarkoziste
    Peu de temps avant d'être abattu, le chef de l'état Libyen avait déclaré dans une interview avec la journaliste Delphine Minoui avoir financé la campagne électorale de Sarkozy en 2007 à hauteur de 20 Millions de $, ce dernier ne comprenant pas plus que le reste du monde le pourquoi du revirement sarkoziste en déclarant : "il (Sarkozy) est atteint de désordre mental".
    Antérieurement, Kadhafi avait lancé une politique de normalisation avec l'occident, ses relations avec Sarkozy étaient au beau fixe comme le prouve son voyage officiel à Paris en 2007.
    Si ce financement illégal est prouvé, nous savons qui il faut remercier pour ces 5 années de gabegie.

    Résultat : les islamistes au pouvoir en Libye, la charia établie
    Le résultat de la destruction du régime de Kadhafi est aujourd'hui visible, les islamistes sont au pouvoir dans une grande partie de la Libye. Ces derniers se propagent alors comme un cancer avec leurs homologues d'Iraq, issus quant à eux de la "libération" de ce pays par le grand président W. Bush.
    Jean Pierre Chevènement, l'un de nos derniers véritables hommes d'état, a opportunément déclaré que "nous avons fait en Libye ce que nous reprochons aux américains d'avoir fait en Irak".

    Faut il rappeler que l'armée française est l'outil de la défense des intérêts de la nation et rien d'autre ?
    Elle n'est en aucun cas un jouet que l'on peut utiliser avec une grande légèreté pour améliorer des sondages désastreux ou soutenir des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

    Trahison de la constitution ?
    L'article 5 de la constitution [6] peut à nouveau être cité ici :
    -> "Il [Le président de la République]...est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités".
    La Libye de Kadhafi ne concernait à l'évidence aucun de ces 3 points...

    TRAHISON #4. TOTALITARISME RÉPUBLICAIN :
    MORT DE LA DÉMOCRATIE FRANÇAISE PAR LA RATIFICATION DU TRAITE DE LISBONNE

    La dernière et de loin la plus grave trahison aurait du se traduire immédiatement par une procédure de destitution présidentielle, il s'agit bien entendu de la ratification du traité de Lisbonne.

    En mai 2005, le peuple français consulté par référendum avait rejeté le texte par un vote franc à hauteur de 55% des voix en faveur du non.
    Malgré ce résultat sans ambiguïté, la révision de la Constitution, préalable nécessaire à la ratification du traité européen de Lisbonne, a été adoptée le 04 février 2008 par les sénateurs et les députés réunis en Congrès à Versailles. Le 08 février, soit 4 jours plus tard, le traité est ratifié par le parlement français ignorant superbement le vote de 2005.
    -> Ce jour marque la date de la mort de la démocratie en France.

    En résumé, ce traité renommé "mini traité" par un effet rhétorique simpliste n'est qu'un copié-collé de celui qui a été rejeté par les français. Les soit disant modifications apportées à ce dernier sont pure cosmétique.

    Et enfin, information peu connue mise en relief par Jean Pierre Chevènement, souvent très pertinent : "ce véritable déni de démocratie n’a été rendu possible que par l’accord de l’UMP et du PS, et d’abord de leurs chefs".
    Une preuve accablante de plus du consensus implicite entre ces deux partis.

    Trahison de la constitution
    L'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 [6] est à cet égard significatif : "La Souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum".
    De plus, l'article 5 précise que "Le Président de la République veille au respect de la Constitution".

    Nicolas Sarkozy ayant effectué une violation caractérisée d'au moins 2 articles de la constitution aurait du immédiatement subir une procédure de destitution prévue par l'article 68 de cette dernière [6].

    Pour mémoire, à l'issue du référendum de 1969, le général De Gaulle a non seulement respecté le vote des français mais a également quitté le pouvoir ! Comparer Sarkozy à De Gaulle est certes insultant pour ce dernier, mais on ne peut ignorer le seul point commun entre les deux personnages, à savoir l'accès à la présidence de la république.

    La France ne fait pas partie de l'Union Européenne
    En substance, à partir du moment où le peuple a rejeté le projet de constitution par référendum, le vote du congrès de Versailles est sans valeur juridique.
    Il apparait en conséquence, qu'en réalité, la France ne fait pas partie de l'Union Européenne puisque la ratification de ce traité fut parfaitement illégale !

    CONCLUSION

    Le successeur de l'individu qui a occupé l’Élysée de 2007 à 2012, se prétendant socialiste, n'a annulé aucune des décisions désastreuses prises par son prédécesseur.
    A quelques bémols près, il fait à la même politique (*).

    L'appartenance des principaux dirigeants français (en poste ou potentiels) de tous bords à la "French-American Foundation" [7] n'est sans doute pas étrangère à l'alignement de ces derniers sur la politique américaine, cet alignement est d'ailleurs également constaté du point de vue économique.

    Les électeurs ont la mémoire courte ou ne comprennent pas toujours les enjeux de graves décisions qui induisent des impacts forts sur leur vie quotidienne (chômage, paupérisation, concentration des richesses, guerre,... ).

    En prévision de l'échéance de 2017 qui approche, il est donc fondamental de faire œuvre de mémoire. Toutes proportions gardées, à l'instar de la Shoah ou des 4 millions de civils vietnamiens exterminés par l’armée US, il est fondamental de rappeler sans cesse les folles décisions prises entre 2007 et 2012.

    Les limites de notre système électoral qui permet à un tel individu d'accéder à la fonction suprême doivent en particulier être pointées du doigt.
    Il reste donc moins de 2 ans pour que les électeurs comprennent enfin à qui ils ont à faire avec le "machin" (dixit Emmanuel Todd [8]) qui a occupé l’Élysée pendant 5 ans.

    (*) "Mon ennemi c'est la finance", 2 ans après, le banquier Macron est nommé aux finances...

    Liens
    [1] "Après la démocratie" - Emmanuel Todd, 2008
    [2] "Pourquoi Charles de Gaulle refusa-t-il toujours de commémorer le débarquement du 6 juin ?" - C’était de Gaulle, Tome 2
    [3] "Le retour de la France dans l'OTAN, une analyse" - Alain de Benoist
    [4] Synthèse sur l'Ukraine, une contre-propagande médiatique - (sur ce site)
    [5] Le rôle de l’URSS dans la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) – par Annie Lacroix-Riz
    [6] Texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur.
    [7] French-American Foundation - Liste des "Young Leaders"
    [8] Emmanuel Todd "le machin Sarkozy" - Vidéo ici.

    Article publié sur Agoravox ici (Top 10 : Peak #1)

  • Le capitalisme dérégulé expliqué aux sans dents

    Article en PDF : Le capitalisme dérégulé expliqué aux sans dents

    Hollande sans dents

    La majeure partie de la population ne possède aucune connaissance de base dans le domaine de l'économie. Les élites au pouvoir, uniquement préoccupées d'objectifs électoraux, surfent avec un grand mépris sur cette ignorance pour manipuler les cerveaux et les bulletins de vote.
    Afin de lutter contre la pensée dominante, il est nécessaire de mettre en évidence les véritables enjeux du système capitaliste, ses mécanismes fondamentaux ainsi que les effets de sa dérégulation.

    LES BASES DU SYSTEME CAPITALISTE

    Le capitalisme est un système économique basé sur la propriété privée des moyens de production, ces moyens sont centrés sur la notion d'entreprise.

    Au sein de l'entreprise, 3 acteurs interviennent :
    - l'actionnaire (qui possède le capital)
    - le chef d'entreprise (qui fait fonctionner cette dernière)
    - le salarié (qui crée la valeur ajoutée de l'entreprise)

    Un 4ième acteur pourrait être ajouté à cette liste, le robot ou le logiciel qui crée de la valeur mais qui détruit également des emplois humains. Il fait partie intégrante du capital mais se pose la question de savoir à qui devrait profiter la valeur créée par ce dernier.

    Répartition ou concentration des richesses ?

    L'éternelle problématique du système capitaliste a toujours été de déterminer la répartition des richesses produites.
    Comment cette répartition se décide t'elle ?
    La répartition des richesses est tout simplement le résultat des rapports de force entre les 3 acteurs (Jorion), ces derniers étaient autrefois appelés "classes".
    Ce processus sera analysé en détail plus loin.

    En fonction des époques, les rapports de forces ont parfois été du coté salariés mais la plupart du temps, ils ont été favorables aux actionnaires. C'est d'ailleurs la situation actuelle.

    Dans tous les cas de figure, le capitalisme a tendance à induire plus ou moins rapidement un phénomène de concentration des richesses.

    Cette dernière résulte de plusieurs mécanismes :
    - propriété privée
    - aliénation du travail
    - héritage
    - prêts de capitaux avec intérêts
    - spéculation
    - etc.

    La notion de concentration des richesses n'est pas un concept abstrait, il s'agit bien d'une faible minorité de personnes physiques qui possèdent à eux seuls une proportion importante des richesses, en général sous la forme de capitaux.
    Cette minorité est donc une sorte de caste qui domine le reste de la population.
    A titre d'exemple, il est considéré à l'heure actuelle qu'environ 1% de la population mondiale possède à elle seule près de la moitié des richesses de la planète.

    Pour le cas français, un premier élément à noter concerne le contexte de la seconde guerre mondiale. A l'époque, les grandes entreprises nationales ont largement collaboré avec l'occupant nazi; à la fin du conflit, elles devaient en conséquence se faire oublier.
    C'est pourquoi le programme du CNR (*) qui mit en place une redistribution sociale pour toute la population a été mis en œuvre sans résistance (si l'on peut dire !).
    Durant une quarantaine d'années, le système capitaliste a donc été régulé par l'état, limitant ainsi en France le syndrome de concentration des richesses.
    Il s'agit du modèle de capitalisme d'état à la française.

    Dans le modèle anglo-saxon dérégulé depuis les années Reagan-Thatcher, la concentration des richesses a atteint en une vingtaine d'années un niveau à peine croyable (voir graphique ci-dessous).

    06-repartition-patrimoine-france-usa
    Inégalités de patrimoine France et USA (Source).

    (*) Conseil National de la Résistance

    L'état seul peut corriger les déséquilibres

    N'en déplaise aux libertariens tels Von Mises ou Hayek de l'école autrichienne et autres Milton Friedman, le concept de main invisible ou d'autorégulation du marché qui préserverait les intérêts de toutes les parties est une chimère largement démontrée par l'expérience.
    En conséquence, nonobstant les rapports de force déjà cités, pour compenser le phénomène de concentration et introduire de la justice dans le système, la seule solution passe par une intervention de l'état.

    Le modèle démocratique est basé sur le suffrage universel, l'ensemble des citoyens d'une nation élit ses représentants par le vote. Ces derniers ont pour mission première -c'est un truisme- de défendre les intérêts des électeurs.

    Les exigences légitimes de la population sont à minima basées sur un partage de la richesse pour permettre à chacun d'avoir une vie décente (nourriture, toit, santé).

    Dans un capitalisme régulé, une redistribution efficace vers la population est alors effectuée à travers les prélèvements sociaux, les impôts étant quant à eux plutôt réservés au fonctionnement de l'état.

    La démocratie est l'ennemie du capitalisme

    Il apparait donc d'une manière évidente que la démocratie est incompatible avec les intérêts de la minorité qui possède les capitaux. En effet, la redistribution sociale se fait au détriment de cette minorité.
    Cette dernière n'est bien entendu jamais restée inactive, elle a en effet pris des mesures sur le long terme afin d'imposer la défense de ses intérêts aux décideurs politiques.
    Cependant, dans les démocraties, ces décideurs sont élus par le peuple.
    On peut citer à nouveau l'un des chantres de l'école autrichienne ultra-libérale d'extrême droite, Friedrich Hayek, qui déclara qu'une dictature de type Pinochet est préférable à la démocratie si elle est associée à un régime économique ultra-libéral.

    Pour la minorité qui possède la plus grande partie des capitaux, la question est donc, dans les démocraties, de déterminer les moyens pour inciter les populations à voter contre leurs propres intérêts.
    L'objectif de cette minorité étant de contrôler le pouvoir, il s'agit donc d'une oligarchie.

    L'oligarchie a mis en œuvre plusieurs stratégies pour atteindre ses objectifs :
    - financement des campagnes électorales et corruption
    - jeu de chaises musicales entre public et privé
    - contrôle des médias de masse
    - culture de l'individualisme
    - indice NAIRU
    - immigration de travailleurs pauvres
    - mondialisation

    LA PRISE DE CONTROLE PAR L'OLIGARCHIE

    Financement des campagnes électorales et autres conflits d'intérêts

    Grâce à ses moyens financiers quasi illimités, l'oligarchie favorise le financement des campagnes de ceux qui défendront ses intérêts après leur élection.

    La corruption est également un moyen d'influence très efficace, même si le problème est assez peu médiatisé en France.

    Une autre procédure consiste à réaliser un jeu de chaises musicales en termes d'emplois public/privé.
    Un responsable élu par le peuple n'a qu'une durée de mandat limitée. Pour "assouplir" la position politique de tel ou tel décideur public, il est possible de faire miroiter à ce dernier un futur emploi grassement rémunéré dans le privé.

    Lors des campagnes électorales, une conséquence qui s'est exacerbée depuis une quinzaine d'années finit par devenir visible.
    En effet, lorsqu'un candidat prétend à des responsabilités dirigeantes à haut niveau, ce dernier est obligé de faire des promesses à ses électeurs pour se faire élire.
    Ces promesses ne peuvent bien entendu pas être tenues. Lorsque le candidat arrive au pouvoir, une politique inverse aux engagements est alors appliquée.
    Il s'agit d'une preuve empirique supplémentaire qui démontre que les intérêts de l'oligarchie et ceux de la population sont incompatibles.

    Quelques exemples :
    "Si je suis élu Président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes parce que c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes" (N. Sarkozy - 2007)
    -> résultat : en 2012, les golden parachutes existent toujours !

    "Mon ennemi, c'est la finance" (F. Hollande - 2012)
    -> Résultat : après 2 ans de mandat, aucune mesure de régulation à part une réforme bidon qui filialise 0.5% (!) des activités spéculatives des banques.

    Pour masquer ces tromperies, le système tente d'appliquer le principe d'une information qui chasse l'autre afin de faire oublier les engagements initiaux.

    Rachat des médias de masse par l'oligarchie

    La plus grande partie de la population est non politisée et ne comprend pas les mécanismes de base de l'économie.
    En conséquence, les études montrent qu'en général, les peuples votent pour ceux qui sont le plus représentés en volume et en durées d'antenne dans les médias mainstream (*).

    L'oligarchie a très bien compris que celui qui possède les médias contrôle les cerveaux ! Elle a donc pris des participations majoritaires dans les médias, une poignée de gros actionnaires concentre la plus grande partie de ces derniers.
    Elle peut ainsi influencer fortement les choix des électeurs à son propre avantage grâce aux techniques classiques de manipulations des masses, répétitions des mêmes discours, débats entre intervenants dont l'opinion ne diverge que sur des points de détail, etc...

    (*) Cette manipulation ne fonctionne cependant pas dans 100% des cas comme le montre l'exemple du référendum de 2005 sur la ratification de la constitution européenne.

    La culture de l'individualisme

    On peut se demander comment une petite minorité peut dicter sa volonté à la plus grande masse qui devrait à l'inverse s'imposer grâce à la force du nombre.
    Dans le passé, la classe dominée avait réussi à s'unir et obtenir ainsi un partage plus équitable des richesses par basculement du rapport de force.

    Deux facteurs ont cependant brisé cet élan :
    . la chute du régime d'Union Soviétique qui fut instrumentalisée pour démontrer que le capitalisme libéral n'a pas d'alternative viable
    . la culture anglo-saxonne de l'individualisme, relayée en particulier dans l'enseignement supérieur et présente ad nauseam dans les médias

    L'indice NAIRU ou le maintient d'un taux de chômage minimum

    Lors de certaines périodes de forte croissance, le sort de la population (salariés) peut s'améliorer, il s'agit de périodes de plein emploi.
    Le salarié est alors en position de force par rapport à l'entreprise et il arrive à négocier une compensation financière significative pour la valeur ajoutée qu'il fournit à cette dernière.

    Cette situation étant insupportable pour l'oligarchie, elle a découvert l'indice NAIRU (*) pour reprendre l'avantage et capter à son profit la plus grande partie de la valeur ajoutée par les salariés de l'entreprise.

    Qu'est ce que le NAIRU ?

    Il s'agit d'une corrélation fondamentale découverte entre un taux d'inflation bas et un taux de chômage élevé.

    L'idée est donc de maintenir l'inflation la plus basse possible afin de conserver un taux de chômage minimum.
    Le salarié se retrouvera donc en position d'infériorité lors des négociations concernant le partage des gains, explication ici.
    En effet, il existe souvent un chômeur à la porte, moins exigeant, prêt à prendre la place du salarié récalcitrant.

    Le second avantage d'un taux d'inflation bas concerne la conservation du capital. En effet, une inflation élevée érode ce dernier (la fameuse euthanasie des rentiers).

    L'immigration massive de populations pauvres a ensuite complété ce dispositif.

    (*) Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment

    L'immigration de travailleurs pauvres

    En France, la dernière occurrence d'immigration massive de populations non qualifiées fut décidée au début des années 1970 sous l'influence du patronat.
    Karl Marx avait déjà commencé à théoriser dès le 19e siècle l'influence d'un chômage de masse sur une tendance à la baisse des salaires, il s'agit de la fameuse notion d'"armée de réserve du capitalisme".

    Dans une première phase, l'arrivée d'immigrés bien moins gourmands en terme de salaires fait pression à la baisse sur ces derniers.

    La seconde phase a lieu lorsque le plein emploi est atteint, il suffit de poursuivre l'immigration massive pour cette fois augmenter artificiellement le chômage.
    On tombe alors dans le processus de l'indice NAIRU qui arrive à contenir les salaires et l'inflation.

    L'immigration des années 70 fut par ailleurs un échec partiel en terme d'intégration (*). De nombreuses données sociologiques en témoignent et la preuve ultime en fut donnée avec les attentats endogènes du 07 janvier dernier.

    (*) Ce sont les gouvernements Pompidou et Giscard qui ont décidé de l'immigration massive des années 70. Ils auraient pu résumer la situation en déclarant : "L'immigration est notre décision et l'intégration des immigrés est votre problème".

    La mondialisation, l'estocade aux salariés et aux états

    La mondialisation fut une autre invention qui en est à sa seconde tentative. La première mondialisation, lancée à la fin du 19e siècle sous hégémonie britannique -la grande puissance maritime de l'époque- s'est soldée par la crise de 1929 et 2 guerres mondiales.

    La mondialisation actuelle (v2.0) a permis :
    - de positionner en concurrence les salariés au niveau mondial et donc de niveler les salaires vers le bas
    - de mettre les bénéfices à l'abri des impôts dans les pays laxistes appelés aussi paradis fiscaux
    - de menacer les états de délocalisations supplémentaires en cas de prises de mesures défavorables aux multinationales

    Elle eu pour conséquences :
    - la baisse des revenus des états
    - la baisse des salaires dans les pays développés

    Et en corolaire :
    - l'augmentation des déficits et de l'endettement des états
    - une accélération de la concentration des richesses par les actionnaires

    -> L'évasion fiscale des multinationales est la cause majeure des déficits publics, voir cet article ici.

    Les actionnaires ont thésaurisé des surplus pharaoniques en grande partie grâce à l'évasion fiscale. Mise à part la spéculation, que pouvaient-ils faire de toutes ces richesses ?

    Une solution très élégante fut de prêter ces surplus aux états pour financer leurs déficits !

    Ensuite, conséquence remarquable, les contribuables paient une dime à la finance pour rémunérer les intérêts de la dette de l'état.

    -> Rappelons à ce sujet qu'en France, l'intégralité de l'impôt sur le revenu sert à payer les intérêts de la dette. Vos impôts vont donc directement dans la poche de la grande finance...

    La finance, dans sa grande sollicitude, ne manque pas de donner des conseils aux états en leur recommandant de diminuer leurs dépenses ! Dit autrement, la redistribution doit cesser...
    Elle oublie cependant, entre autres, de mentionner que les cadeaux fiscaux faits aux entreprises depuis plus de 20 ans n'ont créé aucun emploi mais qu'ils ont par contre arithmétiquement fait baisser les revenus des états.
    En corolaire, les déficits ont explosé car les états ont oublié une règle évidente qui est la suivante :
    si l'on supprime ou diminue un impôt, il faut soit le remplacer par un autre impôt, soit baisser les dépenses.

    -> Après deux échecs successifs, on continue à tenter de nous démontrer le caractère apodictique des bienfaits de la mondialisation.

    Une oligarchie psychopathe au pouvoir

    Ces stratégies ont parfaitement fonctionné car le résultat est en effet visible, le véritable pouvoir est aujourd'hui détenu par les très riches. Ce contexte correspond parfaitement à la définition d'une oligarchie de fait.
    La grande force de cette dernière est qu'elle n'apparait pas frontalement, elle se contente de tirer les ficelles.

    A noter cependant pour ceux qui pourraient crier à "la théorie du complot", que l'oligarchie n'est pas formellement structurée, il s'agit d'une population de psychopathes (*) qui se contentent de partager des valeurs et des intérêts communs.

    (*) En témoigne leur degré d'empathie zéro lorsque l'on observe les effets induits par leur politique au niveau mondial. On constate par exemple l'esclavage des enfants, le phénomène des travailleurs pauvres qui se répand en occident, les émeutes de la faim, les bâtiments qui s'effondrent sur les ouvriers (Rana Plaza), etc.

    Après avoir analysé les moyens utilisés par l'oligarchie pour assoir son pouvoir, il reste à comprendre le mécanisme de répartition des richesses produites.

    LA REPARTITION DES RICHESSES

    Au sein de l'entreprise, les richesses produites sont donc à répartir entre les 3 acteurs cités plus haut :
    - l'actionnaire
    - le patron (et l'entreprise)
    - le salarié

    Le processus de distribution des richesses se fait en 2 temps et en fonction de rapports de force.

    Première phase :
    La distribution des richesses fait l'objet d'une première négociation entre le patron et l'actionnaire.

    Seconde phase :
    Ce n'est que dans un deuxième temps que le salarié négocie avec le patron pour la répartition de ce qui reste entre salaires, primes et investissements.

    Les chiffres de l'OCDE montrent clairement que la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises est en baisse constante depuis 30 ans. Il s'agit donc d'un phénomène de vases communicants des revenus des salariés vers ceux de l'actionnaire.

    Après la mise au pas du salarié, le cas du patron

    Le cas du salarié ayant été réglé, il fallut s'occuper de celui du patron au cas où ce dernier aurait quelques velléités de justice sociale.
    On parle ici des grosses entreprises multinationales car dans le cas des PME, le patron n'est guère mieux loti que le salarié.

    L'idée fut de transformer le patron en actionnaire à l'aide du mécanisme des stock options et donc de faire en sorte que ses intérêts soient convergents avec ceux des actionnaires.

    L'une des conséquences de ce processus fut les fameux licenciements boursiers, l'intérêt de la direction générale de l'entreprise étant directement lié au cours de l'action.

    Le démantèlement des états est en cours

    A travers ses bras armés de la troïka (UE, BCE, FMI), l'oligarchie exige l'arrêt de la politique de redistribution des richesses. La périphrase utilisée, car la rhétorique est fondamentale, évoque pudiquement le terme de "réformes structurelles".
    La novlangue, concept inventé par Georges Orwell en 1949 est aujourd'hui couramment utilisé en communication politique.

    Il existe pourtant un cas où le système privé accorde une utilité aux états. En effet, suite à une spéculation illimitée et très risquée qui explose systématiquement en bulles, les banques et les investisseurs qui sont derrière risquent la faillite.
    Dans une sorte de schizophrénie associée à une parfaite mauvaise foi, les banques se tournent alors vers les états pour couvrir leurs pertes.
    On nous explique qu'il n'y a pas d'alternatives (TINA) et qu'il faut sauver le système bancaire pour éviter l'écroulement de tout le système.

    -> En réalité, ce sont les actionnaires et les investisseurs qui refusent de prendre leurs pertes et qui les font éponger par le contribuable.

    Toute "brillante" que soit la politique économique dominante, cette dernière a fini par se prendre les pieds dans le tapis en 2007.
    Comment cela a t'il pu se produire avec un système qui d'après l'école ultra-libérale est réputé infaillible ?

    LORSQUE LA MECANIQUE S'EST ENRAYEE

    La captation des richesses par le capital a eu pour conséquence des salaires qui sont descendus en dessous d'un seuil. Ces derniers ne sont plus assez élevés pour permettre au système consumériste d'écouler sa camelote sur le marché (*).

    Part-des-salaires-dans-la-valeur-ajoutee-des

    (*) Avec certes des disparités entre les pays

    Informatisation et robotique
    Un autre facteur défavorable fut l'augmentation drastique de la productivité, en effet, fabriquer plus avec moins de main d’œuvre a permis d'améliorer les marges.
    Cette augmentation grandement aidée par l'automatisation (informatique, robotisation) a en plus diminué le nombre d'emplois humains disponibles.

    Disparition de l'emploi
    Ces emplois qui ont disparu n'ont pas été remplacés par d'autres. Lorsqu'un salarié est remplacé par une machine ou par un logiciel, ce dernier se retrouve à la rue sans aucun revenu compensatoire (*).
    Même si les TIC (**) ont contribué à créer des emplois, le solde net induit par ces dernières est largement négatif, c'était d'ailleurs l'objectif initial.

    -> L'emploi humain tend donc à disparaitre.

    La valeur ajoutée obtenue grâce aux gains de productivité va directement dans la poche de l'actionnaire car les logiciels et autres robots font partie intégrante du capital.

    -> Pourquoi cette question ne fait elle pas l'objet d'un débat ?

    (*) Abstraction faite des allocations chômage qui ne durent qu'un temps
    (**) Technologies de l'information et de la communication

    Les consommateurs ne consomment plus
    Dans un premier temps, le système a réagi en proposant la possibilité d'emprunter (moyennant intérêts) à ceux qui n'ont plus les moyens de consommer, cela a fonctionné un temps, cependant un emprunt doit être remboursé et une grande proportion de la population s'est retrouvée dans l'insolvabilité.
    Le résultat est une activité mondiale atone, avec de grandes zones économiques sans croissance à la limite de la récession (Europe, États-Unis). Seuls les BRICS (*) présentent encore des taux de croissance significatifs mais ils ne suffisent pas à tirer le reste de la planète dans leur sillage.

    (*) Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud

    La grande crise (bis)
    La crise de 1929 issue de la première mondialisation fut appelée "la grande crise", elle est encore bien présente dans la mémoire des économistes.

    Cependant, en 2007, une nouvelle crise financière majeure s'est déclenchée. Elle fut liée à une dérégulation effrénée du système.
    Voir l'explication ici.

    Cette crise d'abord financière a induit ensuite une crise économique qui a gravement endommagé le système.

    La liste des dégâts est longue :
    - énormes volumes d'actifs toxiques cachés dans les bilans bancaires
    - déficits et dettes publiques/privées insoutenables
    - stagnation économique mondiale
    - extrême concentration des richesses qui freine la consommation
    - planète exsangue (pollution, réchauffement, ...)
    - etc...

    Bien que les banques centrales agissent d'une manière assez habile (Communication et robinet à liquidités pour la BCE) ou très risquée (Planche à billet pour la FED et la BoJ), elles ne peuvent à elles seules résoudre les problèmes majeurs soulevés par cette crise.

    L'économie mondiale dont la survie est basée sur la croissance est actuellement en stagnation.
    Le système financier mondial est aujourd'hui en état de mort clinique depuis la crise de 2007/2008, mais il ne le sait pas encore.

    Walking Dead 01 - 134pts
    The Walking "Dead Banks" !

    Il est devenu un véritable zombie, son cadavre ne continue à s'agiter faiblement que sous l'effet de la perfusion en liquidités des banques centrales.

    L'oligarchie a déjà obtenu la socialisation des pertes abyssales des investisseurs issues de la crise de 2007. La prochaine pilule que tentent de nous faire avaler les élites concerne le financement des déficits publics induits par la spoliation des recettes fiscales par les multinationales.

    Les salaires ont déjà été largement lessivés au profit des dividendes mais cela ne suffit pas, il faut en plus que les dépenses sociales soient ramenées à leur portion congrue pour éviter à tout prix la faillite des états.

    A l'heure où l'on commence à envisager un défaut de la dette grecque, on pourrait supposer que les investisseurs accepteront pour une fois de prendre leurs pertes.
    Rassurez vous, il n'en sera rien car ces derniers ont réussi à transférer leurs créances helléniques aux états de l'Union Européenne, autrement dit aux citoyens !

    -> Les créanciers ont finit par comprendre que le surendettement des états est devenu en réalité leur propre problème, après tout c'est bien le débiteur qui est en position de force lorsque les montants empruntés ont atteint un certain seuil !

    En 1789, si l'on simplifie un peu, les têtes de ceux qui exploitaient la population sont tombées.
    Aujourd'hui, elles ont repoussé et le boulot est à refaire, mais cette fois c'est au niveau mondial qu'il va falloir agir...

    Michonne c

    Article publié sur Agoravox ici (Top 10 : Peak #1)

  • Les racines du mal

    "Ne pas déplorer, ne pas rire, ne pas détester, mais comprendre" - Spinoza

    charlie_01r

    Suite au massacre du siège de Charlie hebdo, près de 4 millions de Français ont manifesté le 11 janvier dernier sur tout le territoire.

    La mobilisation massive de la population lors de cette manifestation démontre 2 choses :
    . les français, quelque soit leurs origines, défendent la laïcité
    . ils sont prêts à descendre massivement dans la rue s'il le faut

    Après l'émotion et le recueillement, vient le temps de l'analyse.

    Qui est Charlie Hebdo ?

    Le journal Charlie Hebdo est l'un des derniers survivants, de la presse dessinée satyrique "à la française".
    La politique éditoriale du journal est résumée en une phrase par Cabu "je ne respecte rien !".

    Le fond de commerce du journal est donc basé sur une provocation parfois (souvent) outrancière qui s'attaque un peu à tout et en particulier aux religions.
    Cependant, il faut garder présent à l'esprit que dans ce registre, l'objectif de ce journal est de faire rire le lecteur à partir d'une grille d'analyse satirique.
    Le format du journal n'est pas uniquement basé sur la bande dessinée. Il contient également des articles traitant de sujets politiques et économiques.
    En particulier, Bernard Maris était un économiste anti-libéral qui défendait avec talent des points de vue similaires à de nombreux blogueurs, son registre était proche de celui d'un Jorion ou d'un Berruyer.

    Un journal abonné aux procès
    Il n'est donc pas surprenant que le journal soit un abonné des procès, le plus médiatique d’entre eux fut celui de 2007 intenté par l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), à la suite de la publication des caricatures de Mahomet repris du quotidien danois Jyllands-Posten.
    C'est ce procès qui attira l'attention de l'islamisme radical mondial sur un journal jusqu'alors parfaitement inconnu de cette mouvance.

    Le régime Val
    Ce procès avait eu lieu alors que le directeur de la publication était le controversé Philippe Val. Ce dernier avait montré son vrai visage en licenciant arbitrairement en 2008 le dessinateur Siné.
    Le prétexte invoqué fut une chronique de Siné qualifiée d'antisémite par Val. L'affaire fut traitée aux prud'hommes qui ont donné raison à Siné.
    Siné a ensuite lancé son propre journal "Siné Hebdo" devenu "Siné Mensuel".

    Du temps de Mr Val, on pouvait donc manifestement rire de tout ...sauf du judaïsme !

    L'UOIF débouté par la justice
    Le procès intenté par l'UOIF à Charlie Hebdo fut quant à lui jugé en 2008, la justice décida la relaxe du journal.

    Signalons également la présence à cette époque de collaborateurs du journal à l'éthique plus que discutable comme Caroline Fourest. Cette dernière est aujourd'hui connue pour son utilisation quasi systématique du mensonge et de l'approximation dans la plupart de ses écrits.

    Les menaces extrémistes se font de plus en plus vives

    La victoire Charlie ne fit pas que des heureux, en effet comme on pouvait s'y attendre, des menaces sur le journal furent lancées de la part d'intégristes musulmans fanatisés.

    La question pour Charlie fut donc de déterminer s'il fallait se courber devant les menaces ou au contraire les ignorer.

    Philippe Val semble avoir trouvé la réponse à cette question en quittant la direction de Charlie peu de temps après. Ce dernier prend en 2009 la direction de France-Inter bien aidé par sa proximité avec le pouvoir Sarkoziste.

    Il est alors remplacé par Stéphane Charbonnier (Charb) en 2009 à la tête de Charlie.
    La nomination de ce dernier eut le mérite de lever les ambiguïtés liées à la présence de Philippe Val.
    La ligne éditoriale de Charb reste alors identique, on poursuit dans la même veine en continuant à brocarder tous azimuts y compris l'islam et le prophète.
    A noter cependant, que le journal ne se focalise pas particulièrement sur cette seule religion, elle est traitée à égalité avec toutes les autres.

    Il faut à ce niveau remarquer le courage de Charb qui n'a pas cédé aux menaces sur sa personne contrairement aux danois qui sont allés jusqu'à s'excuser...

    En 2011, le régime libyen du colonel Kadhafi est renversé par une coalition franco-britannique. Cette intervention scélérate fut déclenchée par Bernard Henry Levy (BHL), à l'époque, ce dernier était manifestement le conseiller en politique étrangère de Nicolas Sarkozy.
    Le résultat fut une prise de pouvoir par les islamistes intégristes.
    Charlie publie alors un numéro spécial intitulé "Charia hebdo" (*) afin de brocarder le nouveau régime libyen.
    Peu de temps après, le siège du journal est incendié par une action criminelle.

    (*) Il serait par ailleurs intéressant de vérifier si Charlie a également dénoncé l'illégitimité de l'intervention en Libye.

    Le 07 janvier 2015

    Depuis plusieurs années, des islamistes radicaux avaient mis Stéphane Charbonnier sur leur liste noire. Ce dernier explicitement menacé de mort était par conséquent sous protection policière.
    L'attentat hyper médiatisé du 07 janvier dernier ne fut donc hélas pas une surprise totale.

    Les agresseurs ont certes fait preuve d'un grand sang froid en tuant très calmement et méthodiquement 17 personnes.

    Le point important est de noter que ces assassins sont de nationalité française, ce qui semble après l'affaire Merah devenir une tendance dans ce pays.
    Il s'agit donc en quelque sorte de membres d'une cinquième colonne installée sur le territoire.

    Cependant, l'organisation de l'attentat et sa symbolique peu lisible démontrent un amateurisme certain.
    Pour le siège de Charlie, il est clair que l'on a voulu faire payer le prix (fort) du sang à l'irrespect du prophète.

    En revanche, pourquoi achever un policier à terre qui -blessé- ne représentait plus une menace pour les terroristes ? Ce dernier n'avait de plus aucun lien avec le journal.
    Idem pour les 4 français de confession juive froidement abattus dans l'épicerie casher de Vincennes, quel rapport avec Charlie Hebdo ?
    On dénombre également parmi les victimes un économiste, une psychologue et quelques autres personnes sans liens avec les caricatures.

    Enfin, la fuite des terroristes fut manifestement improvisée.
    Par exemple, aucun véhicule pré-positionné au voisinage de l'attentat qui aurait permis par un changement discret de brouiller les pistes et de disparaitre furtivement, etc...

    Ces incohérences n'ont pas été analysées par la presse qui comme à son habitude est restée dans l'émotionnel, elles n'ont finalement donné du grain à moudre qu'aux experts des théories du complot.

    Rien n'indique donc que ces assassins n'étaient autre chose "que" des tueurs inspirés par des prêcheurs extrémistes quelconques, que ces derniers soient Yéménites ou pas importe peu.

    Dernier point à évoquer, l'hébergement de l'équipe survivante de Charlie dans les locaux de Libération.
    Cela sent très fortement la récupération et le coup publicitaire pour un journal qui a perdu la plus grande partie de son électorat, conséquence du fait que ce dernier soit devenu un organe de propagande et de désinformation gouvernementale.

    Les manifestations du 11 janvier

    Le 11 janvier, des français de toutes origines sont descendus en masse dans la rue.
    Le message était clair, que l'on apprécie ou pas Charlie Hebdo, "nous sommes (solidaires de) Charlie" et opposé à toute forme de violence contre la liberté d'expression. Le message ne s'adresse d'ailleurs pas uniquement aux terroristes islamistes mais également à tous ceux qui auraient des velléités politiques de s'en prendre à la liberté d'expression.
    Cette dernière étant déjà passablement écornée en France puisque l'on ne peut manifestement pas tout critiquer (*).

    Afficher le slogan "Je suis Charlie" n'implique en aucun cas la caution de l'ensemble des dessins publiés par le journal. Ceux qui s'estiment choqués par certains de ces derniers doivent respecter les lois de la république s'ils veulent faire valoir leur opinion.
    Par ailleurs, la France étant un état souverain, elle n'a de comptes à rendre à aucun état ou groupuscule étranger.

    La répartition des manifestants n'a pas été analysée, cependant les nombreux musulmans présents au rassemblement n'apprécient probablement pas les caricatures de Mahomet mais ils apprécient encore moins le sang versé en leur nom.

    Cette manifestation avait très clairement l'allure d'une union nationale, cependant aucune étude concernant les participants n'ayant été faite, il ne s'agit peut être que d'une illusion due à l'effet du nombre.

    Il y a cependant deux bémols de taille à signaler :
    . Une frange de la population s'est clairement désolidarisée de cette union, certains allant même jusqu'à se réjouir de l'attentat comme on a pu le constater sur les réseaux sociaux. Autre fait marquant, de nombreux cas furent signalés d'élèves ayant refusé de respecter les minutes de silence dans les écoles.
    . Certains chefs d'état invités (ou s'étant invités) ont eux même une politique étrangère que l'on peut qualifier de terroriste. Leur présence à cette manifestation était donc déplacée et hypocrite.

    (*) La France perd d'ailleurs chaque année des places au classement RSF sur la liberté de la presse.

    La question de l'immigration

    L'attentat du 11 janvier étant de type endogène, son analyse ne peut faire l'économie d'aborder la question de l'immigration.

    Très peu sont conscients des véritables raisons de l'immigration massive décidée dans les années 70 par les gouvernements Pompidou et Giscard.
    A l'époque, un parti communiste puissant défendait efficacement la classe ouvrière, en particulier sur les questions salariales.
    Cette situation étant intolérable pour l'actionnariat qui voyait ainsi de précieux points de marges s'envoler en salaires !

    L'idée fut donc de mettre en concurrence les salariés nationaux peu qualifiés avec une population moins gourmande issue de pays pauvres. Une sorte de délocalisation inversée.

    De notre point de vue, les conditions salariales proposées aux immigrés étaient dégradées, elles étaient en revanche vues par ces derniers comme une amélioration drastique de leurs conditions de vie (en regard de ce qu'ils connaissaient dans leurs pays d'origine).

    Restait alors le problème de l'intégration de cette population à la nation française, mais ce n'était pas le problème de la classe politico-financière :
    l'immigration est notre décision, mais elle est votre problème !

    Dire que l'immigration des années 70 est un échec en termes d'intégration est parfaitement faux.
    Cependant, force est de constater qu'après 4 générations, une frange de la population issue de l'immigration, bien que de nationalité française, refuse les valeurs de la république.
    Cette frange ne s'est pas fondue dans la culture nationale, étant tournée vers ses valeurs d'origine, en particulier religieuses.
    Les plus influençables parmi cette population sont alors une proie facile pour les mouvements terroristes internationaux.

    Mis à part le travail normal de la police, cette frange n'est jamais identifiée ni étudiée en terme sociologique.

    Combien sont-ils ?
    Qui sont-ils ?
    Où sont-ils ?

    Il semble que l'on se garde bien de tenter d'en savoir plus, et que l'on soit dans un déni de réalité.

    Lorsque l'on aborde la question de l'immigration massive ainsi que celle du regroupement familial décidés dans les années 70, on se fait immédiatement taxer par les bien-pensants de raciste ou de suppôt de l’extrême droite.

    Analyser l'échec de l'intégration d'une partie de la population immigrée est un sujet tabou.

    Un débat tabou
    Une étude sociologique, aujourd'hui politiquement incorrecte, ouvrirait réellement le débat et dévoilerait sans doute le détail de toutes les erreurs commises dans le passé.
    Erreurs dont on paie aujourd'hui le prix.

    Un système éducatif délité
    Associé au problème évoqué, la destruction du système scolaire français qui est devenu à minima une machine à trier, ou au pire une fabrique de crétins !

    Il est un fait que le système éducatif post 68 a sérieusement régressé, il est aujourd'hui incapable d'assurer un minimum vital de savoirs à 100% des jeunes.
    En voulant moderniser un système qui avait fait ses preuves, on l'a en fait sérieusement endommagé.

    L'incompétence crasse de nos élites a également frappé dans ce domaine.

    Les politiques récupèrent immédiatement l'évènement

    La marche des politiques lors de la manifestation du 11 janvier fut très dérangeante par certains aspects.

    Il est certes évident que le devoir du gouvernement était de s'associer au mouvement, François Hollande a par ailleurs, une fois n'est pas coutume, géré cette crise sans commettre d'erreurs.

    Ce qui en revanche dérange au plus haut point concerne un certain nombre des participants eux même responsables d'actes terroristes.

    Les islamistes n'ont pas le monopole du terrorisme

    Que faisait ici Porochenko, le boucher d'Odessa, allié aux néo-nazis ukrainiens et responsable de la mort de milliers de civils dans le Donbass ?

    Que faisait ici Netanyahou, le bourreau des palestiniens de Gaza qui ne respecte aucune des résolutions de l'ONU ?

    Que faisait ici Nizar al-Madani, le numéro 2 de la diplomatie Saoudienne ?
    Un pays où l'on vient, le 12 janvier dernier, de décapiter à coups de sabre une femme accusée de meurtre, et où le blogueur Raif Badawi, accusé de critiquer la police religieuse, a écopé de 10 ans de prison et de 1000 coups de fouet (oui vous avez bien lu "mille").

    On pourrait aussi citer les représentants Turcs, Algériens et autres Émirats Arabes Unis, pays où le moins que l'on puisse dire est que la liberté d'expression semble pour le moins limitée quand elle n'est pas inexistante.

    D'autres personnalités présentes à cette manifestation comme Sarkozy ou le représentant américain, furent les principaux responsables de la multiplication de nouvelles zones où les barbares islamistes font aujourd'hui la loi.

    Les causes de la montée en puissance de l'intégrisme islamiste

    Dominique de Villepin a rappelé très récemment que dans les années 1970, il n'y avait qu'un seul foyer d'islamistes intégristes, les talibans d'Afghanistan (*).
    Aujourd’hui, on en dénombre une quinzaine en Afrique, Asie et Moyen Orient; citons en vrac l'EI sur les territoires irakien et syrien, Ansar Al-Charia (Libye), Al-Qaïda (Yémen, etc), Boko Haram au Nigeria.

    Beaucoup de ces mouvements intégristes apparurent sur les ruines d'états stables détruits par des interventions occidentales. Les américains après avoir fait monter en puissance Al-Qaïda en Afghanistan pour déstabiliser l'armée soviétique ont créé un premier nid d'islamistes qui fit régner la charia sur sa malheureuse population.
    Ce mouvement fut ensuite désigné responsable des attaques du 11 septembre par W. Bush qui annonça en détenir les preuves dont on attend toujours la divulgation 14 ans après.

    (*) Les États-Unis se sont d'ailleurs alliés à ces derniers dans les années 70 pour contrer les soviétiques en formant un de leur agent devenu célèbre : Oussama Ben Laden.

    Le 11 septembre encore et toujours

    Fait fondamental et jamais médiatisé, quelques jours après le 11 septembre 2001, le général Wesley Clark révéla que des plans étaient -comme par hasard- déjà prêts pour l'invasion de pas moins de 7 pays du proche orient.

    Hormis l'Afghanistan, le premier pays de la liste était l'Irak, les autres étaient les suivants :
    . Syrie
    . Liban
    . Libye
    . Somalie
    . Soudan
    . Iran

    Le résultat des guerres Buschistes est maintenant connu. Echec total en Afghanistan où les Talibans sont toujours au pouvoir, ce dernier étant même renforcé.
    Destruction de l'état irakien, certes totalitaire au départ mais aussi laïque et stable.
    L'Irak est aujourd'hui transformé en théocratie islamiste qui martyrise la population, en particulier les femmes.

    Qui plus est dans le cas de l'Irak, les islamistes ont débordé les frontières du pays pour essaimer en Syrie et occuper une partie des 2 territoires constituant l'Etat Islamique (EI).

    La France dans tout ca ?

    La politique irresponsable de la France a débuté en 2011 avec la destruction illégale de l'état Libyen par Nicolas Sarkozy qui outrepassa plus que largement la résolution 1973 de l'ONU.
    Tout commença par le séjour en Libye de notre fameux justicier de pacotille en chemise blanche Bernard Henry Levy (BHL) qui s'accoquina avec des rebelles libyens. Ce dernier se fit manipuler (ou se manipula tout seul) par une brochette de généraux rebelles autoproclamés dont certains ont aujourd'hui rejoint les islamistes !
    Il convainquit ensuite son bon ami Sarkozy d'intervenir militairement pour renverser Kadhafi, ce qui eut pour résultat final de laisser le champ libre aux islamistes qui prirent le pouvoir en Libye quelques mois plus tard.
    Mais à ce moment là, l'infatigable justicier international BHL était déjà sur un autre projet de révolution populaire cette fois en Ukraine, il ne savait pas (et ne le sait manifestement toujours pas) qu'il s'est allié à de puissants groupes néo-nazis, présents de longue date dans ce pays et qui ont le soutien d'une partie importante de la population ukrainienne.

    On attend toujours BHL en Libye pour assurer le service après vente.

    La montée en puissance des islamistes en Libye eut pour conséquence leur essaimage au Mali obligeant la France de François Hollande à intervenir pour éviter un nouveau foyer d'infection.
    Cependant, il faut se souvenir que la France hollandiste a tenté de déclencher une intervention contre le régime syrien. Par chance, les américains n'ont pas suivit. Dans le cas contraire, il est probable que l'on aurait favorisé l'émergence d'un nouveau régime islamiste.

    Depuis 2 mandats, à quelques exceptions près, la politique étrangère de la France devenue atlantiste se fait à la petite semaine, pas de vision, pas de stratégie indépendante.

    Le pays veut exister militairement sur le terrain de jeu international, mais il n'en a manifestement plus les moyens.
    Depuis plus de 10 ans, les coupes sombres dans le budget de la défense, troïka oblige, en témoignent (*).
    Le lien est fait à ce niveau avec les sujets économiques et avec les problèmes induits par la mondialisation, l'échec de l'Euro et les errances de l'Union Européenne.

    (*) Voir ce podcast sur BFM très instructif ici.

    Conclusion

    Charlie Hebdo n'était jusqu'au 7 janvier qu'un fanzine obscur à l'échelle de la planète. Le paradoxe est que Charlie qui est un journal anti-symboles est devenu du jour au lendemain celui de la liberté d'expression.

    Philippe Charbonnier a fait le choix courageux (ou irresponsable selon certains) de ne pas céder aux menaces extrémistes.
    Après cette tuerie, le journal n'a d'autre option que de poursuivre dans la même direction sous peine d'être accusé de céder au terrorisme.
    Cependant, l'énorme succès récent du journal peut être vu comme une opportunité unique pour faire passer des messages aux antipodes de la pensée unique déversée par les médias mainstream.

    Rendons aussi hommage aux survivants de la rédaction pour avoir eu la force de reprendre immédiatement la plume et le crayon.

    Nous sommes aujourd'hui en première ligne, car les projecteurs mondiaux sont braqués certes sur Charlie, mais également sur la France.
    La guerre est arrivée sur notre sol et personne ne connait la suite.

    Reste également à rappeler une cause prépondérante de motivation pour le terrorisme islamiste, il s'agit du conflit israélo-palestinien que personne ne veut régler.
    On pourrait rêver que les foules se mobilisent aussi fortement pour la cause palestinienne qui est au moins aussi juste que celle des journalistes abattus.

    Article publié sur Agoravox ici (Top 10 : Peak #)

    Tags :
    Charlie Hebdo, Attentats, Terrorisme, Islamisme, Immigration, Intégration

  • Charlie Hebdo

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    Le lâche attentat ayant décimé la rédaction du magazine Charlie Hebdo ne doit pas être instrumentalisé comme étant la preuve d'une activité terroriste préexistante qui ciblerait les démocraties.

    Les causes sont claires, l'événement déclenchant fut l'invasion de l'Irak en 2003 par le président américain de triste mémoire W. Bush.
    Les néo-cons américains au pouvoir à l'époque ont décidé de s'emparer de l'Irak et ont détruit un état certes totalitaire mais laïque et stable.

    Les erreurs ont continué lorsque l'occident a décidé d'armer des terroristes islamistes pour déstabiliser le régime syrien. La destruction du régime libyen par Sarkozy a créé un autre nid d'extrémistes islamistes dans la région.

    Le résultat fut l'apparition d'un ramassis de barbares qui s’auto-proclamèrent État islamiste sur une partie des territoires syriens et irakiens contrôlée par ces derniers.

    Cette mouvance qui se qualifie de califat n'est qu'un nid de frelons créé de toutes pièces par les erreurs grossières des anglo-saxons et de leurs nouveaux toutous atlantistes français.

    Personne ne doit alors s'étonner d'un retour de bâton, et que la boite de pandore ainsi ouverte se retourne comme d'habitude contre nous. Les terroristes du siège de Charlie Hebdo furent à minima inspirés par ces gens là, sinon entrainés par eux.

  • Jean-Claude Junker et les (CAC) 40 voleurs

    Article en PDF : Junker et les _CAC_ 40 voleurs

    Jean-Claude-Juncker
    Jean-Claude Junker, président de la commission européenne

    Le principe de l'optimisation fiscale des multinationales est bien connu depuis longtemps. Le jeu consiste pour ces dernières à trouver tous les moyens légaux pour éviter de payer l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IS).
    Grâce à la libéralisation du marché des capitaux et à des artifices comptables autorisés, une multinationale a la possibilité de déclarer ses bénéfices dans des pays dits "paradis fiscaux" où le taux d'imposition des entreprises est dérisoire. Le Luxembourg, qui est l'un des 28 pays de l'Union Européenne, fait partie de ces paradis fiscaux.

    Dans le cas du Luxembourg dont Jean-Claude Junker fut le président durant 14 ans, une particularité de la législation locale est que les intérêts des prêts sont exonérés d'impôts.
    La multinationale n'a donc qu'à transférer les bénéfices des pays à fortes impositions vers le Luxembourg, en les transformant au passage en intérêts, et le tour est joué.
    Une taxe de 33% qui serait payée en France devient ainsi une taxe à 0% au Luxembourg.

    Les preuves matérielles de ces combines légales viennent d'être révélées par le consortium de journalistes d'investigation ICIJ. Ces derniers ont eu accès à 28000 pages d'accords fiscaux secrets concernant 340 grandes entreprises.
    Tous ces documents avec les noms des entreprises par pays sont consultables ici [1].

    Cette petite spécialité du Luxembourg intéresse donc au plus haut point les multinationales du monde entier et en particulier celles du CAC 40 Français.

    Rappelons d'abord que le taux d'imposition français sur les bénéfices des entreprises est de 33%.
    Pour ce qui concerne les PME, le fameux premier employeur français, il n'y a pas de problèmes. Ces dernières n'ont aucun moyen d'échapper au fisc et elles paient donc leurs taxes rubis sur l'ongle.

    Rapprochons maintenant le système Luxembourgeois d'un rapport effectué par le député Gilles Carrez [2] sur les impôts 2009 des entreprises du CAC 40.
    Article de Marianne ici [3].

    On y apprend d'abord, chose relativement connue, que le taux d'imposition réel moyen de ces 40 multinationales n'est en France que de 8%, soit 4 fois moins que celui des PME.
    Mais fait moins connu, les 8% d'impôts ne sont pas payés à parts égales par toutes les entreprises du CAC.
    En effet, 4 d’entre elles paient à elles seules 40% de ces 8%. Il s'agit d'EDF, GDF, FT et Renault où l'état français reste actionnaire.
    Pour les 36 autres, elles ne paient donc que les 60% restants.

    Pour 2009, les 36 entreprises concernées ont réalisé un bénéfice de 60 Milliards sur lequel elles n'ont payé que 2 Milliards d'IS.
    Cela correspondant donc à un taux moyen de 3.3% (2/60).

    Certaines de ces entreprises sont même à 0 impôt et plus fort encore, dans certains cas, l'état leur doit de l'argent grâce au crédit impôt-recherche ! [3]

    Carrez 2
    Gilles Carrez, l'impuissance des politiques

    Un petit calcul :
    puisque 36 entreprises ne paient que 3.3% d’impôts, soit environ 2 Milliards d'€ en moyenne annuelle, cela correspond à un manque à gagner de 18 Milliards pour l'état français, et c'est une estimation basse.

    Pour rappel, le déficit de l'état en 2013 était de 87.6 Milliards, soit environ 4.3% du PIB.
    Sont inclus dans cette somme les intérêts de la dette pour un montant de 51 Milliards.
    Le déficit primaire (hors intérêts) est donc de 36.6 Milliards.

    Supposons maintenant que les entreprises du CAC aient payé normalement leurs impôts en France, alors le déficit total n'aurait été que de 69.6 Milliards avec un déficit primaire divisé par 2 à 18.6 Milliards.
    Le déficit total aurait finalement été égal à 3.41 % du PIB, beaucoup plus proche des 3% des accords de Maastricht.

    De plus, n'oublions pas qu'il y a plus de 40 multinationales en France, cette évasion fiscale concerne en fait le CAC 50 ou le CAC 60 !
    Et enfin, si l'on prend en compte les nombreuses années où l'état a du emprunter plus pour combler le manque à gagner lié aux "40 voleuses" (et aux autres), alors la baisse des intérêts (charge de la dette) correspondante nous aurait à coup sur fait descendre le déficit en dessous de la barre fatidique des 3% de PIB.

    Et alors, adieu plans de rigueur et baisse des prestations sociales, adieu aux augmentations d'impôts pour le contribuable. Adieu aussi aux menaces des agences de notations sur le pays.

    Passons maintenant au cas de Mr Junker, président (non élu) de la commission européenne depuis le 27 juin dernier.
    En tant que chef du gouvernement Luxembourgeois entre 1999 et 2009, il était donc l'un des principaux acteur dans l'hémorragie fiscale des autres pays de l'UE au profit du Luxembourg.
    Il ne l'a d'ailleurs jamais nié.

    Dans un système démocratique et éthique, à la suite des révélations LuxLeaks, Mr Junker aurait été débarqué manu militari de son poste de président.

    Mais nous sommes dans le petit monde de l'Union Européenne, entre bons amis, où l'on jette les référendums à la poubelle et où l'oligarchie est reine !

    Et enfin, cerise sur le gâteau, notre ministre "socialiste" de l'économie, Mr Macron [4], prend naïvement la défense de Jean-Claude Junker.
    Tout ceci serait à mourir de rire, sauf si l'on tient compte de la somme en bas de sa feuille d’impôts !

    En final, après avoir sauvé les banques, le contribuable est il maintenant condamné à payer les impôts des multinationales sans broncher ?
    La réponse est non, car même s'il est désinformé, il possède une arme très puissante à sa disposition qui terrifie tous ces grands groupes : le boycott de leurs produits...

    Article publié sur Agoravox ici (Top 10 : Peak #3)

    Liens
    [1] Explore the Documents: Luxembourg Leaks Database
    [2] Rapport Gilles Carrez (Député Maire du Perreux)
    http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3631.asp
    [3] Article Marianne.fr :
    "Scandaleux : l'impôt des groupes privés du CAC 40 n'est que de 3,3% !"
    [4] "Le Contrarien Matin", édition du 12/11/2014

    Tags :
    Gilles Carrez, IS, Junker, LuxLeaks, Evasion fiscale, CAC 40

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