• Comming soon

    Très bientôt, un nouvel article :

    Enlèvements "extraterrestres", une partie du mystère dévoilée

    Aliens-versus-classic-painting-8

    Le sujet dérangeant des enlèvements "extraterrestres" a été évoqué pour la première fois en France en 1995 à travers l'ouvrage de la journaliste Marie-Thérèse de Brosses {1].
    Le véritable pionnier dans ce domaine fut l'américain Budd Hopkins qui publia le livre "Intruders" en 1981 [2].
    D'autres chercheurs se sont spécialisés dans ces recherches comme par exemple le psychiatre John E. Mack [3].

    D'une manière générale, les travaux réalisés sur ce sujet ont consisté à collecter des informations basées sur les témoignages de personnes victimes de ces phénomènes. Ces travaux s'apparentent à une démarche ethnographique (collecte des données).
    Les données recueillies par les chercheurs en contact direct avec les témoins sont destinées comme l'a dit John E. Mack à être décryptées par d'autres chercheurs [3] dans une logique ethnologique (analyse des données)..

    L'objet de cet article est justement de proposer une explication concernant certains des aspects les plus étranges du phénomène.

    A SUIVRE

  • LISTE DES ARTICLES

    07-11-2013 - L'objet de mon propos

    SCIENCE
    11-02-2014 : Le vide quantique : un nouveau continent à explorer
    16-01-2014 : Histoire de l'univers - Partie 4 : Le Modèle standard de la physique
    13-06-2013 : Histoire de l'univers - Partie 3 : QED... Vous avez dit QED ?
    18-02-2013 : Histoire de l'univers - Partie 2 : Introduction à la physique fondamentale (pour les nuls !)
    05-12-2012 : Histoire de l'univers - Partie 1 : Naissance et Topologie
    14-05-2012 : Mille milliards de soleils
    13-04-2012 : NDE/EMI : Introduction à la Suneidologie
    02-02-2012 : Science, chapitre 0
    28-11-2011 : NDE/EMI - Partie 4 : La synthèse
    02-11-2011 : NDE/EMI - Partie 3 : La phase transcendante, une première modélisation
    07-09-2011 : NDE/EMI - Partie 2 : Une percée scientifique majeure
    26-06-2011 : NDE/EMI – Partie 1 : Etat des lieux
    05-05-2011 : Galilée et le coup de force pythagoricien
    21-01-2011 : Le mur de la quantique
    09-05-2008 : Le théorème de Gödel
    15-03-2008 : L'épistémologie pour les nuls
    20-01-2008 : La théorie du puzzle

    ENVIRONNEMENT ET SANTÉ
    05-01-2012 : Cancer : la catastrophe silencieuse
    27-10-2011 : ITER - Fukushima, même combat ?
    03-08-2011 : David Servan-Schreiber, 1961 - 2011
    06-07-2011 : Découverte d'un traitement anticancer simple...
    17-03-2011 : Fukushima
    28-06-2010 : Cancer, la catastrophe - Partie 5 : Se protéger
    28-06-2010 : Cancer, la catastrophe - Partie 4 : Que fait l'état ?
    27-12-2009 : Cancer, la catastrophe - Partie 3 : Les causes
    23-10-2009 : Cancer, la catastrophe - Partie 2 : Pesticides sur l’occident
    10-09-2009 : Cancer, la catastrophe - Partie 1 : Etat des lieux
    15-11-2008 : Amiante, Tchernobyl, sang contaminé et...amalgames dentaires !
    24-05-2008 : Loi OGM : empoisonnement général légalisé
    17-04-2008 : Le scandale étouffé de l'uranium appauvri
    14-10-2007 : Grenelle de l'environnement et moteur Pantone

    FINANCE ET ÉCONOMIE
    24-02-2014 : Débat Le Pen - Moscovici sur France 2, la haine a changé de camp !
    11-09-2013 : Qui sont les véritables bénéficiaires des plans de sauvetages bancaires imposés par l'UE ?
    14-05-2013 : La dette de l'état dans tous ses états
    21-12-2012 : La guerre contre la finance, il faut scinder les banques !
    21-08-2012 : Où sont passés les 1000 Milliards injectés par la BCE ?
    25-07-2012 : Le mystère de la création monétaire
    22-10-2010 : L'esprit de Munich
    02-05-2010 : Traité de Lisbonne, article 123 : le coup d’état de la finance
    20-03-2010 : Le pouvoir exorbitant des agences de notation
    11-02-2010 : La spéculation attaque notre (R)UE
    08-06-2009 : Paul Jorion
    20-05-2009 : Bilderberg 2009
    14-04-2009 : G20 - G Vain ?
    01-01-2009 : Crisis ? What crisis ?
    30-09-2008 : Bretton Woods, une association de criminels
    16-09-2008 : Maastricht - Article 104
    24-07-2008 : Chronique d'une catastrophe annoncée
    31-01-2008 : Le NAIRU ou pourquoi le chômage ne baissera jamais

    MYSTÈRES
    A venir : Enlèvements "extraterrestres", une partie du mystère dévoilée
    27-02-2011 : Orbes, que la lumière soit !
    21-07-2010 : Fatima 1917, un siècle après...
    04-12-2008 : Lumières dans la nuit
    10-02-2008 : Une étrange structure sous les glaces du Groenland (MAJ 01-2011)

    HISTOIRE ET GEOPOLITIQUE
    Nouveau => 21-07-2014 : Crash du Boeing en Ukraine, l'inspecteur Colombo mène l'enquète !
    11-05-2014 : Synthèse sur l'Ukraine, une contre-propagande médiatique
    02-03-2012 : 1794 : Le génocide Vendéen
    11-08-2011 : Afghanistan : pourquoi nous nous battons
    04-08-2009 : 11 septembre, Bigart persiste et signe
    01-01-2009 : Le pogrom du ghetto de Gaza
    02-03-2008 : 11 septembre 2001 - Partie 3 : la vérité est ici
    27-02-2008 : 11 septembre 2001 - Partie 2 : Twin Towers
    18-02-2008 : 11 septembre 2001 - Partie 1 : Pentagone
    29-01-2008 : La théorie du pic pétrolier est fausse
    01-01-2008 : Le 4ième pouvoir a été racheté !
    11-09-2007 : Le lobby militaire US a pris le pouvoir !

    RUBRIQUE METAL
    Liste des posts ici.

  • Crash du Boeing en Ukraine, l'inspecteur Colombo mène l'enquète !

    Le 17 juillet dernier, un Boeing 777 de Malaysia Airlines s'écrase dans l'est de l'Ukraine.
    Au sujet de l'origine du missile qui aurait abattu l'avion, le vice président américain John Kerry qui est le nouveau Colin Powel a déclaré devant CNN que "le gouvernement américain détenait les preuves de l’implications des insurgés dans la destruction du vol MH17".
    La farce continue !

    L'excellent petit texte ci-dessous trouvé par Olivier Berruyer sur un compte Facebook a l'avantage d'éclairer les choses avec humour.

    (On rappelle pour ceux qui ne suivent pas que Porochenko est l'oligarque du chocolat élu président de l'Ukraine en mai dernier.
    A noter que ce dernier a conservé 100% du gouvernement putschiste précédent incluant 7 néo-nazis de Svoboda et Pravyi Sektor.)

    P’sieur Porochenko, s’il vous plaît ?
    - Oui ?
    - Bonjour Monsieur, je suis le lieutenant Colombo de la brigade criminelle, j’aurais voulu vous poser quelques questions…
    - A quel sujet ?
    - Ben voilà, c’est au sujet du Boeing qui a été abattu…
    - Tout a été dit, ce sont les séparatistes, tout est clair…
    - Oui bien sûr, tout est clair, mais comme dit ma femme, il faut vraiment qu’il n’y ait plus aucune zone d’ombre…
    - Quelles zones d’ombre ?
    - Trois fois rien rassurez-vous, je mène une enquête, la routine… dans cette affaire, il y a un point qui me tracasse.
    - Quel point ?
    - Ben voilà, le Boeing a disparu des écrans radars à 17 heures 15. Vous déclarez une demi-heure plus tard qu’il a été détruit par un missile sol air de type Russe, je ne sais plus lequel, et qui a été tiré par des séparatistes…
    - Oui, et alors ?
    - Ben voilà, j’y arrive, en fait, l’avion brûle encore, et… comment pouvez vous savoir comment et par qui le Boeing a été abattu.
    - C’est simple, il est tombé dans une zone tenue par les séparatistes.
    - Ah oui, bien sûr, c’est une explication… mais ces séparatistes, ils ont ce type d’équipement ?
    - Bien sûr, la preuve, ils ont abattu précédemment 3 autres avions.
    - Bien sûr, mais dites moi, ces avions ont été tirés à moins de 3.000 mètres, un équipement individuel suffit, mais le Boeing volait à 10.000 mètres.
    - C’est pareil.
    - Ben non justement, voyez vous, mon beau-frère connaît bien ce genre d’équipement, il a été à l’armée en Allemagne et figurez-vous que…
    - Au fait inspecteur, au fait…
    - Ben pour tirer un avion à 10.000 mètres, il faut des missiles adaptés, qui sont sur un camion lance missile, avec un camion radar et toute une chaîne de commandement. Nous sommes très loin du petit missile qu’un servant va épauler. Alors je renouvelle ma question, ils ont cet équipement lourd, et surtout, ils savent le mettre en œuvre ?
    - Euh, oui, heu, ils nous l’ont volé.
    - C’est effectivement le communiqué du ministère à 17 heures 21, soit 6 minutes avant la disparition de l’avion des radars. Comment saviez-vous qu’ils vous l’ont volé ?
    - Euh, nous avons eu un communiqué de nos forces sur le terrain.
    - Félicitation, vous avez des forces qui réagissent très vite, voyez-vous, ma femme me dit toujours…
    - Au fait Lieutenant, au fait.
    - Où ces missiles vous ont ils été volés ?
    - Dans le secteur des opérations je présume, je n’ai pas encore les précisions.
    - Et comment ont-ils été volés, un commando est arrivé discrètement, a tiré sur les soldats, a lancé des grenades, a mitraillé les installations ?
    - Euh oui, oui, c’est ça, ils ont attaqué l’unité par surprise, je pense qu’il y a eu beaucoup de morts…
    - Bien-sûr, suis-je bête. Voyez-vous, mon petit neveu a un jeu comme ça, vous savez, ces jeux plaisent beaucoup, ils se prennent pour des commandos et ça tire dans tous les sens…
    - Voilà, c’est bien ça qui est arrivé.
    - Vous savez ce que m’a dit mon neveu quand je lui ai parlé de ce vol ? Eh bien il m’a dit, c’est impossible.
    - Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il peut en savoir ?
    - On n’utilise pas des grenades, et on ne tire pas de rafales à côté de missiles de cette taille. Un seul impact et la région change de relief. Non p’sieu, ces missiles n’ont pas pu être volés…
    - Ah bon, vous en déduisez ça ?
    - Il n’y a pas que ça, p’sieu, car une autre question me turlupine, pourquoi, mais pourquoi auraient-ils volé ces missiles ?
    - C’est évident, c’est pour abattre nos avions.
    - Mais ils volent à basse altitude, et pour ça, ils savent faire, mais ils auraient du mal à réunir les compétences pour lancer ces gros missiles, et surtout, contre qui, puisque ce ne sont pas vos avions.
    - C’est pour atteindre des bombardiers stratégiques.
    - Mais vous n’avez pas ce type de bombardier, alors pourquoi ?
    - Ils ont bien abattu un avion de ligne…
    - Avec des missiles qu’ils n’ont pas pu voler et qu’ils ne peuvent pas mettre en œuvre ?
    - Pour créer un incident international.
    - Qui aurait joué contre eux et leur aurait mis le monde entier à dos.
    - Nos alliés américains ont certifié que le missile est parti de la zone contrôlée par les rebelles.
    - Oui, 24 heures après, alors que la détection est immédiate. Et ils ne savent pas quand l’avion a été touché.
    - Mais les rebelles ont pu se renseigner sur l’heure de passage de cet avion de ligne, vous savez, c’est facile, il suffit de regarder les horaires et vous calculez l’heure de passage. C’est d’autant plus facile que cet avion passe chaque jour à la même heure…
    - A 130 kilomètres plus au sud. Et là, il a été dérouté pour survoler Donetsk, comme si les aiguilleurs le dirigeaient sur les missiles.
    - On a d’autres preuves, tenez, cet enregistrement de la conversation de deux hauts gradés rebelles, ils parlent qu’ils ont abattu un avion…
    - Pas un, mais trois. J’ai écouté la conversation, ils mélangent de toute évidence l'Iliouchine et le Boeing, il y a un quiproquo…
    - Alors lieutenant, vous qui êtes si fort, si ce ne sont pas les rebelles, alors qui aurait intérêt à descendre un avion de ligne avec 300 passagers ?
    - Vous monsieur le président, oh ce n’est pas une accusation, mais il faut bien admettre que vous tirez les fruits de cette affaire… si vous réussissez à convaincre le monde de votre histoire.
    - Ah, ah, ah, vous me faites vraiment rire lieutenant, mais je pense que vos supérieurs riront moins quand ils sauront cette histoire. Et en plus, vous n’avez aucune preuve…
    - C’est vrai, mais vous n’en avez aucune non plus pour accuser les rebelles.
    - Au revoir lieutenant…
    - Au revoir monsieur le Président… Ah au fait, juste une dernière chose…
    - Vous commencez à m’échauffer…
    - Rien, juste une dernière question… Que faisaient ces batteries de missiles dans la région de Donetsk…
    - Cette question, c’est pour nous protéger…
    - De qui, les rebelles n’ont aucune aviation, alors, vous protéger de qui ?
    - Lieutenant, je reconnais que c’est une bonne question, en fait, j’ai donné l’ordre de déployer ces missiles pour nous protéger d’un éventuel bombardement stratégique de la Russie…
    - Mais bien sûr, pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt, les Russes…
    - C’est ça, les Russes…
    - Et vous pensez qu’ils voulaient bombarder Donetsk les Russes, ce sont leurs protégés.
    - Non bien sûr, c’est Kiev qui aurait été visé…
    - Ah oui, c’est exact, c’est Kiev, bien sûr, suis-je bête, ce n’était qu’une question, je ne vous importune plus, au revoir monsieur le président…
    - Au revoir Lieutenant…
    - … Ah, s’cusez moi, une dernière chose me vient à l’esprit…
    - Quoi encore lieutenant…
    - Ben si vous voulez protéger Kiev, pourquoi installer vos batteries près de Donetsk, à 800 km ?...

  • HELLFEST 2014

    Hellfest - red

    Un autre post "musique" avant de repasser aux choses sérieuses.

    Au préalable une remarque.
    On trouve ici de nombreux articles traitant d'une société mondialisée et malade qui traverse plusieurs crises simultanées.
    L'une de ces crises, toutes liées à la politique irresponsable d'une oligarchie mondiale au pouvoir, va très probablement mettre fin prochainement au système tel que nous le connaissons.

    A l'intérieur de tout cela, il existe d'autres mondes très différents comme celui des passionnés de musique métal.
    Ce dernier mondialisé lui aussi, possède à contrario d’authentiques valeurs humaines bien éloignées de celles que véhicule la culture dominante.
    Dans ce monde règnent en effet la passion, l'authenticité, la solidarité, la convivialité et le respect de l'autre.
    Les différentes facettes de cette culture sont ici spontanées et bien réelles, elles ne servent pas de façade à une dialectique manipulatoire.

    Ce post n'étant cependant pas dédié à l'étude anthropologique de la population métal, passons au cœur du sujet.

    Comme le sait tout fan de métal normalement constitué, le Hellfest de Clisson est le second festival métal d'Europe. Saluons au passage son fondateur Benjamin Barbeaud pour cette belle réussite nationale.

    Le festival est implanté sur un site de 12 hectares et présente plus de 160 groupes différents sur un marathon de 3 jours.
    Les groupes se produisent sur 6 scènes différentes dont 2 géantes (Mainstage 1 et 2).

    Le lecteur de chroniques sur cet événement est un petit veinard. En effet, il ne risque pas de tomber sur deux papiers identiques car chaque rédacteur fera une sélection unique des groupes présentés !

    Cette édition 2014 fut un succès exceptionnel avec plus de 150 000 participants dont presque le tiers venus de pays étrangers.

    Hellfest 2014 - 01

    Voici donc un ressenti sélectif de la journée du vendredi 21 juin 2014.

    Après une nuit (calme) dans un petit hôtel du bocage vendéen, arrivée sur le site (moins calme) du Hellfest vers 12h15.
    Ce dernier a été un peu réimplanté par rapport à l'année précédente puisque l'Extrem Market (merchandising) est maintenant situé à l'entrée, il faut passer une chicane pour accéder aux scènes.

    Hellfest - Ensemble

    Début de la journée décibellée et ensoleillée devant le mainstage 1 au milieu du set du groupe Lez Zeppelin.

    Lez Zeppelin
    Il s'agit d'un groupe féminin qui, comme son nom le laisse entendre est dédié à des reprises de Led Zeppelin, l'un des fondateurs de la musique métal.
    Excellente impression, les musiciennes sont de très bon niveau et les morceaux mythiques de Led Zep sont interprétés à la perfection.
    La batteuse semble en particulier avoir bien écouté le regretté John Bonham.

    Après une pause pour cause de groupe Metalcore réservé à ceux qui aiment, les choses sérieuses commencent avec le set de Skid Row.

    Skid Row
    Disons tout de suite que le groupe fondé par Sébastien Bach n'est hélas plus que l'ombre de lui même.
    En effet, le chanteur Johnny Solinger ayant replacé Sébastien Bach en 1999 est très loin de posséder une voix qui allie autant de puissance et de finesse que celle de ce dernier.
    De plus, nous étions en droit d'attendre d'un groupe avec une telle expérience une prestation beaucoup plus pro que ce qui fut présenté.

    Hellfest 2014 - Skid Row

    Ce fut malgré tout un réel plaisir d'entendre en live les hits de Skid Row tels "18 and life" et autres "Youth gone Wild".

    Juste après Skid Row, déplacement rapide de 100 mètres sur la gauche pour se placer devant le mainstage 2 afin de découvrir avec curiosité la prestation des californiens de Buckcherry.

    Buckcherry
    D'abord, pour ceux qui n'auraient pas remarqué, le nom du groupe est un clin d'œil à un vétéran du Rock’n’roll : Chuck Berry.
    Sur album le groupe montre les performances énergiques d'un rock sensiblement influencé par AC/DC. Notons que le groupe a décroché aux Etats-Unis et au Canada quelques disques d'or et platine.
    La question concernait donc leur prestation scénique qui aurait pu se limiter à un déluge de décibels.

    Le résultat fut sans appel, ce concert fut la première claque de la journée !

    Hellfest 2014 - Buckcherry

    Un son parfait, le chanteur tatoué Josh Todd possède une énorme classe naturelle et la prestation fut digne des meilleures surprises que l'on peut vivre dans un tel festival.

    Donc 5/5 pour Buckcherry.

    Une pause pour visiter le site et se rendre à l'Extrem Market (boutiques) faire quelques emplettes pendant les prestations facultatives de "Walking Paper" (avec Duff Mc Kagan, ancien bassiste de Gun's & Roses) et "We came with romans" (metalcore).

    16h50 :
    Il est temps d'aller voir par curiosité le set du groupe Extreme avec leur rock mâtiné de funk.

    Extreme
    N'appréciant pas spécialement ce style de musique, je dois dire que le concert fut cependant de très bonne qualité et ceux qui aiment ne furent pas déçus.

    Hellfest 2014 - Extreme

    Nous avons quitté le gig après l'excellent hit "More Than Words". Le guitariste Nuno Bettencourt est un bon technicien, mais il manque néanmoins de feeling.

    Après avoir fait l'impasse sur les Français de Dagoba, ce fut au tour des vétérans de Status Quo d'investir avec leur boogie le mainstage 1.

    Status Quo
    Il faut d'abord noter que ce groupe existe depuis 1962, soit 52 ans de carrière, qui dit mieux à part les Stones ?
    Rappelons pour les jeunes kids que l'ossature du groupe est basée sur le couple de chanteurs/guitaristes Rick Parfitt (66 ans) et Francis Rossi (65 ans).
    Citons également le clavier Andy Bown (68 ans) qui est presque l'un des membres du line-up originel du groupe, il les a rejoints en 1976.

    A l'issue du premier morceau, la messe était dite, ce fut la seconde claque de la journée, et même la meilleure prestation de cette dernière !

    Hellfest 2014 - Status Quo 2

    Quel plaisir d'assister à un grand moment musical comme celui-là, le style du groupe n'a pas vieilli d'un iota et le public de 7 à 77 ans ne s'y est pas trompé.

    La preuve est faite une fois de plus que c'est dans les vieux pots que l'on fabrique le meilleur Rock'N'Roll !

    Une dernière pause pour cause de metalcore avant d'enchainer avec les 3 derniers groupes de la soirée.

    Deep Purple
    Deep Purple est une légende du rock, c'est donc avec une certaine fascination que l'on assiste à un gig de ceux qui ont composé des hits tels que "Smoke on the water" ou "Hush".
    La prestation est de grande qualité, mais il manque cependant cette communion avec le public qui fait la différence avec un grand concert.

    Hellfest 2014 - Deep Purple small

    On regarde le groupe, on apprécie la musique mais on n'a pas trop envie de bouger.

    Avis mitigé donc.

    Enfin, le groupe le plus attendu de la journée : Aerosmith.

    Aerosmith
    Premier problème, vu la densité de population, impossible de se déplacer directement du mainstage 2 vers le 1, il fut donc nécessaire de contourner la structure des light show afin de tenter de se rapprocher de la scène principale.

    Hellfest 2014 - Aerosmith

    Et là ce fut une autre paire de manches !
    Encore trop de monde...

    En final, nous fumes placés trop loin de la scène pour profiter pleinement du set du groupe.
    C'est sans doute la raison pour laquelle, à cette distance, le concert a pu sembler un peu fade.

    Après avoir échangé avec d'autres spectateurs, plus proches, qui eux ont beaucoup apprécié, il est difficile de se faire une opinion définitive sur la qualité de la prestation du groupe de Steven Tyler.

    Rien à dire de plus...

    Avenged Sevenfold, le dernier groupe de la soirée, très attendu, représente sans doute l'un des futurs grands du Heavy Metal mélodique.

    Avenged Sevenfold
    le groupe a débuté sa carrière en 2001 dans un style metalcore, il s'est alors orienté progressivement vers un son plus civilisé pour aboutir en 2013 au dernier album "Hail to the king" digne d'un Gun's & Roses de la meilleure époque.
    Avec plus de 8 millions d'albums vendus dans le monde, il s'agit d'un groupe dont la notoriété ne cesse de croitre.

    Coté concert, ce fut l'une des meilleures prestations de la journée, on sent que le groupe est très soudé car ses membres font preuve d'une grande complicité.

    Hellfest 2014 - Avenged Sevenfold

    Mention spéciale au lead guitariste Synyster Gates pour son exceptionnel sens de la mélodie lors de ses solos particulièrement inspirés.
    Contrairement à certains guitar héroes qui n'ont d'intérêt que par leur technique irréprochable, Syn Gates est également un guitariste du feeling.
    Ce dernier est donc plutôt à ranger aux cotés des Michael Schenker et autres Axel Rudy Pell qu'à ceux d'un Malmsteen.

    Un excellent concert, une alternance de morceaux heavy mélodiques et de ballades, associé à de nombreux effets pyrotechniques au service de la musique, un feu d'artifice clôtura le concert en beauté.
    Ce fut sans conteste l'une des meilleures prestations de la journée.

    Fin du spectacle vers 2h30 du matin, retour sur Paris avec des images et des sons plein la tête.
    Difficile après cela de redescendre dans la dure réalité...

    Une seule phrase s'impose en conclusion :

    Petit yoda
    "Avec impatience juin 2015 nous attendons !"

  • BlackRain fait un tabac au Nouveau Casino

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    Samedi 24 mai, le groupe français BlackRain donnait un concert au Nouveau Casino. 200 fans avaient fait le déplacement pour cette date Parisienne.

    Après un départ un peu laborieux sans doute du au fait que la chanteur Swan était souffrant, le groupe donne ensuite sa pleine puissance. Le public surchauffé, entièrement acquis à la cause des savoyards y fut très probablement pour quelque chose.

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    Coté salle, la maman d'Axel, le guitariste blondinet, était au premier rang. Elle le suit d'ailleurs dans tous ses concerts.

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    Elle nous a expliqué que son fiston possède un master de physique et que le bassiste est chercheur au CNRS.

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    Ceci démontre qu'être musicien dans le Métal, ou plus précisément le Glam Rock, n'est pas forcément synonyme de niveau scolaire basique.

    Le manager du groupe, Dany Terbeche, fondateur du mensuel des années 80 "Enfer Magazine", a poussé un coup de gueule.
    En premier lieu, la maison de disque Sony ne travaille pas sur le groupe et même leur interdit contractuellement de jouer en Europe.
    Ensuite, il s'en est pris aux vilains qui critiquent son groupe sur le Net. Pour leur clouer le bec, il faudra sans doute que le groupe remplisse un jour le Zénith, ils en ont à mon sens largement le potentiel.

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    Le concert fut d'excellente qualité, le chanteur Swan possède une voix exceptionnelle comme on n'en a jamais vue dans le Métal ou même dans le rock made in France.
    Le groupe est toujours souriant et on sent ses membres très soudés sur scène, normal puisqu'ils sont potes de longue date depuis le collège.

    La prochaine fois, vous ne pourrez plus dire que vous ne connaissez pas BlackRain, je veux une salle comble !

    Leur site ci dessous :

  • Synthèse sur l'Ukraine, une contre-propagande médiatique

    EU-nazi

    La crise en Ukraine fournit l'exemple d'une tentative de manipulation médiatique majeure.
    Cette dernière prend sa source au niveau des pouvoirs politiques avec le relais bienveillant des médias dominants.

    Il est donc indispensable d'allumer un maximum de contres feux et de rétablir sans parti pris la réalité des choses.

    L'Ukraine est un pays de 45 Millions d'habitants, le 2ième d'Europe par sa superficie.
    A l'est le pays est frontalier avec la Russie, coté ouest on trouve la Pologne et la Roumanie, toutes deux Membres de l'Union Européenne et de l'OTAN.
    Depuis des siècles, ce pays a pratiquement toujours été dominé par des puissances extérieures, la dernière en date étant l'Union Soviétique.
    Il finit par accéder à l'indépendance en 1991 à la suite de la chute du bloc de l'Est.

    Le pays est divisé car une partie de sa population tournée vers l'Ouest milite pour son rattachement à l'U.E.
    L'autre partie penche de son coté pour un rapprochement régional avec la Russie.

    La carte des tendances électorales ci-dessous illustre cette dichotomie :

    ukraine_presidentielle_2010s
    Elections 2010, en bleu les pro-Russes, en orange les pro-occidentaux

    L’Ukraine est également la plaque tournante du transport de gaz Russe avec ses milliers de kilomètres de pipe-lines [1].
    Fait rarement souligné, on dispose là bas d'un réservoir de main d'œuvre à bon marché avec un salaire mensuel moyen d'environ 200 € en 2012.

    Il est également important de noter que ce pays possède un parc électronucléaire dont la sécurité est loin d'être assurée. Rappelons que le célèbre site de Tchernobyl se trouve en Ukraine.

    Depuis son indépendance, l'Ukraine a connu des gouvernements successifs minés par la corruption, qu'ils soient pro-occidentaux (Ioulia Tymochenko) ou pro-russes (Viktor Ianoukovytch).
    Le dernier président élu d'une manière parfaitement régulière (source OSCE) fut Viktor Ianoukovytch en février 2010, ce dernier représente le "parti des régions".

    la figure ci-dessous montre le résultat du 1ier tour des élections de 2010 :

    2010 - Elections Tour 1
    Résultat du 1ier tour des élections de 2010

    On note au passage les noms des principaux partis politiques d'Ukraine avec les 2 premiers qui recueillent 60% des voix :
    - Parti des régions : politique régionale de centre droite proche de la Russie
    - Bloc Ioulia Timochenko : ultra-libéraux pro-occidentaux

    A. LES ÉVÉNEMENTS RÉCENTS
    En 2013, le président en exercice Viktor Ianoukovytch est en négociation au sujet de la signature d'un accord de libre échange avec l'U.E.

    Considérant que la proposition de l'U.E. n'est pas compatible avec les intérêts du peuple Ukrainien, il décide en novembre 2013, dans le cadre de son mandat, de suspendre les négociations avec cette dernière et d'en lancer d'autres avec la Russie (*).

    (*) La Russie ayant fait une contre-proposition plus avantageuse.

    Les manifestations place Maïdan
    L'opposition pro-européenne, mécontente, organise alors des manifestations, pacifiques dans un premier temps, sur la fameuse place Maïdan à Kiev (la capitale) rassemblant parfois jusqu'à 100 000 sympathisants pro-occidentaux.

    Qui sont les manifestants ?
    D'après les observateurs, les manifestants du Maïdan [2] étaient composés de quatre différents groupes positionnés sur un spectre politique allant de la droite à l’extrême-droite :
    - "Batkivshina" (Patrie) : droite ultra-libérale
    - "UDAR" : droite pro U.E.
    - "Svoboda" (liberté) : extrême droite néo-nazie
    - "Pravyi Sektor" (secteur droit) : extrême droite néo-nazie avec milices armées

    Batkivshina
    Le parti Batkivshina ou Union panukrainienne « Patrie » est une coalition ultra-libérale dirigée par Ioulia Timochenko.
    Ce parti est la composante principale du Bloc Ioulia Tymochenlo.
    Cette dernière est l'égérie de la révolution orange de 2004 connue en occident par sa coiffure de paysanne ukrainienne qui a fait le tour des médias.

    Ioulia Tymochenko s
    Ioulia Tymochenko

    Elle fut premier ministre en 2005, puis accusée de corruption et emprisonnée lors du changement de régime en 2010.

    UDAR
    L'UDAR ou Alliance Démocratique Ukrainienne pour la Réforme est un parti libéral et pro-européen, ce dernier est patronné par la CDU d'Angela Merkel et l'IRI du républicain américain John Mac Cain [2].

    Svoboda
    Svoboda (liberté en ukrainien) est un parti d’extrême-droite ultranationaliste néonazi [3], antisémite dirigé par Oleh Tyahnybok.

    Oleh Tyahnybok
    Oleh Tyahnybok

    Ce parti a été créé en 1991 par ce dernier sous l'appellation "Parti National Socialiste d'Ukraine".
    La référence au "Parti National Socialiste Allemand" (parti nazi) fondé en 1920 est on ne peut plus claire.

    Son emblème originale est d'ailleurs inspirée de celui de la 2ième division SS "Das Reich" de 1944. Dans le but de faire croire à un parti modéré, le nom du parti s'est transformé en "Svoboda" et l'emblème a été transformée.

    embleme-svoboda-2
    L'emblème de "Das Reich" et celle de Svoboda (avant et après)

    Sur la figure ci-dessus, on distingue à gauche l'emblème de la division nazie "Das Reich", au centre celle de Svoboda lors de sa fondation et à droite l'emblème plus récente de ce dernier, beaucoup moins explicite.

    Pravyi Sektor
    Pravyi Sektor (Secteur Droite) est un autre parti néo-nazi encore plus radical qui considère Svoboda comme trop mou [3].
    Pravyi Sektor est un mouvement qui prône la violence, il possède des groupes paramilitaires bien entrainés.

    L'Ukraine est un pays qui possède d'importantes mouvances nostalgiques du nazisme.
    Ces dernières sont en particulier présentes dans la ville de Lviv à l'ouest qui est l'un des bastions historiques du fascisme ukrainien.

    Les manifestations dégénèrent, 100 morts place Maidan...
    Le 15 décembre 2013, le premier ministre ukrainien participe à un sommet à Moscou pour discuter d'une possible adhésion à l'union douanière eurasiatique (Russie, Biélorussie et Kasakstan).
    Début 2014, sur la place Maïdan, les manifestations dégénèrent, des coups de feu éclatent et on commence à dénombrer des victimes dans la foule et dans les forces de l'ordre.

    Entre le 18 et le 20 février, on dénombre 100 morts répartis du coté des manifestants et de la police anti-émeute.

    Qui sont les tireurs ?
    La question fondamentale est bien de savoir qui a déclenché la tuerie du 20 février.
    Le gouvernement "transitoire" qui a pris le pouvoir 3 jours après a évidemment affirmé que ce sont les forces spéciales de Ianoukovitch qui en furent à l'origine.
    Cette question sera traitée en détail plus loin.

    21 février 2014 : accords de Kiev
    Sous la pression des violences (le crime paie !) , après une négociation marathon, le président consent le 21 février des concessions majeures à l'opposition [4] :
    - élection anticipée
    - diminution constitutionnelle des pouvoirs du président
    - formation d'un gouvernement d'union nationale

    22 février 2014 : le coup d'état
    Malgré l'accord signé, le 22 février, la RADA (parlement) vote en toute illégalité la destitution du président en exercice.
    Le parlement a t'il été "convaincu" de signer la destitution de Ianoukovitch ?
    C'est ce que dénonce l'économiste Natalia Vitrenko, fondatrice du PSPU (Parti Socialiste Progressiste d'Ukraine ).
    Podcast ici.

    Un gouvernement de transition illégitime
    Un gouvernement de transition dirigé par Yatsenniouk (6.9% des voix aux élections de 2010) est désigné par le "conseil du Maïdan".
    Le gouvernement de 19 ministres est alors constitué, il se répartit de la manière suivante [5] :
    - "Batkivshina" (Patrie) : 5 ministres dont le 1ier ministre Arseni Yatseniouk.
    - "Svoboda" et "Pravyi Sektor" : 7 ministres
    - Ultra-libéraux non affiliés à un parti : 7 ministres

    Les différents partis représentant ce gouvernement représentent au maximum 33% de la population .

    Les néo-nazis Ukrainiens au pouvoir...
    Le plus grave dans cette affaire est la présence dans ce gouvernement de 7 membres du parti Svoboda, certains étant d'anciens membres de Pravyi Sektor.
    Ces deux mouvements sont d'authentiques groupes néo-nazis [3], racistes, antisémites et qui font l'apologie de Stepan Bandera, un collaborateur notoire des nazis durant la dernière guerre.
    Ce dernier a été qualifié par l'organisation juive "Centre Simon Wiesenthal" de collaborationniste nazi responsable du massacre de milliers de Juifs pendant la guerre de 1939-1945.

    Le visage de la "révolution" est d'abord illustré par la vidéo ici où on voit une bande de parlementaires putschistes molester le directeur de la TV pour le forcer à signer sa démission.

    Comme on pouvait s'y attendre, l'est de l'Ukraine à majorité pro-russe s'est soulevé, ne reconnaissant pas la légitimité du gouvernement de Kiev.
    Les néo-nazis présents dans ce dernier ne se cachent d'ailleurs pas de vouloir "griller du Russe".

    03 mai 2014 : Le meurtre en masse de pro-russes d'Odessa
    Le 03 mai, un groupe de manifestants pro-russes non armés poursuivis par les milices du Pravyi Sektor a trouvé refuge dans un immeuble appelé "Maison des Syndicats".
    Les milices fascistes ont alors incendié le bâtiment puis achevé au sol ceux qui avaient tenté de sauter par les fenêtres.
    Les images (très dures) sont disponibles ici [6], le bilan fut très lourd avec 40 morts.

    Comme on le verra plus loin, l'occident n'hésite pas à s'allier avec de tels individus pour tenter d'arracher l'Ukraine à l'influence Russe.

    B. QUI A DÉCLENCHÉ LE BAIN DE SANG PLACE MAÏDAN ?
    La question fondamentale est de savoir qui est responsable du bain de sang place Maïdan, c'est en effet cet événement qui a induit la destitution du président élu en 2010.

    Les quelques éléments d'enquête dont on dispose suffisent à établir les faits suivants :
    - les blessures des victimes des deux camps étaient de même type
    - des snipers ont tiré sur la foule depuis le QG de l'opposition

    Un même groupe armé a tiré sur les 2 camps
    Les blessures constatées coté forces de l'ordre et coté manifestants sont du même type, ce qui tend à démontrer que c'est une seule et même équipe de snipers qui a ouvert le feu sur les civils et sur les forces de l'ordre.
    Cette information provient d'une conversation téléphonique ayant eu lieu le 25 février dernier entre la vice-présidente de la Commission européenne, Catherine Ashton, et le ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Pae.
    Cette conversation a été confirmée par le ministre lui même.
    Hormis les forces de l'ordre, le seul groupe armé répertorié sur la place Maïdan était les milices de Pravyi Sektor, on en déduit facilement qui peut être à l'origine de la tuerie.

    Une chaine publique...allemande mène l'enquête
    La chaine publique régionale allemande ARD, a diffusé une enquête sur les responsables du carnage du Maïdan le 20 février : ici.

    Seul le site de France Télévisions a relayé cette information.

    Les tirs sur la foule provenaient....du QG des forces rebelles !
    Cette enquête démontre que des snipers ayant tiré sur la foule étaient postés dans l'hôtel Ukraina qui servait de QG aux forces rebelles.
    Bien entendu, le gouvernement putschiste ne risque pas d'enquêter sur ses propres crimes comme le montre la fin du reportage où le journaliste pose la question au ministre Oleg Makhnitski (parti Svoboda) qui répond :
    « Nous enquêtons sur ce point. »...

    Le scénario le plus probable
    Le 20 février, le groupe néo-nazi Pravyi Sektor a "opportunément" déclenché un bain de sang pour déstabiliser le gouvernement en place. Puisque ce dernier fait partie des putschistes, le risque d'enquête le mettant en cause ultérieurement est nulle.

    Il fut ensuite aisé de laisser entendre que la police a tiré en premier sur la foule pour réprimer les manifestations, cette assertion ayant alors justifié l'éviction du gouvernement.

    C. GÉOPOLITIQUE DE LA RÉGION
    La politique eurasiatique menée par les États Unis et ses alliés européens est issue d'une doctrine post-soviétique vieille d'une vingtaine d'années.
    Cette dernière fut élaborée en 1994 par Zbigniew Brzezinski, conseiller d'origine polonaise des présidents américains.
    Elle est décrite dans son ouvrage intitulé "Le grand échiquier".

    La doctrine Brzezinski
    Après la chute de l'Union Soviétique, dans le cadre d'une stratégie visant à conserver l'hégémonie américaine, il faut "empêcher l'émergence de toute puissance concurrente". En particulier à l'est, tout doit être fait pour que la Russie ne redevienne pas une grande puissance.
    Une condition suffisante serait que cette dernière reconstitue un bloc avec les 3 pays suivants [1] :
    - Biélorussie
    - Kazakhstan
    - Ukraine

    Or, les deux premiers étant déjà associés à la Russie dans le cadre d'une union douanière, il faut absolument éviter que l'Ukraine ne les rejoigne.

    Cela explique pourquoi les États-Unis utilisent l'Europe pour intégrer l'Ukraine à l'Ouest, sans être trop regardant sur la nature de ses alliés dans ce pays.

    L'interventionnisme de l'Europe
    L'U.E. est comme d'habitude divisée sur la question ukrainienne, 3 pays font cependant preuve d'un certain activisme sur le sujet :
    - Allemagne
    - Pologne
    - France

    L'Allemagne possède des intérêts en Ukraine, ce qui explique son implication.

    Les relations entre la Pologne et la Russie sont historiquement très mauvaises.

    Quand à la France, on se demande quels sont ses intérêts directs, sinon qu'elle semble être devenu le nouveau toutou des États-Unis à travers son récent strapontin dans l'OTAN.
    On peut estimer que notre président, en berne dans les sondages (c'est peu dire), tente d'exister sur la scène internationale en jouant une fois de plus les gros bras avec des moyens qu'il n'a pas.
    Après tout, cette politique n'est que la suite logique de l'une des plus graves erreurs faites par le régime précédent en nous faisant réintégrer l'OTAN.

    Le nouveau régime poursuit donc dans cette direction atlantiste, tournant le dos définitivement à la politique gaulliste d'indépendance nationale.

    D. LA POSITION DE LA RUSSIE
    La Russie est donc bien le pays qui est visé par la politique occidentale en Ukraine.

    Il faut noter que ce pays est limitrophe à la Russie avec une frontière partagée d'environ 1500 km.
    Par ailleurs, la base navale de Sébastopol en Crimée est une composante essentielle de la flotte russe de la mer noire.

    Dans ces conditions, on comprend aisément que la Russie ne peut accepter que l'Ukraine tombe dans le giron occidental. Le pire pour les Russes serait que ce pays rejoigne l'OTAN, comme cela fut déjà évoqué à plusieurs reprises.

    L'occident menace directement la Russie
    La frontière Russe étant directement menacée, la situation actuelle pourrait être assimilée à une crise inverse de celle de Cuba en 1961.
    Comment réagirait la France, si la Belgique par exemple, était déstabilisée par la Russie qui tenterait de la faire entrer dans une alliance militaire orientale ?

    Le cas de la Crimée
    La Crimée faisait partie de la Russie jusqu'à 1954, à cette date, elle fut "cédée" à l'Ukraine qui était alors membre de l'union soviétique. Elle devint alors une république autonome rattachée à l'Ukraine.
    La population de la Crimée est constituée à 60% de Russes, 15% de Tatars et seulement 25% d'Ukrainiens.

    A l'issue du coup d'état en Ukraine, et devant les craintes suscitées par la prise de pouvoir des néo-nazis, un référendum fut organisé en Crimée. Le résultat de ce dernier indiqua que 96% de la population souhaitait le rattachement de la Crimée à la Russie.
    Ce référendum est légal comme l'indique la charte des nations unies au sujet du droit des peuples à disposer d'eux mêmes.
    Les précédents sont nombreux.

    E. L’INGÉRENCE OCCIDENTALE
    L'ingérence occidentale dans les affaires ukrainienne est illustrée par de multiples exemples.
    Plusieurs organisations occidentales interviennent en Ukraine.
    Ces dernières agissent dans le cadre d'un programme américain d'incitation des populations de l'ex-URSS à se soulever contre ses dirigeants.
    L'enquête suivante explique en détail cette stratégie :
    Comment la CIA prépare les révolutions colorées (vidéo).

    Sponsorisation de l'UDAR
    On a déjà vu précédemment les liens existants entre l'UDAR et la CDU Allemande ainsi qu'avec l'IRI du républicain américain Mac Cain.

    Un ancien candidat à la présidence US harangue la foule à Kiev
    John Mac Cain est l'ancien candidat républicain à la maison Blanche vaincu par Obama en 2008.
    Il est le président de l'IRI, un organisme chargé d'exporter la "démocratie américaine" sur toute la planète.

    Mac Cain n'hésita pas à prendre la parole place Maïdan devant la foule des manifestants et à rencontrer le triumvirat de l'opposition au Maïdan , incluant le néo-nazi Tyanybok, interdit d'entrer aux états unis pour cause de discours antisémites [2].

    BHL, le "rossignol des charniers" sur la place Maïdan
    En France, nous avons Bernard Henry LEVY, surnommé BHL.
    Ce dernier se prend pour un intellectuel engagé et courageux. Il n'est ni l'un ni l'autre bien entendu, mais reste cependant un individu extrêmement dangereux comme le montre son influence sur Sarkozy (et peut être aujourd’hui sur Hollande) lors du déclenchement de la guerre en Lybie.

    Sa pensée, qui tient en entier sur un timbre poste, s'est sans doute forgée à la lecture assidue des comics américains à base de super héros qui sauvent le monde chaque semaine.
    Elle se résume en une phrase : "les bons, c'est nous et les méchants c'est eux".

    Il jouit cependant, et ce n'est pas un hasard, de nombreuses entrées dans les médias. Ces portes ouvertes lui permettent de tenter d'exister et de poursuivre sa quête pour créer un monde meilleur à coups d'ingérences militaires !

    Son credo : "La guerre sans l'aimer".

    Il reste choquant de constater l'outrecuidance d'un individu, jamais élu, qui se permet d'aller haranguer les foules dans un pays au bord de la guerre civile.

    Quelle est la légitimité de tels agissements ?

    Un des paradoxes et non des moindres est qu'il se range du coté de néo-nazis antisémites qui l'auraient en d'autres temps probablement traité avec moins de bienveillance.


    Intervention de BHL place Maïdan le 02 mars 2014

    Dans la vidéo ci-dessus, on note tout de même que l'impact sur la foule de son magnifique discours semble assez limité.

    21 mars 2014 : L'U.E. signe un accord politique avec le gouvernement de Kiev
    Dernier exemple d'ingérence cité, le 21 mars, l'U.E. a signé le volet politique d'un accord avec le gouvernement illégal de Kiev.
    La signature du volet économique est prévu après les élections du 25 mai.

    F. QUE NOUS DISENT LE GOUVERNEMENT ET LES MÉDIAS ?
    La position officielle du gouvernement français est de considérer que le nouveau pouvoir en place est légitime puisqu'il est issu d'une révolution populaire. Par ailleurs, la Russie de Poutine est accusée d'intervenir en sous-main dans les affaires de l'Ukraine pour créer des troubles afin de justifier l'intervention de l'armée russe.

    Avec la liste des ingérences occidentales identifiées en Ukraine, il faut tout de même oser tenir cette position !

    Le gouvernement français
    La position du gouvernement est résumée ici par l'intervention du ministre des Affaires étrangères (Laurent Fabius) sur France Inter.

    Extrait :
    "Maintenant quand on accuse ce gouvernement d’être d’extrême-droite, c’est faux ! C’est faux ! Il y a 3 membres [!] du parti Svoboda qui est un parti plus à droite que les autres, mais l’extrême droite n’est pas au sein du gouvernement." [Laurent Fabius, 11 mars 2014]

    Fabius nous explique en fait que les fascistes d'Ukraine ne sont pas d’extrême droite !

    Par ailleurs, si les néo-nazis ne sont pas au pouvoir, pourquoi les juifs d'Odessa se préparent t'ils à évacuer la ville ? [9]

    La question est de savoir si Fabius est un fieffé menteur ou s'il est totalement incompétent, dans les deux cas, sa place n'est pas au gouvernement.
    L'UPR demande d'ailleurs à juste titre sa démission.

    Les médias
    La tendance lourde des médias nationaux et plus généralement occidentaux est alignée sur celle des gouvernements.
    Les médias, comme un seul homme, relaient la même version et analysent chaque nouvel événement suivant le filtre de la manipulation Russe.

    L'accusation anti-Poutine ne reposant sur aucune preuve est répétée ad nauseam lors de chaque intervention médiatique sur l'Ukraine.
    Cette stratégie conduirait à justifier une éventuelle intervention militaire de la Russie en Ukraine pour protéger les pro-russes de l'est.
    Pour le cas de la Crimée, Poutine est accusé d'avoir envahi cette province par la force.

    Ce "manichéisme infantile" (dixit JF Kahn) [7] présente donc les Russes comme les "méchants" et les putschistes comme les "gentils".

    Quelques exemples d'information "orientée"

    Le Parisien
    Après la prise de contrôle de la Crimée par les forces Russes, le gouvernement craint une offensive militaire Russe.

    Direct Matin
    Où s'arrêtera Poutine ?

    Libération
    Moscou avance ses pions et son idée de "nouvelle Russie".

    Quelques voix raisonnables s'élèvent cependant du bourbier médiatique

    JF Kahn
    En finir avec le manichéisme infantile [7].

    Jacques ATTALI
    Sont ils tous devenus fous ?

    Marianne.fr
    Pourquoi le massacre d’Odessa a-t-il si peu d’écho dans les médias ?

    Du coté des politiques, seuls deux hommes ont osé s'élever contre le consensus :

    Jean-Luc Mélenchon
    Avis aux Mickey à propos de l’Ukraine.

    François Asselineau
    Interview de l'agence info-libre ici.

    G. CONCLUSION
    Une fois que l'on a pris en compte tous les aspects de la situation, on comprend qu'une coalition de l'opposition ukrainienne incluant deux factions néo-nazies a organisé un coup d'état avec la bénédiction de l'U.E..
    Cette coalition s'est appuyée sur les groupes paramilitaires de Pravyi Sektor pour lancer des provocations sanglantes et déstabiliser le pouvoir en place.
    Quelques crétins occidentaux se sont au passage ingérés directement dans le processus et ont mis de l'huile sur le feu en tonitruant sur la place Maïdan pour faire croire à la foule que "l'occident est avec vous" !

    Le 25 février, sous la menace des milices du Pravyi Sektor le parlement ukrainien a illégalement destitué le président en exercice élu en 2010.

    Il s'agit donc d'un putsch parfaitement illégitime.

    Les médias européens ont présenté ce coup d'état comme une révolution populaire en diabolisant les Russes qui sont frontaliers avec l'Ukraine.
    A quelques exceptions près (ex : Allemagne), aucun média n'a pris la peine de vérifier ses sources ni de faire une analyse géopolitique intelligente.

    On a juste oublié de préciser que l'Ukraine est un pays divisé en 2 camps : l'un pro-occidental à l'ouest, l'autre pro-russe à l'est.
    Ensuite, lorsque certains veulent annexer toute l'Ukraine au bloc occidental y compris en l'intégrant à l'OTAN, il suffit de regarder une carte pour comprendre que la Russie ne peut pas l'accepter.

    Le résultat est un pays déstabilisé, avec une faction néo-nazie présente dans la coalition au pouvoir. Cette dernière a déjà commencé le nettoyage (ils appellent cela "lustrage"), en particulier à l'est.
    Des élections sont prévues le 25 mai, mais celles-ci s'annoncent déjà comme parfaitement bidons depuis le retrait d'Oleg Tsarev, candidat du parti des régions (35% des voix aux élections de 2010). En effet, les milices l'empêchent de mener sa campagne en usant de violences [8].

    Tout est donc réuni pour conduire à une guerre civile qui peut déboucher à minima sur une partition de l'Ukraine.
    A l’extrême une intervention Russe est très possible si les imposteurs de Kiev poursuivent leurs exactions sur les populations de l'est.
    La probabilité de conflit mondial reste faible car l'occident n'a pas les moyens d'entrer en confrontation directe avec l'armée Russe.

    Le plus grand risque est de pousser la Russie vers la Chine, alors que Vladimir Poutine ne souhaite rien d'autre qu'un rapprochement naturel avec l'Europe de l'ouest.

    Cette dernière rejette complètement cette idée et préfère s'étendre jusqu'aux frontières de la Russie.
    Ostraciser ce pays en l'isolant n'est en fin de compte que l'illustration d'une politique impérialiste totalement stupide.

    ...

    Pour s'informer de la suite des événements, car l'histoire s'écrit sous nos yeux, je recommande l'excellent travail d'Olivier Berruyer sur son site :
    Série Ukraine
    http://www.les-crises.fr/ukraine/

    Article publié sur Agoravox (Top 10 : Peak #1)

    Liens

    [1] Agence Info Libre - Interview de Pascal Marchand
    professeur des Universités à Lyon II, spécialiste de la Russie, podcast ici.

    [2] "Ukraine : autopsie d’un coup d’Etat" - Ahmed Bensaada
    http://www.mondialisation.ca/ukraine-autopsie-dun-coup-detat/5372363?print=1

    [3] "Quand les nazis mènent le bal…" - Geoffroy Géraud Legros
    http://www.7lameslamer.net/quand-les-nazis-menent-le-bal.html

    [4] [Ukraine : on a oublié de vous dire... 5.1] Le coup d'état - Olivier Berruyer (les-crises.fr)
    http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-5/

    [5] L’imposture du “gouvernement démocratique” - Olivier Berruyer (les-crises.fr)
    http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-5-2/

    [6] Le drame d'Odessa - Olivier Berruyer (les-crises.fr)
    http://www.les-crises.fr/svoboda-c-est-ca/

    [7] "En finir avec le manichéisme infantile" - Jean-François Kahn
    http://www.les-crises.fr/en-finir-avec-le-manicheisme/

    [8] Le député de Oleg TSAREV retire sa candidature à l’élection présidentielle et appelle à son boycott - Olivier Berruyer (les-crises.fr)
    http://www.les-crises.fr/a-hieeeee-l-armee-ukrainienne-attaque/

    [9] La communauté juive d'Odessa se prépare à une évacuation - Jerusalem Post
    http://www.jpost.com/International/Odessa-Jewish-community-mulls-emergency-evacuation-351334
    Version traduite ici.

  • Débat Le Pen - Moscovici sur France 2, la haine a changé de camp !

    Un débat télévisé ayant pour sujet la monnaie unique a opposé Marine Le Pen à Pierre Moscovici le 3 février dernier sur France 2.
    Ce débat musclé opposa 2 politiques économiques réellement très différentes, contrairement aux traditionnels débats UMP-PS où les divergences restent à la marge.

    Vidéo ci-dessous :

    S'il restait encore un doute, Moscovici a une fois de plus démontré son incompétence totale en matière d'économie ainsi que sa soumission également totale à l'oligarchie financière.
    Marine Le Pen par contre connaissait parfaitement son sujet et a fourni systématiquement les bonnes réponses à son contradicteur. Cette dernière est par ailleurs restée courtoise comme à son habitude, ce qui fut loin d'être le cas en face.
    Pour illustrer mon propos, j'ai relevé les meilleures perles de notre brillant ministre avec un commentaire explicitant la réalité des choses.


    (00:09:20) "Nous avons réformé le système bancaire"

    La promesse électorale de Hollande était de séparer les activités bancaires utiles des activités risquées. En fait de réforme, cette dernière [1] fut une mascarade avec moins de 1% des activités même pas séparées mais simplement filialisées.
    L'intéressant reportage "Jeux de pouvoir" diffusé l'an dernier sur Arte [2] a montré le déroulement des négociations entre le ministre, les députés et les banquiers sur le contenu de la proposition de loi de régulation bancaire française.
    On constate au cours de ce reportage que Moscovici a tout fait pour torpiller toute avancée significative qui aurait pu aller dans le bon sens à l'exception d'un seul amendement (*) qu'il n'a pas réussi à stopper, ce dernier obligeant les banques à déclarer leur CA et effectif dans tous les pays et donc dans les paradis fiscaux. C'est un premier pas vers la résolution du problème de l'évasion fiscale des multinationales.

    (*) Proposé et défendu par le député vert Eric Alauzet. Ce dernier a d'ailleurs écrit à ses collègues américains pour les exhorter à réussir là où nous avons échoué par lâcheté à séparer les activités bancaires.

    (00:14:40) "L'Euro a apporté aux Français la possibilité de retirer de l'argent sans frais de change."
    Si c'est le principal avantage que le ministre est capable de mettre en avant, alors que dire de celui des taux d'intérêts qui restent bas grâce à l'Allemagne ? Il évoque le sujet pour expliquer que c'est positif pour les entreprises qui par ailleurs n'investissent pas. En réalité les taux bas sont surtout favorables à la limitation du montant du service de la dette de l'état, car ce dernier est obligé d'emprunter en permanence sur les marchés.

    Listons à contrario les points négatifs induits par la création de l'Euro qui a surtout profité à l'Allemagne au détriment des autres pays de la zone :
    1. La part de marché de la France dans les exportations hors zone Euro a baissé de 20% (+5% pour l’Allemagne)
    2. Le déficit commercial de la France est passé d'un excédent de 43 Milliards d'€ à un déficit de 43 Milliards d'€
    3. L'emploi industriel a baissé 3 fois plus en France et en Italie qu'en Allemagne
    4. Le taux de chômage est resté voisin des 11% en France alors que celui de l'Allemagne est passé de 9 à 5%
    5. L'Euro trop fort pénalise nos exportations dans le reste du monde. Le veto allemand à une dévaluation monétaire de la BCE qui améliorerait immédiatement notre compétitivité ne nous laisse pas d'alternatives.
    Il n'y a pas d'autre choix que d'ajuster nos prix par une baisse des salaires ou des charges des entreprises. Puis si les revenus diminuent, alors il faut diminuer les dépenses pour ne pas accroitre les déficits. Et en général, ce sont les dépenses sociales qui sont touchées en premier.

    (00:23:00 et 01:05:57) "Si on sort de l'Euro, la dette restera libellée en Euro".
    Là c'est du lourd !
    Soit il ment sur ce point technique pour faire peur aux Français, soit il est ignorant. Dans les 2 cas, c'est inacceptable pour un ministre des finances.
    En effet, comme l'explique Jacques Sapir, la législation internationale dit que la dette est libellée en monnaie nationale locale, donc si on repasse au Franc, alors la dette sera transformé en Francs (y compris si on le dévalue ultérieurement).
    Seule 15% de la dette est libellée en droit international, ce qui correspond à environ 285 Milliards sur un total de 1900 Milliards d'€.
    Dans le cas d'une dévaluation de 20%, alors l'augmentation totale de la dette sera de 60 Milliards environ, soit 3% du PIB.
    On note d'ailleurs à ce moment que le journaliste Yves Calvi tente de "sauver" Moscovici en laissant entendre qu'il s'agit d'un point trop technique pour être tranché ici "On n'arrivera pas à vous mettre d'accord ..."

    (00:45:11) "Le système bancaire Français est très solide.
    A ce niveau on peut évoquer la faillite de Dexia (Coût total cumulé : 5.5 Milliards pour le contribuable français).
    Rappelons pour mémoire l'affaire Kerviel qui a coûté 5 Milliards à la Société Générale.
    Egalement au sujet de cette banque, citons un fait moins connu. En 2008, le contribuable américain, en sauvant l'assureur AIG, a renfloué indirectement la SG à hauteur de 12 Milliards de $ à travers les engagements de cette dernière vis à vis d'AIG.
    Par ailleurs, si le système bancaire français était réellement si robuste, alors les 3 plus grandes banques "universelles" nationales (BNP, SG, CA) seraient classées dans le top 50 des banques les plus sures du monde.
    Or, il n'y en a plus une seule !

    (00:46:00) "Nous avons créé une directive pour la garantie des dépôts"
    Le fonds de garantie des dépôts n’a à ce jour que 2 Md€ en caisse pour 1 500 Md€ de dépôts garantis (Voir l'analyse d'Olivier Berruyer ici).
    Alors en cas de faillite de l'une des 3 grandes banques systémiques françaises (pardon "universelles"), l'état n'aura tout simplement pas les moyens de garantir les dépôts de ses clients, le "bank run" sera alors en vue...


    (00:49:04) "Nous avons fait preuve de solidarité avec la Grèce"

    Parler de solidarité avec la Grèce touche carrément à l'ignominie.
    En effet, les résultats de la politique d'austérité imposée en Grèce par la terrifiante Troïka (BCE, FMI, UE) sont les suivants :
    - 6 années consécutive de récession
    - baisse de La production nationale de 25 %
    - taux de chômage de 27 % (60% chez les moins de 25 ans)
    - multiplication des suicides
    - détérioration de la santé générale de la population avec une baisse de 2 ans de l'espérance de vie

    (01:04:18) "Jacques Sapir est d’extrême droite"
    Ça continue avec un amalgame stupéfiant digne d'un Goebbels de sinistre mémoire.
    Un économiste n'est pas de droite ou de gauche, il adhère à l'une ou l'autre des écoles de pensée du domaine économique.
    Moscovici tente ainsi de faire l'amalgame entre les travaux de Sapir sur la sortie de l'Euro et le fait que Marine Le Pen a repris cette idée dans son programme.
    Jacques Sapir s'est donc fendu d'une réponse ici à cette attaque "nauséabonde" pour antiphraser nos bien-pensants représentants de la police de la pensée.

    Conclusion
    Après le bilan catastrophique du régime précédent, nous avions fait l'hypothèse que l'élection de Hollande ne pouvait pas conduire à une situation pire.
    Même si cette hypothèse s'est en partie vérifiée, on constate cependant des similitudes troublantes : politique inverse des promesses électorales, poursuite de la politique ultralibérale, incompétence à tous les étages, manque ostensible de créativité, pensée unique, etc.
    De plus, les repères s'effondrent, c'est en effet le front national qui défend de véritables idées alternatives crédibles en s'appuyant sur les travaux d'économistes reconnus. Marine Le Pen s'inspire des prix Nobel Maurice Allais et Joseph Stiglitz ainsi que d'économistes compétents tels que Jacques Sapir, Emanuel Todd, etc.

    C'est la gauche qui utilise aujourd'hui les anciennes armes du FN, à savoir l'amalgame, la désinformation, le mensonge et la vindicte.
    Quand au FN et plus précisément à sa représentante, il assène des vérités, du moins sur le terrain économique.

    C'est le monde à l'envers !

    Article publié sur Agoravox (Top 10 : Peak #4)

    Liens
    [1] La guerre contre la finance, il faut scinder les banques ! (Sur ce site)
    [2] "Jeux de pouvoir" Arte – 24 septembre 2013 (extrait ici).

  • Le vide quantique : un nouveau continent à explorer

    Cadre noir
    Un magnifique cliché du vide
    (pris sans flash pour ne pas perturber le sujet !)

    Les termes de vide ou d'espace évoquent en chacun de nous un concept que l'on perçoit directement dans la vie de tous les jours. Le sujet n'est pas trivial car il s'agit de ce que l'on nomme une notion "cardinale", c'est à dire qu'elle est fondamentale mais difficilement définissable d'une manière autre qu'intuitive.
    La question de la nature du vide fut donc d'abord philosophique avant de devenir scientifique.
    Le vide est il une substance qui préexiste à la matière et au mouvement ou en découle t'il relationnellement ?

    Comme souvent, la première vision préscientifique du vide fut élaborée en Grèce antique par Démocrite (4e siècle avant JC). Selon ce dernier, l'univers serait constitué de vide dans lequel on trouve des particules élémentaires, les atomes qui agrégés en très grands nombres constituent tout ce qui existe.
    Suivant cette vision, l'univers est constitué de deux entités distinctes :
    - un contenant : espace ou vide
    - un contenu : matière

    Si l'existence des atomes fut démontrée plus de 2000 ans plus tard, la question de la nature du vide n'est toujours pas tranchée.

    Matière et énergie représentent deux entités équivalentes comme l'a montré la célèbre relation d'Einstein (E = MC2).
    D'après la relativité générale (RG), la matière-énergie contenue dans l'univers n'est pas sans effets induits car elle courbe l'espace-temps dans ce dernier.
    La RG considère donc l'espace-temps comme étant courbé et dynamique et découlant peut être de la matière-énergie.

    La physique quantique, en revanche, considère explicitement l'espace et le temps comme entités préexistantes. De plus, dans cette théorie, l'espace-temps est plat et statique.

    Questions sur le vide, contenu et dimensions
    Intuitivement, l'image du vide présente à l'esprit est de type géométrique, trois dimensions d'espace dans lesquelles de la matière peut se déplacer en fonction d'une quatrième dimension que l'on nomme le temps (*).
    Suivant ce modèle, on pourrait supposer que si l'on retire les particules connues qui constituent les galaxies, planètes, poussières etc., il ne restera alors plus que de l'espace vide de tout. C'est comme cela que l'on imagine par exemple l'espace interplanétaire.
    Cette vision fut celle de Newton où l'espace préexiste à la matière.

    En réalité, il n'en est rien car le vide tel qu'on l'imagine n'est pas vide du tout.
    Il contient en fait une forme d'énergie se présentant sous la forme de champs quantiques fluctuants. Ces derniers ne peuvent avoir une valeur moyenne nulle suite au mystérieux principe d'indétermination d'Heisenberg.

    (*) Au même titre que le vide, le temps reste aujourd'hui encore un grand mystère ontologique

    L'expérience : effet Casimir
    Cette énergie (ou une partie de cette dernière) peut être mise en évidence à travers le célèbre "effet Casimir". Cet effet est la manifestation d'une énergie du vide prédite en 1948 par le physicien du même nom et démontré par l'expérience en 1997.
    Deux plaques conductrices placées très près l'une de l'autre subissent spontanément une force attractive qui peut être mesurée.

    Les résultats des mesures indiquent une densité d'énergie égale à environ 10E-20 J/M3 (Joules par mètre cube) [1].

    La théorie : calcul de l'énergie du vide
    Pour calculer l'énergie du vide en appliquant la théorie quantique, il suffit de diviser le quanta d'énergie minimale par le quanta de volume minimal aux limites de Planck.

    La densité d'énergie du vide ainsi obtenue est d'environ 10E112 J/M3.
    Ce résultat signifierait qu'un mètre cube de vide contiendrait l'équivalent énergétique de 10E54 galaxies (1 avec 54 zéros) !

    On constate donc que le vide pose un grave problème car la différence entre le calcul et les mesures est presque infinie...
    C'est ce que l'on appelle la "catastrophe du vide".

    La "catastrophe du vide"
    La question est donc de déterminer la valeur réelle de la densité d'énergie du vide.
    Si l'on compare la valeur mesurée à travers l'effet Casimir à la valeur calculée par la théorie, on obtient une différence de 120 ordres de grandeurs : soit 1 avec 120 zéros derrière [1].
    D'autres composantes de cette énergie du vide restent sans doute à identifier, le champ de Higgs est vraisemblablement l'une d’entre elles.

    Le vide pose bien d'autres questions, par exemple si son énergie s'avère réellement très élevée, il semblerait qu'elle ne courbe pas l'espace-temps relativiste car notre univers se serait déjà effondré depuis longtemps.

    Le moins que l'on puisse dire est que la théorie ne colle pas avec l'expérience...

    Autre propriété du vide
    En théorie quantique, la loi de conservation de l'énergie peut être brièvement violée. Le vide peut en effet "prêter" de l'énergie à l'occasion d'une collision de particules à condition que cette énergie soit presque immédiatement rendue.
    Sans renter dans des considérations complexes, ce "viol" est autorisé par le principe d'indétermination d'Heisenberg.
    Les physiciens considèrent que le vide est rempli de "particules virtuelles" qui se matérialisent brièvement lorsqu'on apporte de l'énergie, par exemple lors de collisions de particules à hautes vitesses.

    Mais où sont ces particules virtuelles ?
    On se demande donc d'où vient cette énergie prêtée par le vide.
    Ne pourrait-elle pas par exemple provenir d'une dimension d'espace supplémentaire où seraient présentes ces fameuses particules, cela aurait l'avantage d'éviter de parler de cette notion vague de particules virtuelles.
    Dans cette éventualité, se pose alors la question de l'appartenance de ces particules virtuelles à notre univers. On sait en effet les "pêcher" dans le vide mais elles y retournent très rapidement.

    Le vide appartient il à notre univers ?
    On peut définir notre univers par l'ensemble des particules connues de matière et d'énergie, soit les fermions et les bosons [2] . A ces dernières il conviendrait sans doute d'ajouter les fameuses matière et énergie noire si elles existent. Ces dernières n'ont jusqu'à présent pas été mises en évidence par les expériences effectuées dans le collisionneur géant du CERN (LHC).

    Le vide quantique, étant rempli de quelque chose, pourrait selon cette définition ne pas appartenir à notre univers. Il pourrait par exemple constituer la matière première à partir de laquelle notre univers a été créé il y a 13.5 milliards d'années.
    Si ce vide est dimensionnellement plus grand que ce que l'on perçoit, avec au moins une dimension d'espace supplémentaire, alors rien ne s'opposerait à l’existence d’autres univers voisins du notre.
    Dit autrement, notre univers à 3 dimensions d'espace pourrait être immergé dans un univers plus vaste possédant au moins 4 dimensions d'espace. Les éventuels univers voisins pourraient également être des univers à 3 dimensions d'espace au maximum, à moins qu'ils ne soient totalement différents de ce que l'on connait.

    La quatrième dimension et les NDE
    Abordons à ce stade un domaine complètement différent de la physique, mais qui présente cependant une relation inattendue avec cette dernière.
    Les expériences de NDE/EMI ou Expériences de Mort Imminente ont quasiment démontré l'existence d'une quatrième dimension d'espace.
    En effet, les victimes de NDE ont une perception des objets extérieurs étendue à 4 dimensions d'espace [3].
    Cette découverte est de première importance au niveau ontologique.

    Un espace-temps à 5 dimensions...qui contiendrait notre univers
    Le concept de dimensions spatiales supplémentaires a été visité dès 1919 par Theodor Kaluza qui a tenté d'unifier la gravitation à l'électromagnétisme dans un espace-temps à 5 dimensions (4 d'espace + 1 de temps). Dans cette théorie, la dimension d'espace supplémentaire serait très petite et enroulée sur elle même.

    La théorie des supercordes
    Cette idée originale fut à la base de la controversée théorie des supercordes.
    Cette dernière s'appuie sur un espace-temps ne comprenant pas moins de 6 dimensions supplémentaires, soit un total de 10 dimensions (9 d'espace et une de temps).
    Cette théorie pose problème car elle ne serait jamais vérifiable expérimentalement. En effet les énergies nécessaires correspondantes sont hors de notre portée.

    Le modèle Randall-Sundrum
    D'autres approches plus récentes se basent également sur une 4ième dimension d'espace mais cette fois de taille infinie : modèle Randall-Sundrum. Dans ce modèle, notre univers ne serait qu'une "brane" (*) parmi d'autres immergée dans un espace à 4 dimensions.
    Cette théorie fut proposée pour résoudre le fameux "problème de la hiérarchie".
    Ce problème est lié à la gravitation qui est l'une des 4 forces fondamentales répertoriées dans l'univers [2]. Personne ne comprend pourquoi l'intensité de cette force est 10E42 fois plus faible que la plus puissante des 3 autres forces (1 avec 42 zéros), l'interaction électromagnétique.
    Les 3 autres forces sont quand à elles situées dans un rapport d'intensité n'excédant pas 10E5 (1 avec 5 zéros).

    D'après le modèle Randall-Sundrum, la gravitation serait diluée dans 4 dimensions d'espace (au lieu de 3) dont une que l'on ne perçoit pas.
    Cette théorie est compatible avec celle de la relativité générale.
    Notre univers serait confiné dans un espace à 3 dimensions et la matière ne pourrait se déplacer que dans ce dernier.
    Pour comprendre ce concept, on peut faire l'analogie en 2 dimensions avec un rideau de douche sur lequel les gouttes d'eau glissent sans pouvoir sauter à l'extérieur.

    (*) Une brane est l'abréviation de membrane, caractérisant un univers "flottant" dans un univers plus grand.

    Cosmologie_branaire
    Notre univers serait immergé dans un espace plus vaste contenant d'autres univers

    Naissance de l'univers
    Si le vide quantique contient effectivement une quantité d'énergie monumentale, rien ne s'oppose à ce qu'une partie de cette dernière se soit transformée en matière grâce à la relation d'équivalence d'Einstein (E=MC2).
    L'origine de l'univers aurait alors une cause immanente, car le vide serait préexistant à l'apparition de l'univers [4].
    Cette option aurait l'avantage d'éviter l'aporie liée à la notion de singularité initiale, même si la question de l'origine du vide ne fait que repousser le problème.

    Une autre question concerne la cause ou le mécanisme qui aurait donné naissance à notre univers.
    En science, chaque réponse que l'on découvre mène souvent à de nouvelles questions !

    Exploiter l'énergie du vide
    Enfin, plus prosaïquement, certains rêvent déjà de pouvoir exploiter l'énergie du vide qui serait une source "propre" et illimitée [5], mais tout cela reste très spéculatif.

    Ce qu'il faut retenir
    L'univers contient 3 sources d'énergie [1] :
    - matière
    - rayonnement
    - vide quantique

    Les recherches se poursuivent sur le vide quantique, car comme on le voit, la question est loin d'être résolue.
    Il s'agit très probablement du nouveau continent à explorer au XXIe siècle.
    De nombreuses voies théoriques sont d'ores et déjà explorées, cependant, aucune ne dégage pour l'instant un consensus significatif.
    Pour progresser, le seul juge de paix sera l'expérience.
    C'est pour cette raison que la communauté scientifique attend avec impatience début 2015 qui verra le redémarrage du LHC, le collisionneur géant du CERN.

    Des découvertes révolutionnaires nous attendent très probablement là dessous !

    Article publié sur Agoravox (Une discussion très intéressante à suivre dans les commentaires)

    Liens
    [1] "Aux Frontières De L'univers - Du Big Bang Au Quark" Marceau Felden - 2005
    [2] Histoire de l'univers - Partie 4 : Le Modèle standard de la physique (Sur ce site)
    [3] NDE/EMI - Partie 4 : La synthèse (Sur ce site)
    [4] "Discours sur l'origine de l'univers" - Etienne Klein - 2010
    [5]"L'Energie du Point Zéro" - Marc HERMANS

    Tags :
    Vide quantique, Branes, Lisa Randall, Énergie du vide, 4ieme dimension, Physique quantique

  • Histoire de l'univers - Partie 4 : Le Modèle standard de la physique

    aubergine
    Une particule élémentaire non observable directement
    (elle ressemble peut être à cela !)

    Le premier article [1] de cette série a présenté une ébauche du début de l'histoire de l'univers telle que la cosmologie moderne la conçoit.
    Pour comprendre cette histoire, il est apparu nécessaire d'aborder le domaine de la physique des particules.
    En effet, à ses instants initiaux, l'univers était constitué de particules dites "de base" à très haute énergie.
    Ce domaine de la physique est décrit par un ensemble de théories regroupées sous le nom de "Modèle Standard"

    Le second article [2] a donc introduit les principaux concepts permettant de comprendre le Modèle standard qui va être présenté ici.
    Une troisième partie a abordé l'une des théories du modèle standard qui est la plus aboutie : la QED [3].

    Le Modèle Standard est un modèle ouvert car il peut évoluer en fonction d'éventuelles observations nouvelles. Sa présentation sera divisée en 4 parties :
    - Les 2 familles de particules fondamentales
    - Les 4 interactions fondamentales entre ces particules
    - Les particules de base qui constituent l'Univers
    - Les lois physiques qui régissent ces interactions et les théories associées

    1. LES 2 FAMILLES DE PARTICULES FONDAMENTALES
    La matière ordinaire est constituée d'un assemblage d'atomes juxtaposés. Ces derniers se présentent sous la forme d'un noyau constitué de nucléons (neutrons et protons) autour duquel gravitent des électrons.
    Les nucléons sont eux même constitués de particules plus petites : les quarks, ces derniers sont considérés aujourd'hui comme des particules fondamentales (*).

    (*) Non constituées de particules plus petites.

    Matière constituants
    Fig. 1 : Les plus petits constituants connus de la matière

    Les particules de base qui constituent la matière sont appelées "fermions". Ces dernières interagissent entres elles par échange d'autres particules appelées "bosons".
    Ces 2 familles de particules obéissent chacune à des lois physiques différentes.

    Le modèle standard décrit donc les constituants de base de l'univers à l'aide de 2 types de particules seulement :
    - les fermions pour la matière ordinaire
    - les bosons parmi lesquels on trouve les vecteurs d'interactions entre les fermions

    Ce qui distingue ces 2 familles de particules est un paramètre quantique assez mystérieux appelé spin dont la valeur est quantifiée comme pour tout ce qui touche à la physique des particules. Le "quanta" du spin est égal à 1/2, donc le spin ne peut prendre que des valeurs multiples de cette dernière (0, 1/2, 1, 3/2, 2, ...).

    Le spin des fermions est un demi-entier : 1/2, 3/2,...
    Le spin des bosons est un entier : 1, 2,...

    Le comportement de ces 2 types de particules est très différent comme on le verra plus loin.

    2. LES PROPRIÉTÉS "QUANTIQUES" DES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES
    Pour y voir clair, examinons quelques propriétés dites quantiques des particules élémentaires.

    Quantité de mouvement et moment cinétique
    En physique classique, lorsqu'un objet se déplace en ligne droite on définit la notion de quantité de mouvement, si l'objet est en rotation sur lui même ou en orbite autour d'un axe, on parle de moment cinétique .

    La figure 2 illustre ces concepts à travers l'exemple d'une boule de billard et celui de la toupie.

    Mouvement
    Fig. 2 : quantité de mouvement et moment cinétique

    Le spin des particules et la polarisation
    En physique des particules, même si la réalité est plus complexe, le spin d'une particule peut par analogie être décrit approximativement comme un moment cinétique de la particule liée à un mouvement de rotation sur elle même. En continuant à raisonner par analogie, la valeur du spin (par incréments possibles de 1/2) peut être considérée comme proportionnelle à la vitesse de rotation de la particule sur elle même.

    La polarisation est une caractéristique du spin, l'image que l'on peut donner correspondrait à la direction de l'axe de rotation de la particule.
    Par exemple, pour une polarisation donnée la particule tourne autour de son axe dans un certain sens, si la polarisation est inversée, l'axe est retourné de 180 degrés et la particule tourne dans l'autre sens.

    Un assemblage de particules élémentaires possède également un spin qui est composé à partir de celui de ces dernières.
    Par exemple, un atome constitué de quarks, de bosons et d'électrons possède un spin.
    Les règles qui régissent ce spin résultant font encore l'objet de recherches à l'heure actuelle.

    Une application concrète des découvertes liées au spin est la fabrication de disques durs à haute capacité.

    DD_atome

    Etat quantique
    L'état quantique d'une particule est l'ensemble des paramètres qui servent à décrire complètement son état.
    Le spin est l'un de ces paramètres.

    Principe d'exclusion de Pauli
    En 1925, le principe d'exclusion de Pauli fut établit par le physicien du même nom. Ce principe indique que 2 électrons dans le même état quantique ne peuvent se trouver simultanément au même endroit.
    Ce principe fut ensuite généralisé à tous les fermions, autrement dit à toutes les particules de spin demi entier.
    Les bosons n'obéissant pas à ce principe peuvent occuper simultanément le même point d'espace, ils peuvent en quelque sorte se "passer au travers".

    Principe d'indétermination d'Heisenberg
    Le principe d'indétermination (et pas d'incertitude) d'Heisenberg dit : "on ne peut connaitre avec une précision arbitraire la vitesse et la position d'une particule".
    C'est une limite intrinsèque au monde quantique, car les objets quantiques ne sont pas de même nature que les objets physiques.
    Certains pensent (en particulier en France) que les objets quantiques possèdent une position et une vitesse déterminée mais que la physique quantique nous empêche de les connaitre.
    En réalité, la physique quantique dit qu'une particule n'est jamais un corpuscule. Vitesse et position n'ont aucun sens pour un champ quantique.
    Si on mesure la position d'une particule, cette position ne préexistait pas à la mesure.
    C'est la mesure qui a forcé la particule à prendre position [4].

    La famille des fermions
    Les fermions sont des particules à spin demi entier qui obéissent au principe d'exclusion de Pauli.
    En clair, si l'on remplit une boite avec des fermions, arrivé à un certain point il sera impossible d'ajouter de nouveaux fermions dans la boite car elle sera pleine...

    Ce comportement explique par exemple pourquoi les électrons en orbite autour des noyaux d'atomes sont situés sur des couches bien séparées car ils ne peuvent partager le même espace, ils s'évitent comme la peste ! [5]

    La famille des fermions constitue en gros les constituants de la matière ordinaire, cependant pour lier entres eux les fermions, on a besoin de particules "collantes" qui ne sont autres que les bosons.

    La famille des bosons
    Les bosons sont des particules à Spin entier (1, 2,...), ces derniers n'obéissent pas au principe d'exclusion de Pauli.
    Rien ne les empêche donc de se concentrer en un même point de l'espace-temps.
    Pour reprendre l'exemple précédent, si l'on remplit une boite avec des bosons, alors en théorie tous les bosons de l'univers pourraient tenir dans cette dernière !

    Le laser utilise par exemple cette propriété en concentrant une pluie de photons au même point.
    Cette concentration correspond à une émission d'énergie ciblée et permet des utilisations pratiques telles que la chirurgie laser ou la transmission de données à travers une fibre optique.

    Un exemple de comportement bosonique à notre échelle est la superfluidité de l'hélium 4 (*) :

    (*) Pour en savoir plus sur l'hélium 4, un article ici.

    Les bosons sont donc des particules fondamentales ou composées qui obéissent à certaines lois physiques.
    Dans cette famille, on distingue les bosons dits "de jauge" qui sont spécifiques aux échanges entre fermions. Les fermions échangent ces bosons qui sont les vecteurs de leurs interactions.

    3. LES INTERACTIONS FONDAMENTALES
    Dans l'univers, les particules sont soumises à seulement 4 interactions, trois d’entre elles peuvent être apparentées à des forces attractives ou répulsives.
    Ces interactions se différencient par leur nature, leur intensité, leur signe et leur portée.

    Les 4 interactions fondamentales sont les suivantes :
    . Interaction électromagnétique
    . Interaction gravitationnelle
    . Interaction nucléaire forte
    . Interaction nucléaire faible

    La gravitation a jusqu'ici résisté à toutes les tentatives de description théorique par le modèle standard, elle est donc pour l'instant exclue de ce dernier.

    Ce qui différencie les fermions (particules de la matière ordinaire) est la possibilité d'interaction (ou pas) avec un ou plusieurs des bosons de jauge.

    Interaction électromagnétique
    Le boson de l'interaction électromagnétique est le photon qui est une particule d'énergie pure sans masse constituant par exemple la lumière ordinaire.

    Il ne possède ni masse ni charge électrique.

    Comme l'a démontré la célèbre expérience de Michelson, la lumière se déplace à vitesse constante C (300 000 km/s), quelque soit le référentiel considéré. D'après la relativité cette vitesse est une limite ne pouvant être dépassée par aucun objet possédant une masse.

    Les photons, dépourvus de masse, ne peuvent exister qu'en mouvement à vitesse constante C.
    Puisqu'ils se déplacent tous à la même vitesse, les photons se différencient par la quantité d'énergie qu'ils véhiculent qui est fonction de leur longueur d'onde. Plus cette dernière est faible, plus l'énergie du photon est élevée comme l'illustre la formule de Planck [2] :

    Formule Plank

    E=Énergie, h=constante de Planck, v=fréquence (inverse de la longueur d'onde)

    Le photon interagit très facilement avec les autres particules (Nucléons, électrons, etc...).

    Exemple : lorsqu'un photon interagit avec un œil humain, le cerveau perçoit une couleur. Cette couleur est liée à la longueur d'onde du photon (du rouge vers le bleu lorsque la longueur d'onde diminue).

    Une particularité troublante du photon est que pour lui, le temps ne s'écoule pas, c'est une conséquence de la théorie de la relativité d'Einstein.
    Si vous arriviez à chevaucher un photon émis par le soleil, votre durée de trajet ressentie pour atteindre n'importe quel point de l'univers serait nulle !

    Interaction gravitationnelle
    Cette interaction est citée pour mémoire car elle ne fait pas encore partie du modèle standard, aucun physicien n'a jusqu'à présent réussi à établir une théorie quantique qui fonctionne à ce sujet. Les recherches sont donc toujours en cours.
    L'existence d'un boson appelé "graviton" est subodorée mais non confirmée par l'expérience.

    Pour l'instant la gravitation est décrite par la relativité générale d'Einstein qui géométrise un espace/temps continu en fonction de la matière/énergie qu'il contient.
    Cette théorie est à 100% incompatible avec la théorie quantique.

    La relativité générale n'utilise que 2 constantes :
    - vitesse de la lumière C
    - constante de gravitation g
    Les constantes de la physique quantique n'interviennent pas.

    Interaction nucléaire forte
    L'interaction nucléaire forte est portée par 8 bosons différents appelés "gluons".
    Cette interaction ne concerne que les quarks du noyau qui sont donc reliés entres eux par ces gluons, les électrons et neutrinos y sont insensibles (*).
    La particularité de cette interaction est que son intensité augmente avec la distance un peu comme avec des ressorts, il est donc presque impossible d'arracher un quark au noyau.

    La fig. 3 montre l'exemple du proton constitué de 2 quarks up et 1 quark down reliés par des gluons.

    (*) A noter que les quarks interagissent également avec les photons, cela s'explique par le fait qu'ils possèdent une charge électrique. C'est l'interaction entre les électrons et les quarks par échange continu de photons qui stabilisent les électrons sur leurs orbitales autour du noyau.

    proton
    Fig. 3 : le proton constitué de ses 3 quarks liés par des gluons

    Comme son nom l'indique, l'interaction forte est la plus puissante des 4 interactions fondamentales.
    A titre d'exemple, dans un accélérateur, un proton immobile peut arrêter un autre proton lancé vers lui au tiers de la vitesse de la lumière grâce à l'interaction forte [9].

    proton_super
    Un proton fonce à 100 000 km/s dans le tunnel du LHC
    ...un autre proton va le stopper net !

    Interaction nucléaire faible
    L'interaction nucléaire faible est portée par 3 bosons différents, 2 d'entres eux sont chargés électriquement et le troisième est neutre.
    Ils sont appelés "W+", "W-" (Weak = faible) et "Z0" (pour 0 charge électrique).
    Cette interaction est assez différente des autres car elle se manifeste sous la forme de désintégration de particules qui se transforment en d'autres particules.
    L'interaction faible intervient en particulier dans la désintégration β (Beta).

    L'exemple le plus courant concerne le neutron qui peut se transformer en proton.
    Pour des raisons de conservation d'énergie, il produit alors en plus un électron et un (anti)neutrino :

    Inter_Faible Desintegration sans boson

    La théorie de l'interaction faible indique qu'en fait la réaction de désintégration passe par un état intermédiaire éphémère produisant un boson W ou Z.

    Dans l'exemple du neutron, ce dernier se transforme d'abord en un boson W- qui se retransforme presque immédiatement en un électron et un antineutrino :
    Inter_Faible Desintegration

    Le champ de Higgs
    Les physiciens Brout, Englert et Higgs ont développé une théorie pour expliquer la masse des particules fondamentales qui en possèdent une.
    Cette masse ne serait pas intrinsèque mais induite par un champ quantique qui remplirait tout l'univers.
    Le quanta de ce champ serait donc le fameux boson dit "de Higgs".

    La masse d'une particule élémentaire serait acquise par interaction avec ce champ qui freinerait plus ou moins leur déplacement.
    L'existence du Higgs est aujourd'hui presque démontrée par les expériences ayant eu lieu en 2012 dans le tunnel du LHC à Genève [10].

    Il faut remarquer que ce modèle de Higgs n'explique pas la chute des corps due à la gravitation, cette dernière serait liée à l'existence d'un autre boson hypothétique : le graviton.
    Le modèle de Higgs n'explique que le comportement inertiel lié à la masse (loi de Newton).

    boson-higgs

    La particularité du boson de Higgs est son spin qui serait nul d'après la théorie. Le LHC aura du pain sur la planche pour vérifier tout cela lors de son redémarrage en 2015 !

    Arrivé à ce stade, il est temps de faire le point sur la classification des particules subatomiques.

    4. LES PARTICULES FONDAMENTALES
    L'univers visible est donc constitué de 2 types de particules : les bosons et les fermions.
    A chaque particule de ces 2 familles est associée ce que l'on appelle une antiparticule de charge électrique opposée.

    Les bosons de jauge évoqués précédemment sont d'un type particulier, ils servent à transmettre les interactions entre les fermions.
    Ils sont dits "vecteurs d'interactions".

    Classification des bosons de jauge
    En synthèse, les bosons de jauge identifiés aujourd'hui sont au nombre de 13 (fig 4) :
    - 3 bosons pour l'interaction faible (W+, W-, Z0)
    - 1 boson pour l'interaction électromagnétique (photon)
    - 8 bosons pour l'interaction forte (gluons)
    - Le boson de Higgs

    Tableau des particules - Bosons
    Fig. 4 : Les bosons de jauge pour 3 des 4 interactions du modèle standard

    Classification des fermions
    Puisque les fermions n'interagissent pas tous avec la force forte (gluons), ces derniers ont été subdivisés en 2 sous-famille :
    - les quarks qui interagissent avec la force forte
    - les leptons qui n'interagissent pas avec cette dernière

    Les électrons et les neutrinos vus dans un article précédent [2] sont donc classés dans la sous-famille des leptons.
    Et bien entendu, comme leur nom l'indique, les quarks up et down (*) font partie de la famille des quarks.

    Une première famille de fermions est donc identifiée comme suit (fig. 5) :

    Tableau des particules - Fermions 1
    Fig. 5 : Fermions = leptons et quarks

    (*) Ce paramètre (up, down,...) est appelé "saveur" des quarks.

    La sous-famille des Quarks...et les Hadrons
    Les quarks sont aujourd'hui les plus petits constituants connus de la matière, même si aucun d'entre eux n'a pu être isolé expérimentalement jusqu'ici.
    Les quarks sont sensibles aux 4 types d'interactions et ils sont reliés entres eux par l'interaction forte à travers des bosons appelés gluons.

    Les quarks se différencient suivant 2 paramètres quantiques :
    . la saveur : up, down...
    . la charge dite "de couleur" : rouge, bleu, vert (*).

    (*) Cette terminologie n'a rien à voir avec une couleur au sens intuitif, il s'agit d'une règle liée à la théorie de la QCD.

    Les assemblages de quarks "collés" par des gluons constituent la famille des Hadrons (Hadron = Hard !).
    Protons et neutrons ne sont donc que des cas particuliers (constitués de 3 quarks) de cette famille.

    Les quarks possèdent également chacun leur antiparticule de charge électrique opposée.

    Le proton
    Le proton est constitué de deux quarks Up et d'un quark Down (Fig. 3)

    Le neutron
    Le neutron est constitué de deux quarks Down et d'un quark Up.

    La sous-famille des Leptons
    Les leptons sont des éléments légers (Lepton = light !) caractérisés par le fait qu'ils ne sont sensibles qu'aux forces suivantes :
    - nucléaire faible
    - électromagnétique
    - gravitationnelle
    Ils sont insensibles à l'interaction forte.

    Les leptons les plus connus sont l'électron et le neutrino.

    L'électron
    L'électron est une particule matérielle découverte en 1897 par Joseph John Thomson, sa masse est 1850 fois plus faible que celle du proton.
    Il possède une charge électrique négative et une antiparticule : le positron.
    Le positron a été anticipé par Paul Dirac et découvert expérimentalement en 1932.

    Le neutrino
    L’existence du neutrino fut anticipée par Wolfgang Pauli en 1930 dans le cadre de l'étude de la radioactivité bêta.
    C'est une particule assez étrange, on a cru pendant très longtemps qu'il ne possédait pas de masse avant de déterminer en 1998 au Japon qu'il en possédait une très faible.
    Les neutrinos possèdent une antiparticule : l'antineutrino, il se pourrait cependant que ces 2 particules n'en fassent qu'une comme le supposait le physicien italien Ettore Majorana [6].

    Le neutrino interagit très peu avec les autres particules car il est uniquement sensible à l'interaction faible.
    Un neutrino peut traverser la terre entière sans être intercepté par l'un des atomes de cette dernière !

    Le neutrino est donc très difficile à détecter.

    Particules, antiparticules et antimatière
    Chaque particule possède une antiparticule de charge électrique opposée, lorsqu'elles se rencontrent, elles se transforment en énergie : 2 photons.
    Ex : Proton + Antiproton = > Photon + Photon

    Le neutron ayant globalement une charge électrique nulle est cependant constitué de 3 quarks chargés individuellement (1/3 + 1/3 + (-2/3) = 0).
    L'antineutron est donc constitué d'antiquarks de charges opposées à ceux du neutron mais sa charge globale est également nulle.
    Le photon est un cas particulier car il est sa propre antiparticule.

    Les antiparticules forment ce que l'on nomme l'antimatière.

    Ca se complique (un peu !)
    Tout aurait pu en rester là avec une brochette de particules stables constituée d'une douzaine de bosons et de 4 fermions qui suffisent à construire toute la matière connue de l'univers :
    - électrons
    - neutrinos
    - quarks up et down
    - bosons de jauge

    Le problème est que les nombreuses expériences effectuées depuis 50 ans dans les collisionneurs et autres accélérateurs ont mis en évidence de nombreuses particules de type hadrons mais dont la durée de vie est très brève, inférieure à 1 millionième de seconde.

    Pour construire toutes ces particules, il a fallu ajouter 2 générations supplémentaires de hadrons fondamentaux (fig. 6). Ces dernières sont totalement similaires à la première à part leur masse qui est plus élevée, leur existence a été démontrée par l'expérience.
    Ces 2 générations sont donc constituées de 4 quarks correspondant à 4 nouvelles saveurs aux noms exotiques (*) et 4 leptons (2 neutrinos lourds et 2 électrons lourds).

    Tableau des particules - Gen 2 & 3
    Fig. 6 : les générations 2 et 3 de hadrons fondamentaux

    (*) Strange, Charmed, Bottom, Top

    Cependant, personne ne comprend l'intérêt pour la nature d'avoir compliqué ainsi les choses avec des particules si éphémères, quelle est leur utilité ?

    Synthèse du bestiaire des particules du modèle standard

    Le tableau ci-dessous résume l'ensemble des particules constituant le modèle standard (fig. 7) :

    Tableau des particules

    Fig. 7 : les 25 particules du modèle standard

    Environ 25 particules de base suffisent donc pour construire tout ce qui est contenu (et connu) dans l'univers.
    Les travaux futurs sur les règles d'interaction avec le boson de Higgs réduiront peut être ce nombre à une quinzaine en montrant que les 3 générations de fermions n'en font qu'une.

    5. LES THÉORIES DU MODÈLE STANDARD
    Après avoir décrit les interactions fondamentales qui s'exercent sur les particules fondamentales, il reste à décrire les théories du modèle standard qui permettent :
    - de fixer les lois physiques qui régissent les interactions
    - de mathématiser ces dernières pour effectuer des calculs prédictifs

    Ces théories dites de jauge, sont au nombre de 3 :
    . QED pour l'interaction électromagnétique
    . QCD pour l'interaction forte (noyau atomique)
    . Théorie électrofaible pour l'interaction faible (noyau atomique)

    A noter que la QED explique 99% des phénomènes physiques, elle ne traite cependant pas de ce qui concerne les noyaux atomiques pour lesquels il a été nécessaire de monter 2 théories supplémentaires [5].

    QED : ÉlectroDynamique Quantique
    L'électrodynamique quantique ou QED permet de calculer tous les phénomènes lumineux et électriques à partir de 3 séquences de base [5] :
    . S1 : Un photon va d'un point A à un point B.
    . S2 : Un électron va d'un point A à un point B
    . S3 : Un électron absorbe ou émet un photon, cela s'appelle un couplage

    La figure 8 montre les diagrammes de Feynmann de ces 3 séquences.

    3-diag_Feynman 2
    Fig. 8 : Les 3 diagrammes fondamentaux de Feynman

    La QED fut développée après la seconde guerre mondiale sur une durée de 20 ans environ par Feynmann, Schwinger et Tomonaga à partir des travaux de Paul Dirac.
    Le comportement des électrons et des photons en termes de déplacement et d'interactions est de type probabiliste.
    La QED permet dans des cas simples et avec des calculs compliqués de déterminer complètement ce comportement.
    L'idée est de prendre en compte tous les cas d'interactions et de déplacements possibles avec leur probabilité associée.

    Cette théorie est celle qui a été la plus étudiée, elle est donc la plus aboutie, la correspondance entre les calculs et les mesures atteint une précision exceptionnelle de 10E-11, soit 0.00000000001 !

    Un article spécifique lui a été consacré ici [3].

    Signalons au passage une information troublante,
    le scientifique italien Ettore Majorana mystérieusement disparu en 1938 était considéré par certains comme le plus grand physicien du XXe siècle, même devant Einstein [6].
    En 2006 on a retrouvé certains de ses brouillons de l'époque (*), ces derniers contenaient l'intégralité du formalisme de la QED développée bien des années plus tard...

    (*) Ces documents jamais publiés font partie d'un ensemble remis par Majorana à l'un de ses étudiants peu de temps avant sa disparition. L'intégralité de ces manuscrits n'a pas encore été retrouvée.

    Les autres théories du modèle standard concernent l'étude du noyau atomique constitué de nucléons (protons et neutrons).

    QCD : ChromoDynamique Quantique
    La branche de la physique étudiant les constituants du noyau atomique se nomme la Chromodynamique Quantique (QCD). Elle fut développée dans les années 1970 par plusieurs physiciens dont Murray Gell-Mann.
    Cette discipline fut largement inspirée par l'esprit de la QED en ajoutant un nouvel attribut [5].

    Saveur des quarks
    Nous avons vu précédemment que 6 quarks différents avaient été identifiés par leur saveur (Up, Down, Strange, Charmed, Bottom, Top).

    Couleur des quarks
    Un quark possède en plus une charge d'un type particulier nommé "couleur". Cette couleur n'a cependant aucun rapport avec celles qui nous sont familières, il s'agit seulement d'une analogie associée à un nom donné à un paramètre quantique sans équivalent à notre échelle.
    Cette charge peut avoir 6 valeur différentes : RVB (Rouge, Vert, Bleu) ou opposée (Antirouge, antivert, antibleu).
    La charge de couleur est la source des lois qui régissent l'interaction nucléaire forte.

    Echange de couleurs par les gluons
    Les quarks sont reliés entres eux par un type de bosons particulier appelé "gluons". Il existe 8 gluons différents qui peuvent d'après la théorie transporter une charge de couleur d'un quark vers un autre, un quark peut donc changer de couleur.
    Les groupements de quarks se forment à condition de former une particule "incolore".
    Par exemple, les groupes de 3 quarks (ex : nucléons) comprennent un quark de chaque couleur : R-V-B.

    La couleur des quarks peut donc changer, par contre la saveur de ces derniers est invariante sauf dans un cas particulier, la radioactivité bêta qui fait intervenir la théorie de l'interaction faible.

    La QCD n'est pas encore finalisée à cause de certaines incohérences mathématiques complexes non résolues.
    Par ailleurs, la différence entre les valeurs calculées et l'expérience reste élevée avec un écart d'environ 10%, cette précision est largement inférieure à celle de la QED.

    Théorie de l'interaction faible
    L'interaction faible permet de modéliser les phénomènes de radioactivité β constatés au niveau du noyau atomique.
    Ce type de radioactivité se manifeste à notre échelle par la transmutation spontanée d'un élément en un autre élément (ex : le tritium se transforme progressivement en hélium 3).

    Vue du noyau de l'atome
    Au niveau atomique, l'explication est simple, un neutron se transforme en proton en émettant 2 autres particules, il s'agit d'une désintégration dite "à 3 corps" :

    Inter_Faible Desintegration sans boson

    La théorie électrofaible montre qu'en fait, lors d'une phase intermédiaire de la désintégration, un boson W- apparait dans un premier temps mais avec une durée de vie très brève.
    C'est ce boson qui se transforme ensuite en un électron et un antineutrino.

    Inter_Faible Desintegration

    Vue du neutron
    Au niveau du noyau atomique, le mécanisme de transformation d'un neutron en proton concerne en fait un seul quark qui change de nature.
    Un neutron constitué par 1 quark up et 2 quarks down se transforme en un proton constitué par 2 quark up et 1 quark down.
    Il s'agit donc simplement d'un quark down qui se transforme en un quark up dans le noyau (fig 9).

    Radioactivité beta
    Fig. 9 : le mécanisme détaillé de la désintégration β

    Lois de conservation
    Durant l'évolution de l'univers, différentes hypothèses sur la conservation de certaines grandeurs physiques ont été faites.
    Les grandeurs suivantes sont considérées comme invariantes :
    . énergie totale
    . total des charges électriques
    . nombre baryonique (protons, neutrons et autres particules éphémères)
    . nombre leptonique (électrons, neutrinos,...)

    Ces lois permettent de déduire les interactions possibles et celles qui ne le sont pas.
    Lorsque l'univers grossit, la densité des particules présentes diminue (nombre de particules par unité de volume) car elles se répartissent dans un espace de plus en plus important mais leur nombre total reste constant.

    Le mystérieux vide quantique
    On ne peut pas parler du modèle standard de la physique sans évoquer le vide quantique qui est un sujet à part entière.
    Comme souvent, la première vision pré-scientifique du vide fut élaborée en Grèce antique par Démocrite (4e siècle avant JC).
    Selon ce dernier, l'univers serait constitué de vide (conteneur) dans lequel on trouve des particules élémentaires, les atomes (contenu) qui agrégés en très grands nombres constituent tout ce qui existe, belle intuition démontrée plus de 2000 ans plus tard !

    Suivant cette vision, on pourrait supposer que si l'on retire les particules connues qui constituent les planètes, galaxies etc., alors il ne reste plus que de l'espace vide de tout.
    C'est comme cela que l'on imagine par exemple l'espace interplanétaire.

    En réalité, il n'en est rien car le vide tel qu'on l'imagine n'est pas vide du tout.
    Il contient en fait une forme d'énergie se présentant sous la forme de champs quantiques fluctuants. Ces derniers ne peuvent avoir une valeur moyenne nulle suite au principe d'indétermination d'Heisenberg.

    L'expérience : effet Casimir
    Cette énergie peut être mise en évidence à travers le célèbre "effet Casimir", cet effet est la manifestation d'une énergie du vide prédite en 1948 par le physicien du même nom et démontré par l'expérience en 1997.
    Deux plaques conductrices placées très près l'une de l'autre subissent spontanément une force attractive qui peut être mesurée.

    Les résultats des mesures indiquent une densité d'énergie égale à environ 10E-20 J/M3 (Joules par mètre cube).

    La théorie : calcul de l'énergie du vide
    Pour calculer l'énergie du vide en appliquant la théorie quantique, il suffit de diviser le quanta d'énergie minimale par le quanta de volume minimal aux limites de Planck.

    La densité d'énergie du vide ainsi obtenue est d'environ 10E112 J/M3.
    Ce résultat signifierait qu'un mètre cube de vide contiendrait l'équivalent énergétique de 10E54 galaxies (1 avec 54 zéros) !

    On constate donc que le vide pose un grave problème car la différence entre les calculs et les mesures est immense.
    C'est ce que l'on appelle la "catastrophe du vide".

    La "catastrophe du vide"
    La question est donc de déterminer la valeur réelle de la densité d'énergie du vide.
    Si l'on compare la valeur mesurée à travers l'effet Casimir à la valeur calculée par la théorie, on obtient une différence de 120 ordres de grandeurs : soit 1 avec 120 zéros derrière.
    D'autres composantes de cette énergie du vide restent sans doute à identifier, le champ de Higgs est vraisemblablement l'une d’entre elles.

    Le moins que l'on puisse dire est que la théorie ne colle pas avec l'expérience...

    Autre propriété du vide
    Par ailleurs, en théorie quantique, la loi de conservation de l'énergie peut être brièvement violée. Le vide peut en effet "prêter" de l'énergie à l'occasion d'une collision de particules à condition que cette énergie soit presque immédiatement rendue.
    Sans renter dans des considérations complexes, ce "viol" est autorisé par le principe d'indétermination d'Heisenberg.
    Les physiciens considèrent que le vide est rempli de particules virtuelles qui se matérialisent brièvement lorsqu'on apporte de l'énergie, par exemple lors de collisions de particules à hautes vitesses.

    Le vide pose bien d'autres questions, par exemple si son énergie s'avère réellement très élevée, il semblerait qu'elle ne courbe pas l'espace-temps relativiste.
    Le vide quantique pourrait donc ne pas appartenir à notre univers selon la définition que l'on donne à ce dernier...

    Par ailleurs, Certains rêvent déjà de pouvoir exploiter l'énergie du vide qui serait une source "propre" et illimitée [8], mais cela reste très spéculatif.

    Ce qu'il faut retenir
    L'univers contient 3 sources d'énergie [7] :
    - matière
    - rayonnement
    - vide quantique

    Les recherches se poursuivent au sujet du vide quantique, car comme on le voit, la question est loin d'être résolue.
    Il s'agit très probablement du nouveau continent à explorer au XXIe siècle.

    Le Lagrangien du modèle standard
    Pour terminer en beauté (au sens mathématique !), voici la formule générale qui définit les 3 interactions liées aux théories évoquées.
    Cette équation qui semble très ésotérique au profane se nomme un Lagrangien :

    Lagrangien
    Le Lagrangien du modèle standard

    Cette équation est capable de déterminer entièrement un système composé de particules fondamentales et chaque terme correspond à une partie de la modélisation :
    Ligne 1 : comportement des bosons (Sauf Higgs)
    Ligne 2 : fermions et interactions avec bosons
    Ligne 3 : couplage des fermions et bosons au champ de Higgs
    Ligne 4 : potentiel de Higgs

    Cette formule compacte qui décrit toute la matière rencontre un certain succès marketing, en premier lieu chez des physiciens tels que John Ellis !

    John Ellis
    Le physicien John Ellis du CERN

    Liens
    [1] Histoire de l'univers - Partie 1 : Naissance et Topologie (Sur ce blog)
    [2] Histoire de l'univers - Partie 2 : Introduction à la physique fondamentale (pour les nuls !) (Sur ce blog)
    [3] Histoire de l'univers - Partie 3 : QED... Vous avez dit QED ? (Sur ce blog)
    [4] "Cours introductif de Philosophie des Sciences 7/9" Etienne Klein
    [5] "Lumière et matière" - Richard Feynman - 1987
    [6] "En cherchant Majorana" - Etienne Klein - 2013
    [7] " Aux Frontières De L'univers - Du Big Bang Au Quark" Marceau Felden - 2005
    |8] "L'Energie du Point Zéro" - Marc HERMANS
    [9] "Discours sur l'origine de l'univers" - Etienne Klein - 2010
    [10] "A la recherche du boson de Higgs" - Christophe Grojean - 2013
    [11] La science pour tous - site de Benjamin Bradu (*)

    (*) Que je remercie au passage car je lui ai emprunté les petits dessins trouvés sur son site !

  • Séparation des banques et... de l'état !

    Vu sur le blog d'Olivier Berruyer "http://www.les-crises.fr/"

    [Pétition] Non à « l’État BNP » : pour une séparation de la Banque et de l’État !

    Je cite Berruyer :
    Le Directeur du Trésor est le haut-fonctionnaire en charge, entre autres, de la régulation du secteur financier. Véritable « vice-ministre en charge du secteur bancaire », il a une importance stratégique considérable.
    ...
    Le Canard enchainé du 20/11/2013 a indiqué que le gouvernement envisageait de remplacer l’actuel Directeur du Trésor, nommé par Nicolas Sarkozy, et de nommer à sa place François Villeroy de Galhau – qui est l’actuel directeur général délégué de BNP-Paribas !

    On fait rentrer le caïd qui contrôle la vente d'héroïne en ville à la tête de l'organisme en charge de la lutte contre la drogue !!!

    Lien direct vers la pétition ici.

    Je vous encourage vivement à signer cette pétition.....

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